‹ Leçons synthétiques de mécanique générale, servant d'introduction du cours de mécanique physique de la Faculté des sciences de Paris. Publiées par les soins de MM. Legay et VigneronChapitre 65 sur 81 · HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

HUITIÈME LEÇON

RAESONS PHYSIOLOGIQUES ET PSYCHOLOGIQUES DES DÉNOMINATIONS DE FORCES, ACTIONS, TENSIONS, ETC., EMPLOYÉES EN MÉCA- NIQUE. — FORCES D'INERTIE ET CENTRIFUGES.

75. — Raison des dénominations d'action et de force données à des produits de masses par des accélérations , quand il s'agit d'accélérations provoquées par nos efforts personnels ou par ceux d'autres êtres vivants.

Nous pouvons maintenant comprendre pourquoi Ton a, d'une manière générale, appelé forces ou actions, en y attachant des sens d'e^or^etde cause, les produits de masses données par leurs accélérations ou par des composantes de leurs accélérations, c'est-à-dire les quantités de mouvement, totales ou partielles, communiquées à ces masses durant un instant iniiniment petit, mais divisées par cet instant ou rapportées à l'unité de temps; et pourquoi Ton a appelé, en particulier, action d'un point sur un autre, la quantité de mouvement que cet autre, en vertu des lois physiques, acquiert ainsi par unité de temps à raison de la présence du premier.

Occupons-nous, d'abord, des phénomènes mécaniques auxquels il nous arrive de prendre part, que ce soit, ou non, volontairement.

Il y a en nous toute une catégorie de sensations, concernant les mouvements que nos organes impriment aux corps voisins ou en reçoivent, auxquelles convient le nom général efforts physiques. Elles se diversifient en efforts actifs, soit moteurs, soit résistants (jue nous éprouvons quand, par des contractions musculaires conscientes et ordinairement voulues, nous accélérons ou ralentissons un mouvement, et en efforts passifs ou subis (c'est-à-dire exercés

RAISON DES DÉNOMINATIONS D'aCTION ET DE FORCE. 87

sur* J30US par une autre personne, ou censés spontanément Tètre au pc>inide vue des effets ressentis, même quand ces effets sont dus au seul mouvement d'objets inanimés), tels que les sensations v^^îc^es de compression, à^extension, de choc, etc.

Gela posé, nos efforts tant actifs que passifs sont proportionnés, ^Si^ns leur grandeur intérieurement perçue, aux déformations si- ™^^llanées des organes où nous les éprouvons, comme il le fallait t^'^^xi pour que nous fussions avertis des dangers de rupture que ^^^urent ces organes quand les déformations dont il s'agit viennent ^ <i^passer certaines limites. En un mot, réchclle de nos sensations ^^t, à nos organes ce que serait à un dynamomètre flexible la gra- ^ uation inscrite sur la règle qu'il porte, s'il pouvait, étant animé, ^ *^î-inême la lire à chaque instant. Or, d'autre part, en vertu de la ï-^^î physique (p. 83) qui fait dépendre les pressions, exercées entre I^s^lies d'un même corps ou entre corps contigus, surtout de leur ^*-^at: statique moyen local, c'est-à-dire de leurs rapprochements ou ^ Parlements moléculaires, il y a aussi corrélation entre les défor- *^*^«H.ions de nos organes et les pressions ou tractions exercées par au dehors, qui sont des sommes de quantités de mouvement ^ ^xirimuniquées dans l'unité de temps aux corps qui les touchent. iDonc, de cette double corrélation résulte, notamment, une corj)ondance aussi parfaite que possible, une sorte équivalence, ^ "^t Te chacun de nos efforts volontaires, et le produit de la masse ^^^-^rieure à laquelle nous l'appliquons par l'accélération que lui ^ ^"^fc J3riment nos organes. Celle-ci, bien entendu, n'est pas toujours accélération totale, mais se compose géométriquement avec autres accélérations partielles s'il lui en vient d'ailleurs. Quoi ^l^*il en soit, de ces deux faits en relation étroite dontl'un, l'effort, ï^^ot être regardé comme la cause et l'autre, la quantité de mouve- ■*^^iil imprimée, comme Y effet, c'est le premier, la cause, que nous I^^^nons, d'une manière instinctive, comme mesure de Tautre, ^^^fiet, contrairement à ce que nous faisons le plus souvent; car, ici, cause, nous étant personnelle, se trouve directement connue

s'offre d'elle-même comme terme de comparaison. Et il suit de là que le mot effort ou force, propre à désigner ^^tte cause, est employé, presque à notre insu, pour désigner '^^ssi l'effet, savoir, le produit de la masse mue par l'accélération nous lui communiquons.

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