‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 30 sur 131 · PARTIE MOSOGRAMlOCe. âO · texte numérisé non relu

PARTIE MOSOGRAMlOCe. âO

présent je n'ai rencontré ni presbytie, ni myopie ou amblyO' pie, ni amaurose, pas même des taies sur la cornée. Il n*y a là, évidemment, qu*un pur fait de hasard ; bienlùt, je D*en doute pas, nous trouverons des albuminuriques avec des lésions oculaires ; rien n'est plus ordinaire, comme chacun sait, dans la première période de la scrofule, que Tophlbalmie avec loules ses conséquences, et quant à Talbuminurie, nous sa« vons qu'elle se présente souvent comme affection propre dans la quatrième période de celle maladie, d'où il est facile de conclure qu*on doit parfois rencontrer des sujets albuminuriques avec des troubles plus ou moins notables de la vue.

L*amaurose albuminurique, dont on parle tant aujourd'hui, et pour Texplication de laquelle le professeur Landouzy a cru devoir faire intervenir le grand sympathique, ne seraitelle, en déGnilive, que la coexistence si naturelle et si ordinaire, dans les maladies constitutionnelles , d*une affection primitive des yeux et d'une affection consécutive des reins ?

Dans les fonctions cérébrales, je vous ferai surtout remarqoer la différence que présentent assez souvent les facultés affectives^ selon qu'on les considère chez les scrofuleux ou chez les phthisiques : dans le premier cas, humeur difficile, aigreur, caractère hargneux ; dans le second, douceur, mansuétude, qui souvent n'abandonnent le malade qu'avec la vie.

La respiration et la circulation^ pendant les premières périodes des maladies constitutionnelles, sont en général exemptes de troubles. Toutefois la marche et l'évolution individuelles de certaines affections peuvent momentanément troubler l'exercice de ces fonctions vitales. Le pouls s'accélère quelquefois pendant la durée des adénites suppuratives. Lorsque des masses ganglionnaires compriment les bronches il survient de la dyspnée, de Faccéléralion dans les mouve-

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aïeuls respiratoires. Mais, en général, le malade est sans fièvre, et maintes fois nous avons trouvé le pouls au-dessous de 60 pulsations à la minute.

Chez les scrofuleux, nous constatons assez souvent des symptômes de chloro-anémie : du bruit de souffle sur la région du cœur ou sur le trajet des gros vaisseaux. Ces phénomènes se remarquent surtout à la suite des héroorrhagies.

Dans la syphilis, la dartre et Tarthritis, comme dans la scrofule, le trouble sympathique de la respiration et de la cirQuIation n'arrive en général qu'à la dernière période. Il est sans doute fort ordinaire d'observer dans la dartre et l'arthritis des lésions graves du côté Je ces appareils fonctionnels; mais elles font partie des affections propres, et n'entrent pour rien dans le tableau symptomatologique général de la maladie. '

L'état des pmctions digestives, dans la scrofule, exige de votre part la plus sérieuse attention. Ne confondez pas le dérangement momentané des digestions occasionné par les douleurs et Tinsomnie qu'entraîne le développement de certaines affections locales avec la gastropathie scrofuleuse. Tenez bien compte aussi des embarras gastriques qui souveiit sont le résultat des médications employées, et notamment de l'usage longtemps prolongé de l'huile de foie de morue.

Je dirai la môme chose des fonctions intestinales. La diarrhée, si commune dans le cours de la scrofule, peut dépendre de causes extérieures variées; il faut savoir en apprécier le véritable caractère. Au début, elle fail partie, comme affection propre, de la scrofule de l'enfance, et vers la fin de la maladie elle est constante : c'est un de ces phénomènes

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ultimes qui font partie intégrante et presque nécessaire du cortège de toutes les cachexies.

Si la dppepsie scrofuleuse est rare, si la dyspepsie syphilitique Test encore davantage, il n'en est plus de même des dyspepsies dartreuse et arthritique, qui mni extrêmement communes, et doivent évidemment figurer parmi les affections propres les plus ordinaires de ces deux maladies constitutionnelles.

L'état des sécrétions^ dans les maladies qui font l'objet spécial de notre étude, n'est pas moins utile à connaître; malheureusement, ce que nous en savons se réduit encore à peu de chose.

Je dirai des sécrétions ce que j'ai dit des autres fonctions de I économie : prenez garde de confondre ce qui est de laiTection, purement et simplement, avec ce qui procède directement de la maladie. Ainsi, par exemple, dans la scrofule, les sécrétions des larmes, du cérumen, du mucus nasal, se trouvent notablement modifiées par Tophthalmie, l'otite et le coryza, de nature scrofuleuse-, il n'en est plus de même des sueurs et des urines qui se rattachent essentiellement à la symptomatologie générale de la scrofule.

L'urine, cependant, par l'albumine qu'elle contient, peut aussi parfois, dans la scrofule, donner l'indice d'une affection spéciale, la néphrite albumineuse, que nous comptons au nombre des affections viscérales propres à la maladie jscrofuleuse.

Dans la scrofule, la sueur est en général rare. Dans la dartre, elle se supprime le plus souvent pendant la durée de Taffection cutanée sur les points occupés par l'éruption. Elle alterne souvent avec l'éruption cutanée; la squame disparaît et la sueur revient.

Dans rarihrilis, elle est généralement plus abondante, et alterne plus souvent avec le catarrhe et la rhumatalgie qu'avec l'éruption cutanée. Les rhumatisants et les goutteux, lorsqu'ils n'ont pas d'éruption à la peau, ont en général des sueurs abondantes.

Vurine dans la scrofule ne présenterait, à en croire M. Becquerel, d'autre changement que celui d'offrir les caractères des urines phlegmasiques pendant la durée des affections inflammatoires ; mais ce ne serait pas là un caractère particulier a la scrofule. Je vous signalerai, comme un caractère spécial, la grande quantité de mucus que renferme l'urine des scrofuleux.

Dans la dartre, les urines se troublent promptement après leur émission ; elles sont aussi très muqueuses, et généralement chargées de phosphates.

Dans l'arthrilis, elles sont peu abondantes, acides, rouges, chargées d'acide urique et d'urate d'ammoniaque.

Enlin, avant d'aborder la seconde partie de l'étude des phénomènes communs, il est bon de jeter un coup d*œil rapide sur les fonctions de la reproduction.

J'ai déjà dit que chez les scrofuleux l'appétit vénérien était ou surexcité, ou languissant; on y observe parfois la spermatorrhée.Chez les femmes, la menstruation, bien que souvent irrégulière, offre cependant cela de remarquable, que fréquemment les règles sont abondantes et accompagnées de coliques utérines quelquefois très violentes.

Je n'ai qu'une seule remarque à vous faire pour ce qui est des symptômes offerts par Tnppareil sexuel, dans la dartre et Tarthritis : c'est que l'çruplion cutanée, en se fixant sur cet appareil, peut y provoquer l'excitation vénérienne, et devenir cause de pertes séminales qu'il ne faudrait pas rapporter a

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