‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 53 sur 131 · CAUSES DES SCROFULIDES BÉNIGNES · texte numérisé non relu

CAUSES DES SCROFULIDES BÉNIGNES

de lait (pseudo-teigne, achore, tinea faciêi)\ la crasse laiteuse amène la gourme granulée [impétigo granulata), qui souvent encore, mais dans un âge plus avancé, est provoquée par la vermine.

Les parasites du règne animal et du règne végétal ne déterminent pas seulement des éruptions parasitaires, ils éveillent les manifestations cutanées de la scrofule chez les sujets qui y sont prédisposés. Les poux, les acares, les cryptogames des teignes faveuse et tonsurante, sont, pour la peau de Fenfant» des épines qui provoquent la production des scrofalides, de la même manière qu'un coup ou une chute appelle, sur la partie qui en a été le siège, un abcès, une carie, ou une tumeur blanche.

Après ces deux ordres de causes, vient le froid, qui , en exerçant une action vive et plus ou moins irritante sur le corps du nouveau-né et de Tenfant & la mamelle, provoque, soit sur la peau, soit sur les muqueuses, le développement d'éruptions qui, par leur persistance, traduisent encore Texistence du vice scrofuleux en voie d'évolution. Ainsi, Tophthalroie produite par un courant d'air peut se réproduire à chaque instant, devenir permanente et prendre tous les caractères de Fophthalmie scrofuleuse. Ainsi, les engelures, soit aux mains, soit au nez, soit aux oreilles, par leur longue dorée ou leur permanence, par leur tendance à l'ulcération ou au boursouflement, peuvent être regardées comme un signe non équivoque de la constitution scrofuleuse.

Enfin, l'onanisme, un des fléaux les plus redoutables du jeune âge, en même temps qu'il produit l'anémie, ralentit la circulation à ce point, que nous avons vu le pouls, chez des sujets de quatorze à quinze ans, tomber à 50 et même à &0 pulsations par minute. De là un ralentissement dans tous les

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actes de l'organisme , et en particulier dans la circulation des humeurs excrémentitielles ; de là sans doute aussi la fréquence de Tacné chez les sujets livrés à ces désastreuses manœuvres.

Partie 0éinélotlqiie. — i"" Diagnostic. — Le diagnostic d'une affection de la peau soulève toujours les trois questions qui suivent :

1® Déterminer l'élément anatomique primitif de l'affection : est-ce une vésicule, une papule, une pustule, etc.?

2'' Déterminer le genre de l'affection : est-ce un eczéma, ou un herpès, un prurigo, ou un lichen, etc.?

S"" Déterminer la nature de l'affection. Remarquez-le bien, par nature je n^entends pas le mode pathogénique, comme, par exemple, s'il s'agissait d'établir le caractère hypertrophique ou inflammatoire d'une papule; j'entends par nature l'origine primitive, la source commune de toutes les affections. Indiquer la nature d'une affection, c'est donc indiquer son principe, sa cause, la diathèse ou plutôt la maladie d^où dépend cette affection.

Je vous rappellerai, à ce sujet, que la plupart des affections cutanées que nous observons à notre consultation, quelque variées que soient leurs formes, peuvent être rapportées à trois sources principales, quMl est bien essentiel de distinguer au point de vue pratique et thérapeutique. Il ne se passe pas de jour de consultation que vous n'observiez, en effet :

1* Des éruptions artificielles produites, ici par Teau sédativcy là par des frictions avec l'huile de cade ou avec l'huile de morue, ailleurs par l'huile de croton, la térébenthine, le soufre, etc. Chacun de ces agents produit, sur le légument externe, une éruption spéciale que vous devez connaître,

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afin de ne pas la confondre avec une éruption analogue de cause interne.

2" Des éruptions parasitaires , aussi nonibreuses que variées, plus propres encore à vous en ' imposer pour des éruptions de cause interne. Elles sont produites par des parasites du règne animal ou par des parasites du règne végétal.

Vous savez combien sont variées et multipliées les éruptions psoriques. Quant au^ éruptions myco-defmiques, leur diversité n*est pas moins grande : tantôt ce sont des croûtes épaisses, jaunâtres , irrégulières ou en godets (achorion) ; dautres fois ce sont des cercles érythémateux, des furfures, des papulo-pustules, des tubercules ou des furoncles {trichùphytati) ; ailleurs, des taches blanches ou couleur de café [microspororii .

V" Enfin des éruptions constitutionnelles scrofuleuses ou syphilitiques, dartreusesou arthritiques.

Eh bien ! je le répète, votre diagnostic n'est complet que quand vous êtes arrivés à la connaissance de ces trois choses : Télément anatomique primitif, l'affection, la nature de l'affection. Dire, avec les médecins étrangers à la connaissance des maladies de ta peau, affection vésiculeuse ou affection squameuse, c'est faire un pas seulement dans la diagnostic : dire, avec les dermatographes modernes, eczéma ou lichen^ c'est avancer un peu plus dans le diagnostic; mais c'est rester toujours dans l'affection générique, dans le fait général, dans Tabstraction, et, par conséquent, en dehors du malade et de la maladie : dire, avec nous, eczéma scrofu- /««-, lichen arthritique ou parasitaire, c'est spécifier la maladie, donner une idée de la constitution du malade, des accidents qui ont pu précéder ou qui pourront suivre et per-

mettre au praticien d'asseoir les bases d'un traitement rationnel et efficace.

Et je ne crains pas de le dire, cette dernière notion est la plus essentielle desVois. Que vous importe, en effet, qu'une affection myeo-dermique soit vésiculeuse, papuleuse ou tuberculeuse, que ce soit un herpès ou un lichen, votre malade est, dans tous les cas, sûr de guérir par Tépilation et les parasiticides, dès que vous êtes certains d'avoir affaire à une affeciion parasitaire. Ne pensez-vous pas avec moi qu'il est bien plus utile de savoir qu'on a à combattre une affection cutanée de nature syphilitique ou scrofuleuse, que de connaître si cette affection a débuté par une papule ou par une pustule? Voyons donc si, pour les scrofulides bénignes, il est permis d'arriver, dans la plupart des cas, a un diagnostic complet.

Le premier problème à résoudre, ai-je dit, c'est de déterminer l'élément anatomique primitif.

Uérythème, la papule et Y hypertrophie crypteiise sont les éléments primitifs qu'on a le plus fréquemment l'occasion d'observer chez les scrofuleux. La vue et le toucher suffisent, dans la plupart des cas, à les faire reconnaître.

La papule demi-transparente ou pseudo-vésiculeuse est facile à confondre, chez les enfants, avec la vésicule; mais il suffit de piquer avec ime aiguille la pointe du bouton pour s'assurer qu'elle ne renferme pas de sérosité.

La présence de l'ombilic, sur les saillies formées par l'hypertrophie des cryptes sébacées, vous servira à les distinguer des tubercules syphilitiques, fibro-plastiques ou du véritable molluscum.

La vésicule et la pustule sont des éléments primitifs qui, bien que plus ordinaires dans la scrofule bénigne , s'offrent moins souvent à l'observation, parce que, dans un temps très

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