SIGNES DES SGROFULIDES BÉNIGNES
lachalear du \iU et porte sans cesse le malade à se déchirer la peau avec les ongles; enfin, les traces qu'elles laissent après elles.
Le prurit ne dépend pas seulement de la nature de la maladie, mais encore du siège et du caractère particulier de ralTection ; si Tinflaramation s*étend aux couches profondes delà peau, il n^ya plus de prurit; lorsqu'elle ne dépasse pas les couches superficielles, il est d'autant plus vif qu'il y a moins de congestion et moins de sécrétion. C'est pour cela que le prurit est en général plus vif dans le prurigo et le lichen que dans le pityriasis et le psoriasis ; plus aussi dans le pityriasis que dans le psoriasis ; plus enfin dans l'eczéma que dans l'impétigo, où le travail inflammatoire a plus dMntensité locale. Mais notez bien que cela peut tenir aussi à ce que l'eczéma est plus souvent de nature dartreuse ou arthritique que l'impétigo.
Appliquons ces données générales aux affections en par* ticulier.
Je ne m'arrêterai pas au diagnostic des dartres scrofuleuses et des éruptions artificielles. Si, dans un cas donné, le doute pouvait s'élever dans vos esprits, si une affection cutanée, soupçonnée scrofuleuse, s'offrait à votre observation avec tous les traits d'une éruption artificielle, vous auriez à vous enquérir des antécédents, dont la connaissance viendrait aussitôt dissiper toutes vos incertitudes.
C'est donc à établir le diagnostic diflërentiel des scrofulides bénignes et des éruptions parasitaires et constitutionnelles que nous devons surtout nous attacher. Pour traiter ce sujet délicat, je réclame un instant votre attention la plus sérieuse.
Il y a, comme je vous le disais tout à l'heure, deux sortes BAim. 12
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tfaffeclions parasitaires : crilos que déterminent les animaux parasites et celles que produisent les végétaux parasites.
Les éruptions psoriques, par leur généralisation, pourraient en imposer, à la première vue, pour des dartres scrofuleuses; mais Tabsence de ces éru|)tions sur la télé, qui reste étrangère au mal, la multiplicité des éléments primitifs (papules, vésicules, ecthyma), le caractère particulier des démangeaisons, et, par-dessus tout, la présence des acares constatée par Texistence des sillons, et, au besoin, par le microscope, ne vous laisseraient que bien peu de temps dans le doute.
L'impétigo parasitaire du cuir chevelu est plus facile à confondre avec la scrofulide impétigineuse; mais Texistence de nombreux pediculi et Tabsence d'ulcérations sous les croûtes impétigineuses, contribueraient puissamment à faire cesser votre hésitation.
Les éruptions dermophytiques ressemblent bien davantage encore aux dartres scrofuleuses, et le traitement étant essentiellement différent dans les deux cas, vous devez comprendre de quelle importance il est pour vous de savoir par quels moyens vous pouvez arriver à une connaissance certaine de la nature du mal.
^ Parmi les végétaux parasites, il y en a deux surtout qui provoquent sur toutes les régions du corps, mais particulièrement à la tète, des éruptions analogues aux gourmes; vous devinez sans doute que je veux parler de Vachorion et du trichophyton.
Comment distinguer le favus de la gourme? Le diagnostic est facile dans les cas simples ; il n'en est plus de même dans les cas complexes. Le favus, au bout d'un certain temps, se
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complique de gourme scrofuleuse : c'est alors une afiection |)arasilaîre qui a éveillé le développement d'une affection scrofuleuse; ou bien le favus vient s'enter sur la igourme. Ce dernier cas est plus rare, parce que le champignon germe difficilement sous une croûte, et que les grattages de l'enfant, l'action répétée d'une brosse ou du peigiie^sur une tète malade, ne sont pas des conditions favorables à la germination de la plante parasite.
Que Texfoliation favique existe seule ou qu'il y ait un mélange de favus et de gourme, la question capitale, importante pour le diagnostic, c'est de constater l'existence du végétal. De sa présence, en effet, découle la nécessité d'un traite* ment que ne contre-indique jamais l'existence antérieure ou consécutive d'une gourme scrofuleuse.
N'allez pas croire qu^il soit toujours facile de reconnaître un favus du cuir chevelu. Dans un grand nombre de cas, soit à la consultation de Thôpilai Saint-Louis, soit ailleurs, je me suis vu obligé de faire mes réserves, d'ajourner mon dia* goostic; et» s'il en est ainsi pour moi, jugez des difficultés que doit éprouver le médecin ordinaire de la ville, inexpérimenté autant que Ton peut l'être en pareille matière, lorsqu'il est obligé de se prononcer sur la nature d'une éruption du cuir chevelu. Aussi, voyons-nous chaque jour se commettre les erreurs les plus graves dans le diagnostic et dans le traitement de ces éruptions, les opinions les plus étranges se faire jour sous le couvert de noms célèbres.
Vous rencontrerez tous les jours, dans Paris, ce foyer de lumières et de science, d'excellents praticiens qui vous diront sériéusemeot que le favus est une maladie légère, cédant aux émollienls, guérissaot par toutes sortes de moyens.
D*autres voient du favus partout ; ils épilent, et par notre procédé, de malheureux enfants atteints de gourmes scrofuleuses. J'ai encore en ce moment, dans mes salles, deux petites filles qui ont été les victimes de cette déplorable méprise.
Mais quelles sont donc les causes de ces erreurs si com« munes dans le diagnostic du favus ; d*où vient qu'un médecin instruit, exercé à l'étude des affections de la peau, n'osera pas se prononcer dans un cas particulier, et que l'homme incompétent n'hésitera pas à prendre une gourme scrofuleuse pour une vraie teigne ?
Ce qui embarrasse le médecin le plus habile à reconnaître les affections de la peau, le dermatologiste le plus expérimenté, c'est d'abord la coexistence et la confusion, sur une même tète, de plusieurs affections d'une nature essentiellement différente.
Je viens de vous le dire : le favus et la gourme peuvent se rencontrer ensemble -, j'ai, dans le service, un enfant qui porte sur la tète de la teigne tonsurante et de l'impétigo ; un autre du favus et de l'herpès; chez un troisième, vous trouverez de l'impétigo scrofuleux, du favus et de l'herpès. Cette double ou triple complication est déjà une des causes qui obscurcis* sent le diagnostic. Il y en a d'autres encore.
Les traitements plus ou moins intempestifs que l'enfanta subis en ville, et, dans quelques cas plus rares, les soins hygiéniques donnés par les parents, contribuent encore à rendre le diagnostic difficile chez les petits malades que l'on amènera notre consultation.
En effet, les topiques irritants enflamment les surfaces malades, font naître des pustules qui allèrent les caractères propres des affections parasitaires, et les soins hygiéniques,