‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 38 sur 131 · PARTIE ÉTIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE ÉTIOLOGIQUE

aRecUons. Les micrographes vous diront que Tune est une affection tuberculeuse, que Tautrc est une aiïection fibroplastique, et que ce sont deux maladies essenliellen^ent différentes. Depuis longues années, un père est atteint de dartres ; sa GUe éprouve des migraines et des coryzas périodiques : il n*y a pas là d*hérédité. Quel rapport, nous dira-t-on, voulez*vous établir entre la migraine et la dartre?

D'un autre cdté, on s'est exagéré l'influence de l'hérédité, en lui reconnaissant le pouvoir de transformer les maladies. C'est une erreur de croire que la syphilis peut engendrer la scrofule: je dirai plus, c'est une erreur de croire que la goutte puisse devenir rhumatisme par voie d'hérédité (1). Les unités pathologiques ne s'altèrent ni ne se transforment pas plus par l'hérédité qu'elles ne s^altèrent ni ne se transforment avec le temps.

Je passe actuellement aux causes provocatrices. De nos quatre maladies constitutionnelles, il n'y en a qu'une, la syphilis, où nous ayons a noter une cause déterminante spéci- Gque, la contagion.

La scrofule n'est pas contagieuse; Tarthrilis et la dartre ne le sont pas non plus.

One erreur de diagnostic a pu seule faire dire aux auteur? que la dartre était une maladie contagieuse : ils ont, comme les gens du monde qui ne jugent que par la ressemblance, pris une affection parasitaire pour une affection dartreuse. Ne savez- vous pas que la gale est journellement confondue avec la dartre, et qu'il n'est donné qu'à un très petit nombre de médecins de savoir distinguer la mentagre, l'herpès cir-

(1) Cette dernière proposition me paratl aujourd'hui très hasardée. Depuis ipieiqiiesaoDécsJ'ai recueilli oombre de Taits qui semblent rinflrmer.

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ciné, le lichen circonscrit, parasitaires et contagieux, des affections cutanées qui ne reconnaissent d'autre cause que l'existence d'un principe herpétique?

- Parmi les causes occasionnelles, vous noterez surtout l'in* Queoce des agents physiques, du froid, du grand air, de Tinsûlation. Si cette influence est peu appréciable dans la syphilis, où existe une cause déterminante spécifique, elle est communément observée dans les autres maladies constitutionnelles. Rien de plus ordinaire qu'une ophthalmie scrofuleuse née sous l'influence d'un courant d'air: mais nulle part cette influence n'a plus d'action que. dans l'arthritis, où la simple impression du grand air suGBt quelquefois pour provoquer la manifestation de rhumatalgies ou d'éruptions sur les parties découvertes, disparaissant souvent et se reproduisant allernalivement avec Téloignement et le retour de la cause qui les a une première fois éveillées. Par contre, la privation d^air, de soleil, de mouvement, longtemps continuée, contribue puissamment au développement de la scrofule.

Dans les influences hygiéniques, vous ferez la part encore du genre d'alimentation. L'insuffisance et la mauvaise qualité des denrées de première nécessité sont une cause de scrofule. Le régime, presque exclusivement azoté, favorise le développement des affections arthritiques. Certains aliments provoquent les manifestations dartreuses : il suffira de vous citer, par exemple, les moules, les écrevisses, le homard, qui ont quelquefois pour effet de déterminer de la roséole, de l'érythème et de l'urticaire; en un mot, toutes les manifestations de la dartre aigué«

Les causes morales ont une action évidente dans la dartre, beaucoup plus sujette à contestation dans les autres maladies constitutionnelles^

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Je mentionnerai enfin les causes mécaniques et les causes pathologiques. Comme exemples de l'influence des causes mécaniques, je vous citerai les suivants : Au n® 65 de notre pavillon, se trouve un jeune homme atteint de tumeur blanche : c*est une chute sur te genou qui a provoqué chet lui cette traduction locale de la scrofule. Vendredi dernier, quelques-uns de vous ont été à même d'observer, à notre consultation, une éruption ))apuleuse, de nature évidemment syphilitique, que le militaire, sur la nuque duquel elle s'était développée, attribuait au frottement du collet de son habit. Assurément, le frottement tout mécanique d'un collet d'habit ne saurait engendrer la syphilis; mais il peut très bien favoriser, sur un point déterminé du corps, la sortie d'une éruption spécifique.

Il y a quelques mois à peine , en parcourant les salles de notre collègue M. Albert, nous avons pu voir un malade portant de belles plaques psoriasiques, qui étaient précisé-ment apparues sur les places où peu de temps auparavant avaient été apposées des ventouses scarifiées. Dans tous ces cas, on est obligé d^admettre Tinfluence d'une cause méca*nique, toute physique, sur la détermination des afiTeclions internes.

Parmi les causes pathologiques, il en est qui agissent, pour ainsi dire, chirurgicalement, à la manière des agents physiques : tels sont les parasites de l'ordre animal et de l'ordre végétal. D'autres ne provoquent le développement des maladies constitutionnelles qu'en imprimant, soit à l'organisme en totalité, soit à quelqu'une doses parties, une secousse plus ou moins violente : comme exemple du premier cas, vous avez les fièvres éruptives à la suite desquelles on voit éclater parfois les affections diathésiques, et, comme exemple du second

cas, une arthrite rhumatismale qui se transforme en une véritable tumeur blanche.

Parmi les causes des maladies, il en est une qu'il ne nous sera jamais donné de connaître : c'est la cause première ou la nature des états morbifiques. La science ancienne travaillait avec ardeur à la recherche de la nature des essences; la science moderne a tout à fait abandonné cette voie fausse et stérile, pour ne s'occuper que dès rapports des choses entre elles : aussi toutes les questions de nature se réduisentelles aujourd'hui à des questions de limitation et de classification des unités pathologiques.

La scrofule et la syphilis ont été l'objet d'une étude si générale et si répétée ; elles se correspondent si bien dans les quatre périodes que nous avons établies, que leur existence, comme unités pathologiques, ne saurait être mise un seul instant en doute par un observateur quelque peu exercé. Il n'en est plus de même de l'arthritis et de la dartre. Combien de médecins, qui ne sont pas tous, cependant, des esprits vulgaires , vous diront que l'arthritis est une maladie des articulations , que la dartre est une maladie de la peau!

Avant tout, il faut donc prouver l'existence, comme maladies constitutionnelles, de l'arthritis et de la dartre.

On peut nous objecter tout d'abord que des hommes de mérite, de grands penseurs, des partisans de nos doctrines, ont supprimé la dartre comme maladie, la rattachant soit à la scrofule, soit à l'arthritis; mais cela ne prouve qu'une chose : c'est que ces observateurs n'ont pas assez observé le malade, ni avant ni après la dartre, ni comment elle vient ni comment elle se termine. Leur opinion prouve encore les rapports de la dartre et de l'arthritis entre elles, les rapports

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