‹ Leçons synthétiques de mécanique générale, servant d'introduction du cours de mécanique physique de la Faculté des sciences de Paris. Publiées par les soins de MM. Legay et VigneronChapitre 43 sur 81 · PHÉNOMÈNES SE RATTACHANT AU CONTACT PHYSIQUE DE DEUX SOLIDES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES SE RATTACHANT AU CONTACT PHYSIQUE DE DEUX SOLIDES

(car les écarts de celles-ci d'avec le plan tangent j sont négligebles), tandis que les attractionSy ne se produisant qu'entre mol^ cilles moins rapprochées, dont Tune au moins sur deux est quelqw peu éloignée du point de contact, et n'ajant pourtant de valeia sensible qu'à des distances bien plus faibles que les dimension des rugosités, sont loin de s^exercer en aussi grand nombre qu dans le cas où les surfaces en question seraient planes. Les attrac lions se trouvent donc très insuffisantes pour contrebalancer le^ répulsions, et aucune cohésion ne se produit.

39. — Deuxièmement, adhérence entre solides, établie par de fortes pressions momentanées.

Il n'en serait évidemment plus de même, si une pression éner gique rapprochait assez les deux solides pour qu'il n'y eût entre euj que peu de vides sensibles; alors les attractions entreraient en jet au même degré que les répulsions et le corps adhérerait au sol. C'est ce que prouvent de remarquables expériences, celles, par exemple, de M. W. Spring, qui, en comprimant fortement des poussières de nitrate de potassium et de sodium, de la sciure de bois, etc., a obtenu des blocs durs, très résistants, plus compacts que ceux que donnait la fusion (quand elle était possible) et, parfois, translucides même (* ).

40. — Troisièmement, insuffisance du simple contact physique pour déterminer les combinaisons chimiques ; énormes valeurs des forces enjeu dans ces combinaisons.

Les répulsions considérables auxquelles se réduit presque l'action des particules, en contact physique, de deux solides à surfaces plus ou moins rugueuses, peuvent rendre très difGcile un rapprochement, entre leurs molécules les plus voisines, suffisant pour mettre en jeu leurs actions chimiques réciproques, dont le rayon d'activité n'est sans doute comparable qu'aux dimensions mêmes d'une molécule chimique.

(') Bulletin de l* Académie Boy aie des Sciences, des Lettres et des Beaux ^ Arts de Belgique ; i*' juin 1878, l. \LV, p. 7^6, et 11 mai 1880, t. XLIX, p. 323.

ÉNORMES VALEURS DKS ACTIONS CUIMlQl'KS. ^

Ainsi s'explique Tadage des chimistes « corpora non agunt, ^mrd-sd^ soluta », en vertu duquel les changements intimes de composition exigent, pour se produire dans un mélange non comprimé, que l'un au moins des corps en contact soit liquide ou ^aLZ>€ux, à Texception peut-être de quelques cas singuliers dont i.m examen attentif permettrait vraisemblablement de se rendre oornpte. Il serait, par exemple, à cet égard/ curieux de voir si un morceau de sodium, posé sur un bloc de glace, le décompoîserail à une température assez basse pour que le bloc ne dégageât pas de vapeur d'eau en quantité sensible. On conçoit d'ailleurs que la fluidité de l'un des corps entrant dans un mélange, et même celle de plusieurs, ne suffise pas toujours pour en opérer le rapprochement au degré qu'exige la mise en train d'une réaction; et qu'il y faille encore, par exemple, des chocs, une agitation appropriée, principalement sous la forme de vibrations calorific|ues, lumineuses, sonores même, etc.

Observons à ce sujet que les attractions chimiques entre atomes, s' exerçant à des distances beaucoup plus faibles que les répulsions physiques, sont probablement plus grandes qu'elles, et que les répulsions chimiques entre les mêmes atomes, répulsions conlre-balancent les attractions chimiques dont il vient d'être P^rlé, quoiqu'elles ne s'exercent qu'à des distances moindres, doivent être bien plus considérables encore. D'ailleurs, il faut

V^^, en général, les forces chimiques, dérivées ^ de l'énergie potentielle interne par rapport aux plus petites droites de jonction r points matériels, soient excessivement grandes, presque inhaies en comparaison de la pesanteur. Sans cela, les imperceptibles rapprochements ou écartements d'atomes A/- qui constipaient les phénomènes de combinaison et de décomposition ne pourraient pas déterminer les variations énormes de ^ et, par swe, les considérables dégagements ou absorptions de demiîorce vive, que mesurent, quand cette demi-force vive ne consiste C|u'en une agitation invisible, les chaleurs émises ou absorbées lors de pareils changements de la constitution moléculaire d'un mélange.

Les oscillations que présente l'action /(R) ou /(/ ) de deux atomes, quand on y fait décroître la dislance K ou /' de Tinfini à ' B. — Leçons synthétiques. 4

5o RAPIDES CHANGEMENTS DE l' ACTION DE DEUX ATOMES AUX PETITES DIS

zéro, paraissent donc avoir de plus en plus d'amplitude, sens des ordonnées de la courbe y = /(r) représentant mesure qu'elles se resserrent davantage dans le sens des al r\ en sorte que les valeurs successives les plus petites d fonction f, représentent les attractions s'exerçant aux dista sensibles, et qu'au contraire les valeurs les plus grandes, même, expriment les répulsions que ferait naître un cont thématique des deux atomes, s'il était réalisable. Ce m variation de /(r) n'a rien d'invraisemblable ni même d pliqué.

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