SIGNES DES SCROFULIDES BÉNIGNES
court, elles changent d'élat et se transforment en écailles ou en croûtes. C'est alors, par la nature des exfoliations que vous arrivez au diagnostic rétrospectif de l'élément primitif - Une croûte squameuse, mince, molle, humide, indique la préexistence de la vésicule eczémateuse. D'autres fois, le siège de Téruption vous met sur la voie du diagnostic. C'est ainsi qu'une affection suintante qui siège derrière les oreilles, vous porte à penser que toute l'éruption du cuir chevelu est eczémateuse, et a, par conséquent aussi, débuté par l'élément vésiculeux. Il y a, comme vous le savez, deux ordres de pustules : la pustule dite phlyzaciée et la pustule psy^ draciée.Lai première est purulente en totalité de la base au sommet : la seconde est dure à la base, purulente seulement au sommet. Or, la scrofulide bénigne peut débuter par ces deux ordres de pustules.
Mais la pustule phlyzaciée passe vite et se transforme en croûte, tandis que la pustule psydraciée conserve pendant tout son cours> la plupart de ses caractères, ne subissant que des changements en plus ou en moins. Dans le premier cas, le diagnostic a pour objet de faire connaître un élément qui n'est plus. On y arrive par Tinspeclion des croûtes qui sont purulentes, jaunâtres, épaisses, relevées sur les bords. Dans le second cas, l'élément primitif subsiste toujours, avec ses caractères les plus essentiels, et le diagnostic a pour objet d'établir le siège précis de l'induration pustuleuse, afin de ne pas la confondre avec d'autres pustules analogues, quant aux caractères physiques, bien différentes par le siège et par la nature; je veux parler du diagnostic diiïérentiel des pustules de Vacne indurata et de celles de la mentagrc : les premières sont une inflammation des glandes sébacées ; les secondes, uneinflamtnation des bulbes pilifères.
Dans l'acné, les pustules sont disséminées, isolées, écartées les unes des autres : elles sont groupées dans la inentagre; dans Tacné, elles ont leur siège sur le front, les joues, les ailes du nez, sur les régions oii se trouve le plus de glandes sébacées : dans la roen tagre, elles sont agglomérées sur les lèvres, le menton, les régions pileuses; un poil les traverse de la base au sommet.
Dans l'acné, on remarque, avec les pustules indurées, la coexistence de tannes; dans la mentagre, la coexistence de tubercules et de furoncles, etc.
J'arrive au diagnostic de l'affection.
Les Willanistes (1) ont admis quatre espèces différentes d'affections dans la scrofulide sécrétante : l*" Teczéma , 2* l'eczéma impétigineux, STachore, A"^ l'impétigo; ils onl admis quatre sortes d'éléments primitifs pour ces quatre affections : la vésicule de l'eczéma contenant un fluide transparent; la vésico-pustule de l'eczéma impétigineux, renfermant un fluide séro-purulent, se rapprochant plus de la vésicule que de la pustule ; la vésico-pustule de l'achore se rapprochant plus de la pustule que de la vésicule, et la pus« tule de rimpétigo.
A ces éléments primitifs succéderaient, dans la seconde phase de l'évolution du mal, quatre espèces différentes de croûtes : 1* des squames ou croûtes molles, humides, d'un blanc jaunâtre ou verdâtre dans i'état aigu, furfuracées ou amiantacées dans l'état chronique {eczéma); 2* des croûtes plus épaisses^ jaunâtres ou brunâtres, amincies sur les bords {eczéma impétigineux) ^ 3» des croûtes d'un jaune doré ou rougeâtre, teintes de sang, comparées par Alibert à des
(1) Caienave, Traité des maladies du cuir chevelu, p. 96 et saiv.
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croûtes de gâteau, enduites de miel {a<:hore$)\ à* enûn, des croûtes plus épaisses encore, plus jaunes, plus mates, relevées sur les bords (impétigo).
Ces distinctions me paraissent subtiles, la plupart du temps impossibles à établir, et constamment inutiles dans la pratique; elles ne sont bonnes qu*à hérisser la science de difficultés et à la rendre inabordable.
De l'achore et de l'eczéma impéligineux, de Teczéma et de rimpétigo scrofuleux je ne fais qu'une seule aflection à laquelle je donne le nom de scrofulide sécrétante ou exsu" dative. Jamais, en effet, chez les scrofuleux, Taffection ne consene, pendant toute sa durée, le caractère d*eczéma ou d'impétigo. Vous voyez chaque jour l'eczéma se transformer en eczéma impétigineux, l'achore en impétigo. Il y a plus, c>sl que sur la môme tête vous voyez, sur un point de l'eczéma, et sur un autre de l'impétigo. C'est la même affection qui, selon l'âge, selon l'intensité du mal ou son ancienneté, selon que tel ou tel élément cutané est plus spécialement affecté, prend les caractères de l'eczéma ou de l'impétigo ou des formes intermédiaires.
11 est donc bien inutile d'établir le diagnostic de ces formes entre elles, en tant qu'affections génériques ; la seule chose qui mérite toute votre attention, c'est le diagnostic, à la période d'exfoliation, de la scrofulide exsudative et des crasses^ delà même affection, et des croûtes parasitaires; mais ici, en même temps que nous établissons le diagnostic différentiel deraflection générique, nous entrons dans des différences de nature, c^est-à-dire que nous touchons à la solution de notre troisième problème.
Avant d'aborder cet important problème de la nature des affections cutanées, qu'il me soit permis devons dire un mot
if à t)E LA SCROFULE TÉGUMENTÀlRE.
seulement sur le diagnoslic de la scrofulide exsudalive consi* dérée comme affection générique.
On peut la confondre avec la scrofulide exsudative profonde; en traitant de cette dernière, je vous dirai à quels signes il vous sera facile de l'en distinguer.
La scrofulide sécrétante peut aussi, dans quelques circoostances particulières, être confondue avec une affection squameuse, le pityriasis ou le psoriasis. II faut avouer que, quand la scrofule sécrétante est passée à Tétat chronique et ne produit plus, pour ainsi dire, qu'une sécrétion épidermique, il devient difficile de la distinguer du véritable pityriasis; mais vous vous rappellerez que ce dernier est une affection dartreuse, et doit par conséquent en posséder les caractères généraux ; que, de plus, le pseudo-pityricLsis scrofuleux a été précédé de gourme, ce. qui n*a pas lieu dans le pityriasis ordinaire.
Quant au psoriasis, il vous sera plus facile de le distinguer de la scrofulide exsudative.... par son siège ; il est rare qu'il débute par la tête : le plus souvent les gouttes apparaissent d'abord sur le tronc ou les membres. N'oubliez pas que, dans le plus grand nombre des cas, on en observe sur les coudes et sur les genoux ; par la forme de l'éruption, qui a lieu en général par petites plaques arrondies; enfin, par la nature des squames, qui sont argentées, chatoyantes. Notez bien qu'il ne s'agit encore que du diagnostic de Taffection comme genre, et non de la nature de Taffection.
La scrofulide boutonneuse est rarement confondue avec une autre affection cutanée.
Eu raison de sa persistance et de Tapyrexie, le strophulus ne saurait être pris pour la rougeole boutonneuse. Le lichen des scrofuleux, bien que facile à reconnaître dans la plupart
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des cas, est peut-être, de toutes les variétés du lichen, celle qui peut, comme aiïection, vous embarrasser le plus dans son diagnostic. On voit, en effet, assez souvent le lichen scrofuleux se compliquer d'eczéma, et, dans d'autres circonslances, subir une véritable transformation eczémateuse. Les deux affections se fondent pour ainsi dire l'une dans l'autre. C'est à ces formes intermédiaires que M. Devergie a donné les noms de lichen eczémateux et d*eczéma lichénoîde ; elles sont propres à la scrofule.
Dans les cas ordinaires, il vous sera facile de distinguer le lichen de l'eczéma : la première affection siège au côté externe; elle s'accompagne de l'épaississement du corps papillaire de la peau» du rapprochement et de l'hypertrophie des papilles; s'il existe des squames ou des croûtes, elles sont minces, fragmentées, individuelles, en quelque sorte, pour chaque papule. La seconde affection siège au côté interne des membres, dans le sens de la flexion, sur le pli des articulations, à la partie antérieure du tronc; la peau n'est point épaissie, les squames ou croûtes ont plus d'étendue» le suintement est plus abondant.
L'acné scrofuleuse pourrait, à la rigueur, être confondue avec le prurigo ou le lichen ; mais la première affection est pustuleuse, tandis que les autres sont papuleuses : le volume des boutons n'est pas le môme. La coexistence presque constante des taimes avec les pustules d'acné contribue encore à dissiper les doutes.
La couperose a été prise pour un lupus ûbro-plastique. Il vous sera facile en général d'éviter Terreur. La rougeur vive ou violacée de la couperose n'est pas le rouge sombre du lupus; les tubercules Gbro-plastiques ne sont pas purulents au sommet, comme les indurations pustuleuses de la couperose.
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La scrofule érylbéraateuse, comme affection, donne bien rarement lieu à une méprise. Avec quoi pourriez-vous la confondre? Serait-ce avec Térysipèle? Mais la rougeur extensive et douloureuse de ce dernier, la fièvre, ne vou$ permettraient pas de commettre une pareille faute. — Avec Yeczema rubrumP Mais son extension, sa marche, l'éruption vésieu-* leuse, ne pourraient vous laisser un seul instantdans le doute. — Avec une induration scrofuleuse sous-cutanée? Mais ici rinduralion se fait sentir tout d abord, la rougeur de la peau est consécutive : c'est tout le contraire dans la scrofulîdc érylhémateuse.
Abordons le troisième et le plus important problème, celui de la nature des affections cutanées.
Dans Tune de mes premières leçons, je vous ai fait connaître les caractères communs des affections scrofuleuses, considérées dans tous les systèmes organiques ; le moment est venu de vous indiquer les caractères généraux des affections scrofuleuses de la peau, et d'abord des affections scrofuleuses primitives ou bénignes.
Les caractères communs des dartres scrofuleuses sont : la ténacité, la persistance dans le môme lieu, Tordre qu'elles suivent dans leur propagation» s'étendanl en général de la tète et des parties supérieures du corps aux parties inférieures-, leur prompte dissémination sur les diverses, régions du corps ; la modalité particulière du travail inflammatoire, qui est essentiellement sécrétant et suppuratif ou hypertrophique ; la participation des follicules et des glandes, et souvent aussi du tissu cellulaire sous-cutané à ce travail inflammatoire ; le retentissement sur les ganglions lymphatiques du voisinage ; l'absence de douleur et de prurit, ou tout au moins de ce prurit violent et permanent qui augmente par