‹ Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations ..., Volume 2Chapitre 7 sur 61 · SUCRE · texte numérisé non relu

SUCRE

considérable, selon la taille et le poids de Tanimal. C'est à ce procédé que j'avais recours lorsque, dans le but de localiser le diabète, je cherchais à voir par des injections où se détruisait le sucre. Dans ces expériences, je vis que lorsqu'on en injectait une quantité suflBsante, tout le sucre n'était pas détruit. Toutes les espèces de sucre ne sont d'ailleurs pas détruites dans le sang : le sucre de canne injecté dans le système vasculaire passe dans les urines à l'état de sucre de canne. Le sucre de raisin est détruit ; mais il faut pour cela ne pas en général en injecter plus de 1 gramme chez un lapin du poids de 1 kilogramme. Le lapin rendu par injection de sucre diabétique n'est pas malade, et au bout de quelques heures le sucre commence à disparaître de son urine.

Dans cette expérience, le sucre introduit dans les veines va dans le cœur, traverse le poumon et arrive dans les artères : le sang artériel rénal contient du sucre qu'élimine le rein. Le sucre contenu dans le sang de l'artère rénale est toujours éliminé, mais à une condition, c'est qu'il s'y trouve en une certaine proportion. Nous avons vu que le rein élimine de^ traces très faibles de prussiate de potasse, tandis qu'il élimine moins facilement l'iode ; il y a donc là une aptitude toute particuUère à se laisser traverser par certaines substances et non par d'autres.

C'est ce que nous voyons pour le sucre : le rein est l'organe qui l'élimine le plus facilement, mais encore faut-il que le sang en renferme une proportion notable. Lehmann^ qui a étudié la question à ce point de vue,

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a reconnu que tant que le sang ne contient pas trois pour cent de son résidu sec en sucre, ce dernier n'est pas éliminé.

Le sucre ne passe pas en général dans les sécrétions. On n'en a pu trouver ni dans la salive ni dans les larmes. Quand il existe en proportion très considérable, il peut seulement passer dans le suc gastrique. Mac Gr^or^ ayant fait vomir des diabétiques à jeun, avait vu que les matières de leur vomissement étaient sucrées. On observe chez les animaux auxquels on a injecté beaucoup du prussiate de potasse que cette substance passe dans le suc gastrique.

Avant d'examiner les conditions qui font varier les proportions de sucre que renferme l'organisme, je veux vous montrer un exemple de son injection dans le sang et de son passage dans les urines.

Voici un lapin dont l'urine trouble, alcaline, ne renferme pas de sucre, comme il est facile de le vérifier en la faisant bouillir avec la liqueur cupro-potassique. Nous injectons dans la veine jugulaire de ce lapin quelques grammes d'une solution assez concentrée de sucre de fécule, et bientôt nous pourrons recueillir des urines qui commenceront à renfermer une proportion de sucre très appréciable.

Maintenant, lorsque dans la maladie à laquelle on a donné le nom de diabète sucré, le sucre apparaît dans les urines, faut*il y expliquer sa présence par sa trop grande proportion dans le sang ou par une altération des reins? — Mes expériences et celles des autres ne permettent de rattacher le symptôme observé qu'à la

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trop grande proportion de sucre contenu dans le sang. On n'a jamais observé d'état morbide du rein qui favorisât le passage du sucre dans l'urine : au contraire. L'état du rein n'est donc pour rien dans le diabète ; la lésion la plus prochaine est dans le sang. Nous verrons qu'il n'en est pas de même pour l'albumine, dont le passage dans l'urine peut reconnaître les deux causes.

Le passage du sucre dans l'urine est donc dû à son accumulation dans le sang. Gomment a lieu cette accumulation ?

Le sucre existe normalement dans le sang, oii il est versé par le foie, et se répand ensuite partout en proportion variable , suivant des circonstances au premier rang desquelles il convient de ranger l'état de digestion ou d'abstinence*

Les causes qui peuvent faire augmenter la quantité du sucre dans le sang sont multiples. L'absorption en est une : on peut rendre un animal diabétique en lui faisant absorber du sucre dans certaines conditions; en lui en ingérant, par exemple, dans les voies digestives après vingt-quatre ou trente-six heuresi d'abstinence. L'absorption est alors très active et introduit dans le sang une quantité de sucre qui, trop considérable pour être détruite, passe en partie dans les urines. On rend diabétique un lapin, lorsqu'après un jour d'abstinence on le laisse à même de manger une grande quantité de carottes. Dans ce cas, le sucre de oanne qui, injecté dans les veines, reste à l'état de sucre de canne, est transformé en sucre de raisin par l'action des fermentations diges-

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