MARCHE ET DURÉE DES SCROFULIDES
arrondi, en un mot, pour le vrai psoriasis, qui toujours est une aiïection d'origine herpétique.
Marche, durée^ terminaisons de la scrofule cutanée bénigne— La scrofule cutanée sécrétante ouvre le plus souvent la marche des accidents scrofuleux, c'est-à-dire qu'elle débute dans la plus tendre enfance^ mais à quel âgé disparalt-elle pour faire place à de nouveaux accidenls, tels que Tophlbalmie, par exemple, ou l'écrouelle If Dans la plupart des cas, c'est vers Tàge de trois ou quatre ans que la gourme disparaît ; toutefois elle peut se continuer, comme gourme, pendant la jeunesse et même dansl'àge adulte, sous forme d'eczéma chro* nique, de pityriasis ou d!acnc sebacea.
La scrofule sécrétanle vient aussi quelquefois révéler primitivement l'existence de la diathèse scrofuleuse, dans la jeunesse ou même dans l'âge adulte. Il y a plus, c'est que, comme le lupus, elle peut constituer une forme fixe primitive de la scrofule; toute la maladie semble alors s'épuiser sur la peau.
Parmi les différentes variétés de scrofulides boutonneuses, le lichen généralisé, précédé du strophulus, est une affection qui date en général de la même époque de la vie que la scrofule sécrétante. La gourme et le lichen peuvent coexister chez le même sujet ou se remplacer mutuellement. Ces deux affections, comme en général toutes les formes de la scrofule bénigne, sont sujettes à récidive pendant le cours de la preniière période ou même pendant le cours des périodes subséquentes de la scrofule.
La scrofulide acnéique n'existe pas dans la première enfance, si on en excepte l'acné varioliforme, que nous avons rencontrée vers Tâge de cinq à dix ans. C'est le plus ordiuzm. Il
oairement vers l'époque de la puberté que l'acné apparaît; cette affection se continue pendant un temps quelquefois fort long. Le plus souvent, elle se monlre par poussées successives. Elle disparaît en général, comme les autres scrofulides bénignes, dans les périodes ultérieures de la scrofule.
Dans l'âge adulte, surtout chez les femmes qui arrivent à l'époque critiqne, la scrofule peut débuter par la couperose, qui dure un temps fort long, et ne disparait que quand viennent i se montrer les premiers signes de la scrofule viscérale.
Enfin, la scrofulide érylhémateuse survient d'habitude de dix à vingt ans. Elle est souvent précédée ou suivie d'autres accidents de la scrofule primitive. Je donne en ce moment des soins à une demoiselle de dix-huit ans, pour une scrofulide impétigineuse du cuir chevelu, de la face et du cou. Dans l'enfance, elle a eu des ophthalinies avec de légères ganglites; à quinze ans, une scrofulide érythémateuse sur les jambes ; à dix-sept ans, de la gourme eczémateuse et impétigineuse. Il peut y avoir différentes étapes dans la manifestation de la scrofule primitive.
La durée de la scrofule cutanée primitive considérée d'une manière générale n'a rien de fixe. Il est impossible d'en 6xer les limites, môme d'une manière approximative. Assez souvent on la voit se prolonger depuis la dentition jusqu'à l'époque de la puberté. Mais le plus souvent ses accidents ne suivent pas une marche continue : ils sont périodiques, se succèdent ou alternent l'un avec l'autre.
La scrofulide cutanée primitive peut offrir une marche paroxystique et à chaque ^nouveau paroxysme, à chaque poussée nouvelle de la maladie, présenter une forme nouvelle. — Voyez pour la gourme : c'est d'abord l'achore, puis une nouvelle crise transforme l'achore en impétigo. — Unenou-
Marche et durée des scrofulidbs. 163
velle poussée du mal amènera de Teczéma fluent derrière les oreilles, et enfin au bout de quelques semaines, a la suite d*une nouvelle exacerbation vous aurez de l'eczéma impétigineux. D'autres fois l'affection conserve le même caractère pendant tout son cours, offrant seulement par intervalles, des rémissions et des exacerbations.
La scrofulide cutanée peut se propager aux parties des membranes muqueuses voisines de la peau, ce qui s'explique par l'analogie d'organisation des deux membranes tégumentaires à leur jonction.
Les scrofulides bénignes peuvent dégénérer in situ en scrofulides malignes, nous voyons fréquemment l'impétigo simple du nez ou de la lèvre se transformer au bout d'un certain temps en scrofulide rongeante et même en véritable lupus fibro-plastique. Vous savez que j'attache une très grande importance à ces transformations, parce qu'elles démontrent clairement la supériorité de nos doctrines sur celles des dermalologistesqui^ n'admettantpas les scrofulides bénignes, les considèrent comme des manifestations de la diathèse dartreuse. Je viens de passer en revue les différentes éruptions cutanées que Ton doit compter au nombre des accidents de la scrofule primitive; mais ce ne sont pas les seules qu'on remarque chez les sujets atteints de scrofule. Nous voyons parfois encore chez nos scrofuleux se déclarer les pseudoexanthèmes, tels que \e pityriasis rubra aigu, l'urticaire, aOeclions auxquelles je ne saurais reconnaître le caractère strumeux et qui ne sont que des complications de la scrofule, soit qu'on les considère comme des affections indépendantes ou comme des manifestations de Therpétisme.
Partie éilologrlqn^* '-* ^^^ causes de la scrofule cuta« née primitive se confondent évidemment avec celles de la
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scrofule considérée d*une manière générale : la cause d*un symptôme ou d*une aflection c'est la maladie. Toutefois, parmi ces influences étiologiques, il en est qui semblent provoquer plus directement la localisation de la maladie sur le tégument externe, et c'est uniquement de ces dernières que je veux un instant vous entretenir. Je passerai successivement en revue les influences physiologiques, pathologiques et physiques.
1* Des influences physiologiques. — Les troubles de l'organisme qui signalent révolution physiologique des âges ont la plus grande inlluence sur la détermination des scrofulides primitives. Ayez bien soin de ne pas confondre cependant des troubles fonctionnels, que l'on peut appeler physiologiques, avec des accidents pathologiques. Ainsi, les feux de dents se rattachent normalement, si je puis m'exprimer ainsi, au travail de la première dentition, comme les bouffées de chaleur faciale se rattachent à l'âge critique ; mais, si les feux de dents, caractérisés par des congestions momentanées du visage, par des éruptions érythémateuses ou lichénoïdes passagères, ont amené des gourmes persistantes, si les bouffées de chaleur à la face ont amené chez la femme de la couperose, cène sont plus les efletsd'un travail physiologique, ce sont les effets d^un travail pathologique, en un mot, c'est delascrofule.
La puberté peut aussi comme la dentition éveiller la scro* fuie primitive. Les congestions qui s'établissent chez les jeunes tilles, à celte époque de la vie, du côté des mamelles produisent de l'éry thème sur les seins, et si cet éry thème persiste, ni survient de la gourme eczémateuse et consécutivement delà ganglite axillaire.
La grossesse, la parturition, le défaut d'allaitement surtout, provoquent le développement des manifestations scrofuleuses
CAUSES DES SCROFULIDES BÉNIGNES. i0&
sur la peau. Les maladies di les laiteuses» les laits répandus ne sont bien souvent autre chose que des gourmes eczémateuses; elles tradubent à la peau la prédisposition scrofuleuse des sujets qui en sont affectés.
Le sexe exerce-t-il quelque influence sur la production, des éruptions cutanées d'origine scrofuleuse? Il est difiScile de résoudre celte question. II m'est impossible, en effet, d'établir des calculs statistiques avec les relevés des malades admis à l'hôpital. Les scrofulides primitives, confondues avec les dartres et avec les éruptions d'origine arthritique, sont reçues indistinctement dans tous les services, et en général il n'entre chez nous, dans les services des scrofuleus, que les cas complexes , c'est-à-dire, les scrofulides, coexistant avec d'autres accidents de la scrofule, comme les engorgements ganglionnaires et les caries. Je serais assez disposé à croire cependant que les scrofulides primitives sont plus fréquentes chez la femme que chez l'homme.
Le tempérament a une influence incontestable sur le développement de la forme des affections cutanées scrofuleuses : lymphatique^ il prédispose aux éruptions sécrétantes-, foVteua:, aux éruptions acnéiques; bilioso^nerveuXt aux éruptions papuleuses ; sanguiUy à la couperose.
La constitution joue le même rôle que le tempérament : ièchey elle prédispose aux éruptions papuleuses; forte et grasse^ aux éruptions érythémateuses et acnéiques.
2« Des influences pathologiques. — Ici se placent certaines maladies, comme on disait autrefois, totim substan* tiœ, telles que les exanthèmes fébriles, la chlorose, etc.; souvent on voit survenir à leur suite, les scrofulides primitives de la peau ou des membranes muqueuses, Tophthalmie, l'hypertrophie scrofuleuse des amygdales.
3* Des influences physiques. — L'apparition de la scrofule primitive n'est pas toujours déterminée par le trayail de révolution physiologique ou pathologique, c'est très souvent Taction des agents physiques qui en provoque le développement. En première ligne se trouvent les agents qui sont sur la limite des causes pathologiques, et des agents physiques purs, se rattachant aux premières par leur ori|:çinc et aux seconds par leur mode d'action, les crasses laiteuses et les parasites.
Dans le premier âge de la vie, les glandes sébacées du cuir chevelu sécrètent abondamment : si l'enfant est tenu malproprement, si on néglige Thygiène de la tète, si jamais on ne se sert de la brosse, du peigne ou de l'éponge pour nettoyer le cuir chevelu, les produits sécrétés se collent aux cheveux, et forment ces enduits jaunâtres ou brunâtres que Ton a désignés sous les noms de crasse membraneuse et de crasse laiteuse : la première, propre aux sujets blonds lymphatiques et occupant plus particulièrement les régions frontale et temporale; la seconde, propre aux sujets bruns, et occupant plus spécialement les régions temporale et occipitale : la première, semblable à du parchemin, la seconde sous forme de membrane, et plus souvent en écailles roussàtres.
Ces crasses n'ont qu'un inconvénient, c'est de s'opposer mécaniquement à la sortie des cheveux, de produire l'atrophie des papilles pileuses, et d'entraîner plus tard une calvitie permanente.
Les crasses laiteuse et membraneuse ne sont pas de la scrofule ^ mais elles agissent comme irritants mécaniques pour l'éveiller chez les sujets qui y sont prédisposés. La crasse membraneuse provoque le développement de la croûte