‹ Leçons synthétiques de mécanique générale, servant d'introduction du cours de mécanique physique de la Faculté des sciences de Paris. Publiées par les soins de MM. Legay et VigneronChapitre 66 sur 81 · COMMENT LA NOTION PHYSIOLOOIQUE. OU PSYCHOLOGIQUE D'EFFOHT · texte numérisé non relu

COMMENT LA NOTION PHYSIOLOOIQUE. OU PSYCHOLOGIQUE D'EFFOHT

70. — Ce qu'ont de vague en Mécanique ces dénominations , entendues dans leur sens naturel.

Cependant nos sensations d'effort, quoique claires ou impossibles à confondre avec d'autres, ne sont pas assez distinctes (dans leurs éléments) pour servir de base à une véritable évaluation mathématique. Elles constituent, il est vrai, des grandeurs, comme toutes nos sensations susceptibles de plus ou de moins ; mais elles ne sont pas, à proprement parler, des quantités, c'est-à-dire des grandeurs mesurables, ou dans lesquelles on puisse nettement discerner et compter de petites parties égales. Aussi la mesure en efforts des quantités de mouvement imprimées par unité de temps, toute instinctive qu'elle soit, n'est-elle propre, au fond, qu'à obscurcir l'idée de ces quantités, si précise ou contraire sous sa forme purement géométrique ou arithmétique, telle qu'elle s'est offerte dans ce cours (p. 25).

77. — Manière dont s'acquiert , sous forme sensible , la notion du poids des corps.

Un exemple très simple de l'assimilation spontanée de telles quantités de mouvement à des efforts se présente quand nous maintenons un fardeau en équilibre, au moyen d'une de nos mains, le bras pendant verticalement. Le corps ainsi soutenu reçoit sans cesse de nous une accélération, de bas en haut, égale et contraire à celle que lui imprime la pesanteur ; ce qui implique de notre part la communication à ce fardeau, par unité de temps, d'une quantité de mouvement égale à son poids. Il tend donc notre bras au degré précis qu'exige une pareille communication, et qu'accompagnera une sensation d'effort assez nette pour nous permettre d'apprécier ce poids; de sorte que, conformément à une comparaison ébauchée tout à l'heure, notre bras est alors un véritable dynamomètre élastique, ayant sa graduation, extérieurement invisible, constituée par l'échelle même des sensations que ses divers degrés d'extension font naître en nous. Et le poids des objets nous paraît être dès lors la propriété qu'ils auraient, du moins près de la Terre, de se porter sans cesse vers son centre ou vers le sol, de manière à n'être empêchés par nous d'y tomber qu'au prix d'un certain effort.

s'est INTUODUITK DAX3 LA MÉCANIQUK U8UELLK.

"78- Emploi des mêmes dénominations de forces ou d'actions ,

da.n.s les cas d'accélérations produites sans le concours d'aucun ê'tpe sensible.

Enfin, comme notre tempérament intellectuel nous porte à spiriiualiser le monde physique, à personnifier à notre image les mystérieux agents, totalement inconnus, auxquels un invincible iïistinct nous fait attribuer les changements que nous y observons, rien ne nous sera plus naturel que de voir en idée, partout où surviendra une accélération positive ou négative de mouvement, une personne invisible, une force en un mol^ pousser on retenir le point matériel qui en sera l'objet, si nous nous la ^représentons comme un être animé, qui agirait sur le point, c'csi-à-dire sur Tobjct mû, par pression directe à l'arrière ou l^avant de celui-ci. Mais les géomètres préfèrent ordinairement se la représenter agissant sur le point par Tintermédiaire d'un lien tiré dans le sens du mouvement ou en sens contraire.

là cette assimilation familière de toute force à une main invisible, qui tendrait une corde non moins invisible attachée au

Un pareil trait ou lien, réduit, pour simplifier, à une droite ^ont on convient de prendre la longueur proportionnelle à la tension censée produite, c'est-à-dire à la quantité de mouvement primée dans sa direction, par unité de temps, au point matériel ^uc|nel on suppose fixé son premier bout, est donc devenu, sous 1^ nom de force, l'expression sensible de cette quantité de mou- ^^raent imprimée. N'y voyons, par conséquent, qu'un symbole, ^'ti.^uiïe simple image, d'une chose un peu abstraite, trop abstraite ï>C5ut-étre pour les intelligences étrangères aux conceptions analytiques, mais au fond très claire, puisqu'elle est le produit d'une "Tuasse par une accélération. Et gardons-nous de confondre cette quantité précise, constituant le seul sens positif ou démontré des forces mécaniques, avec la signification relativement vague d'e/yort musculaire, mais surtout avec celle, encore moins définie, ^6 Cause physique, que le mot force rappelle également ; notions il faut laisser à d'autres champs d'étude, où notre esprit ne P^^t malheureusement prétendre qu'à un degré de clarté médiocre.

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