PARTIES NON ÉLASTIQUES DES PRESSIONS
73. — Parties non élastiques des pressions ; frottements intérieurs.
Mais, si les vitesses de déformation de la matière, dans le mouvement moyen local, deviennent assez grandes, les groupes moléculaires ou atomiques auront à chaque instant une forme et une orientation sensiblement différentes de leurs forme et orientation limites, qui seraient celles de leur équilibre intérieur pour l'état statique moyen local actuel; et, par conséquent, les pressions différeront des forces élastiques. Il s'y adjoindra certains termes, évidemment d'autant plus grands, comme les écarts de forme et d'orientation signalés, que seront plus considérables elles-mêmes les vitesses de déformation dont il s'agit. Ces termes, parties non élastiques des pressions, constitueront, du moins par leurs composantes tangentielles, ce qu'on appelle le frottement intérieur du corps ou du milieu. Ils diffèrent, comme on voit, des précédents, c'est-à-dire des parties élastiques des pressions, en ce que, au lieu de dépendre de Xétat statiqiLe moyen local actuel, ils dépendent surtout de Yétat dynamique moyen local, dérivée par rapport au temps de l'état statique de même nom.
74. — Petitesse ordinaire des pressions par rapport aux deux sommes de forces, les unes répulsives , les autres attractives , qui les composent ; caractère exceptionnel, à cet égard, de la tension superficielle des liquides.
Observons enfin, avant de quitter ce sujet, qu'une pression (ou une traction) ne se compose pas de forces moléculaires toutes répulsives ou toutes attractives, mais d'un nombre très considérable d'actions de ces deux espèces, qui peuvent s'y neutraliser en plus ou moins grande partie. On conçoit donc que les pressions s'annulent à fort peu près, par exemple, dans un solide homogène d'un poids négligeable ayant sa surface supérieure et latérale libre de tout contact (même atmosphérique ou, s'il le faut, sous le récipient d'une machine à faire le vide), malgré les fortes valeurs des actions moléculaires dont elles sont les sommes algébriques et dont elles représentent certains effets généraux. On conçoit également que, si, dans un corps solide ou fluide, les pressions exercées sur les éléments plans intérieurs (c'est-à-dire éloignés de leurs couches-
TENSION SUPERFICIELLE DES LIQUIDES, ÉNORME TAR UNITÉ D'aIRE. 85
5oper(îcielles), ont des valeurs finies par unité de surface, tout en ^ 'étant que des différences de quantités sans doute beaucoup plus grandes, ces pressions puissent atteindre d'énormes valeurs par unité d'aire, sur les éléments plans choisis dans des conditions exceptionnelles oii ne se produirait plus la même neutrali-
-A^insi s'explique, au moins comme possible^ Fexistence, sur les ^léiïients plans qui coupent normalement la surface d'un liquide, la tension dite su perji vielle, force atteignant par unité de lon- S'^-ïour de l'élément, malgré une largeur totale (épaisseur des cou- ^^es superficielles) d'une extrême petitesse impossible ou presque * [:>ossible à apprécier, des valeurs sensibles et quelquefois infientes (dans les phénomènes capillaires), quoique d'ordinaire petitesse relative permette heureusement de les négliger.