‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 101 sur 131 · NÉPHRITE ALBUMINEUSE.' A · texte numérisé non relu

NÉPHRITE ALBUMINEUSE.' A

pelle ce que noas avons dit à propos des rapports de la néphrite albumineuse avec les autres accidents de la scrofule, et Ton verra qu'il n'est pas impossible d'arriver à préciser la nature de la lésion dont le rein est affecté. Ainsi, lorsque la néphrite albumineuse se montre graduellement et silencieux sèment dans la cachexie scrofuleuse ou sur un malade atteint depuis un temps fort long de caries osseuses, et surtout (juand il a existé de l'albuminurie longtemps avant Tapparition de l'œdème, quand enfin la proportion de l'albumine dans l'urine est peu considérable et reste presque stationnaire ou n'augmente pas très sensiblement, on peut assurer qu'il n'existe qu'une simple infiltration graisseuse. Mais, si la néphrite albumineuse est prédominante, si elle vient avant son tour, comme seule manifestation de la scrofule viscérale, si la proportion de l'albumine augmente de jour en jour et que Thydropisie fasse en môme temps des progrès, on peut presque à coup sûr annoncer le développement de granulations, d'éléments fibro*plastiques dans le parenchyme rénal.

La néphrite albumineuse chronique ne peut être confondue ayecl'aiguô; inutile de s'arrêter à ce diagnostic.

L'hématurie, la cystite ont des signes qui leur sont propres, et ne permettent pas non plus de les confondre avec la maladie de Bright.

Enfin, comment distinguerons-nous la nature scrofuleuse de la néphrite albumineuse ?

Ce diagnostic repose avant tout sur les afTections concomitantes et préexistantes, sur l'absence ordinaire de l'amaurose albuminurique, l'absence de sang et d'épilhélium en quantité notable dans l'urine.

On la distinguera de la néphrite albumineuse paludéenne, parce que, dans cette dernière, il existe toujours une hyper-

Irophic considérable de la raie, ce qui n'a pas lieu dans la néphrite d'origine scrofuleuse.

Dans la cachexie dartreuse, on observe fréquemment de la néphrite albumineuse; mais, outre que nous n'avons pas ici l'existence actuelle ou antérieure des manifestations de la scrofule sur la peau, le système osseux, le poumon, etc., TaU buminurie n'offre pas le caractère de permanence qu'elle présente dans la scrofule : elle disparaît et reparait à des intervalles plus ou moins longs. D'un autre côté, l'urine est souvent couleur de lavure de chairs {lotio carnium)\ elle contient du sang, de Tépithélium en quantité notable.

Dans la syphilis, la néphrite albumineuse subit Tinfluence du traitement curatif. On a aussi, pour la distinguer de la néphrite scrofuleuse, toute la succession des accidents de la syphilis constitutionnelle, la coexistence de syphilides gommeuses, de nodus, d'exostoses, etc.

Pronostic, — Grave en ce qu'elle annonce toujours une période avancée de la scrofule. J'ai rarement vu guérir les scrofuleux chez lesquels j'avais constaté l'existence de la néphrite albumineuse. Son apparition pendant le cours de la troisième période de la scrofule vient singulièrement aggraver le pronostic de la scrofule osseuse.

Partie thérapeutique. — Plus la maladie à laquelle se rattache comme affection la néphrite albumineuse est accessible à la thérapeutique, plus il est facile de la guérir. C'est ainsi que, dans la fièvre paludéenne, on triomphe assez facilement de raffeclion granuleuse des reins par le quinquina ou par les affusions froides. Dans la syphilis, on voit la néphrite albumineuse disparaître graduellement, comme les autres accidents de la vérole, sous l'influence du biiodiire de mercure, associé à l'iodure de potassium. Malheureuse-

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ment, dans la scrofule, la néphrite albumineuse ne cède pas aussi facilement à l'emploi des médications dites antiscrofule^ses.

J*ai souvent eu recours, mais sans avantages marqués, à rbuile de morue et aux préparations d'iode.

Par suite de cette idée que la néphrite albumineuse est une inflammation, on a été conduit théoriquement à proposer contre elle les émissions sanguines, les sangsues, les ventouses scarifiées sur la région lombaire et même la saignée générale. Mais si ces moyens peuvent ôtre utiles dans le traitement de la néphrite albumineuse aiguë, ils nous paraissent contre-indiqués dans la néphrite albumineuse chronique et plus particulièrement encore dans celle qui est de nature scrofuleuse.

On a préconisé les purgatifs, les drastiques surtout, comme le jalap, la scammonée, la coloquinte , le colchique d'au* tomne, à la dose de A à 6 grammes par jour; mais il ne nous parait pas possible d'insister longtemps sur cette médication chez les scrofuleux, qui sont si souvent et si facilement atteints (le diarrhée.

Les diurétiques, la digitale, la scille, le nitrate et l'acétate de potasse ont été mis en usage; on a également conseillé les diaphorétiques, comme la poudre de Dower. Tous ces moyens n'agissent que par leurs propriétés physiologiques. C*est dans le but d'augmenter les sécrétions cutanée, urinaife et intestinale, aGn de diminuer l'abondance de la sécrétion séreuse et de l'hydropisie qui en est la suite, qu'on les a employés dans le traitement de cette affection. Les balsamiques, comme l'extrait de genièvre, la térébenthine, le goudron, la créosote, ont été mis à contribution, mais sans aucun succès.

hiS DE LA ftCROFULB VISCtlIALE.

Enfin, les toniques, aussi recommandés par les auteurs, méritent la préférence dans le traitement de la néphrite scrofuleuse. Nous employons habituellement le vin de quinquina, les pilules deMorton, l'infusion d*angélique, lequassia amara.

. A ces moyens, il faut ajouter quelques laxatifs et des bains de vapeur, dont nous nous sommes généralement bien trouvé dans le traitement de la néphrite albumineuse avec anasarque.

Il est rare, chez les scrofuleux atteints d*albaminurie, de voir la tuméfaction des parties œdématiées portée à an degré tel qu'il soit nécessaire de recourir aux mouchetures ou sca* rifications. En tous cas, ces mouchetures, qui sont souvent suivies d'érysipèle ou de gangrène, ne constituent qu'un palliatif propre tout au plus à reculer de quelques jours, di! •quelques semaines peut-ôtre, Tioévitable terminaison fatale de la maladie.

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