‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 61 sur 131 · SIGNES DES SGR0PCL1DES BÉNIGNES. 19S · texte numérisé non relu

SIGNES DES SGR0PCL1DES BÉNIGNES. 19S

Le lichen arthritique se présente sous différentes formes» dont une seule, le lichen circonscrit, pourrait être confondu avec le lichen scrofuleux ; mais ce dernier n'est pas accompagné d'élancements, ses papules sont plus grosses, et il ne larde pas à se généraliser. Quant aux formes piloris et lividus, elles ne sauraient être prises pour des affections scrofuleuses. (Voir Leçotis sur Farthritis et la dartre ^ page 164.)

Le prurigo scrofuleux est à grosses papules, sans grandes démangeaisons et généralisé. A ces caractères, on le distingue facilement des prurigo dartreux et arthritique.

L'érylhème papuleux, d'origine scrofuleuse, a une marche lente, qui ne permet pas de le confondre avec Téry thème papulo-tuberculeux arthritique.

L'acné scrofuleuse a des variétés qui lui sont communes avec l'acné arthritique : ce sont les variétés indurata et rosea; mais, dans ces dernières, rougeur violacée, picotements ou élancements ; dans les premières, suppuration, épaississement hypertrophique et absence de démangeaisons, tels sont les signes qui serviront au diagnostic.

Reste donc seulement la scrofulide érythémateuse, dont l'une des variétés, l'érythème induré, offre de l'analogie avec une affection de nature arthritique, l'érythème noueux [erythema nodosum) ; mais, dans la première affection, la couleur est la môme sur toute l'étendue de la plaque, l'induration est égale, la pression est indolore; dans la seconde, la couleur offre les nuances de l'ecchymose, l'induration présente des nodosités, la pression est plus ou moins douloureuse. En terminant ce qui a trait au diagnostic, j'appelle votre attention sur la relation des affections cutanées avec les maladies constilutionnelles. Cette relation, on peut la for-

BAXllf. 13

i9à DE LA 8CR0PDLB TÊGUMBNTAIRE.

muler ainsi : les maladies constitutionnelles ont des affections communes, et chacune en particulier a des affecijons qui lui sont exclusivement propres.

La syphilis se distingue par la spécialité de ses affections; dans la scrofule, il y a des affections communes, les scrofulides bénignes, et des affections propres, les scrofulides malignes ; dans la dartre et dans Tarthritis, il n'y a guère que des affections communes.

2' Pronostic. — De toutes les affections scrofuleuses, celles dont je viens de tracer l'histoire sont les moins graves. Cependant il n'est pas rare de voir les scrofulides bénignes se transformer in situ en scrofulides malignes. Toutefois elles semblent, quand elles se sont généralisées ou qu'elles onl duré longtemps, mettre le sujet qui en a été atteint à l'abri des scrofulides profondes. J^ai vu maintes fois l'impétigo simple se transformer en scrofule cutanée maligne ulcéreuse, la couperose en lupus.

Les scrofulides primitives, toutes choses égales d'ailleurs, ne sont jamais aussi redoutables que les scrofulides secondaires ; elles ne détruisent pas, comme ces dernières, les tissus en profondeur, et, par conséquent, ne laissent jamais après elles les mêmes mutilations; elles ne se montrent pa<i, comme elles, aussi réfraclaires aux agents thérapeutiques; enfin, elles ne dénotent pas un état aussi avancé ni une forme aussi grave de la maladie scrofuleuse.

Les conditions hygiéniques et physiologiques dans lesquelles se trouve placé le sujet qui en est affecté, en modifient singulièrement le pronoslic. Ainsi, pour ne parler que de Tâge des malades, on peut dire d'une manière générale que les scrofulides primitives ont d'autant plus de gravité que le sujet est plus avancé en âge.

WOSOSTIC DES SC»0FCLI6ES BÉNICNB». 495

-ue ae celle^ri «„ pronotic favorable.

'^i iici..jrs r. ^ I , , . , "P^ ""« région velue, eue

.V.;;; Vd':; v?. '" ■•""^"^'^ "'^•"-"-. «ne pe„, ,^

'Ws.,...l;^".;j^'-"'*^' -propagera.» „h«.

- ' - - , d ^:- ^ 1- r • " ' * i- .^'---^ -. ^r ^ ^,. ^ "" '^' •'■^ »^r.e coa-

K-..-:-. - ^•'r:"''*••ï'^■^'^■•"--Pe,uelaJV>,H,.

---rr..a.,.^.,.,e. petite, plaques.,

!3^.if-. , . . .'""'"" •''■•'''■^* *"»•'<? tronc rnj l«

106 DE LA SCROPDLB TÉGUMBMTAIRB.

prévenir le développement des accidents ultérieurs de la scrofule.

Il y a même de l'avantage à guérir les gourmes, au point de vue de la conservation de la chevelure et de la santé générale ; car bien souvent il arrive, quand une gourme a duré longtemps, que la chevelure se trouve sérieusement compromise ou que çà et là on remarque, sur le cuir chevelu, des places tout à fait dénudées. L'abondance de la sécrétion humorale, la coexistence si fréquente de la vermine ou d'affections parasitaires avec les gourmes peuvent aussi, à la longue, porter une atteinte plus ou moins profonde à la santé générale de l'enfant.

Les différentes variétés de la scrofulide exsudative superficielle ne sont ni plus graves ni plus difficiles a guérir les unes que les autres. On a dit que l'eczéma résistait plus que l'impétigo ; ceci demande une explication.

Si l'on veut parler de Teczéma dartreux, je ne conteste pas sa plus grande ténacité -, mais il ne s'agit en ce moment que de l'eczéma scrofuleux, et je soutiens que ce dernier est tout aussi facile à guérir que l'impétigo ou Veczéma impétigineux.

Vous m*obî.eclerez, sans doute, que tous les jours, chez les enfants, nous voyons certains impétigo du cuir chevelu disparaître promptement sous l'influence de quelques soins de propreté; mais faites attention que, dans ces cas, vous avez affaire à l'impétigo purement parasitaire, et que, la vermine détruite, l'éruption pustuleuse disparaît d'ellemême.

La scrofulide boutonneuse est quelquefois très tenace. Un lichen généralisé disparaîtra promptement, par le badigeonnage, avec rhuile de cade \ mais il reparaîtra au bout d'un

TRAJTEMEIIT DES SCROFULIDES BÉNIGNES. 497

temps 1res court, si le traitement interne et externe nVst pas continue longtemps encore après la disparition de l'afTection ; chez les malades de nos hôpitaux, il arrive bien souvent que ces récidives sont provoquées par des grattages continuels ou par des frictions irritantes sur la peau, faites dans Tunique but d'amener, le retour de Faffection, et d'avoir ainsi un motif légitime de rentrer à l'hôpital. Les mères encouragent elles-mêmes leurs enfants à se gratter ainsi ; c'est un moyen commode pour elles, de s'en débarrasser en les plaçant dans les asiles de la charité publique.

L'acné scrofuleuse est une affection sans gravité, qui dispralt et reparaît souvent, comme le lichen, jusqu^à ce que Tâge ou une période plus avancée de la scrofule en ait mis pour toujours les malades à l'abri.

Mais les difTérentes variétés de l'acné ne sont pas toutes également légères. Les formes sebacea et rosea ont une bien autre ténacité que les formes mxliaris^ punctata^ indurata et molluscoïde.

NoD-seulement la couperose peut, comme je Tai dit, se transformer in situ en scrofulide secondaire, mais, par sa modalité patliogénique, elle résiste davantage au traitement topique et général dirigé contre elle. Toutefois, je dois le dire, quand les malades ont eu assez de patience et de persévérance, j'ai toujours vu, soit en ville, soit a l'hôpital, la couperose scrofuleuse céder aux préparations ferrugineuses ot iodurées, administrées à Tinlérieur, et aux applications répétées d'huile de cade ou d'huile de noix d'acajou, sur les parties couvertes de Téruplion acnéique.

Partie théraipe«tlq|ae. — Avant de soumettre un malade atteint d'une éruption cutanée a une médication (|uelconque. commencez par bien établir votre diagnostic^ Qt,

dans les cas douteux, allendez, avant d*agir, qu*un nouvel examen ou qu'un changement, survenu ultérieurement dans l'état de votre malade, vous ait permis d'éclairer tout ce qu'il pouvait y avoir d'obscur dans cette première et importante question du diagnostic.

La gourme scrofuleuse une fois bien reconnue, est-il toujours prudent d'en entreprendre la cure? Posée en d'autres termes, cette question, à laquelle il a été diversement répondu, ne saurait embarrasser personne. C'est comme si nous nous demandions, en effet, s'il faut attaquer la scrofule dès son principe, ou s'il vaut mieux attendre que le scrofuleux soit arrivé à une période plus avancée de sa maladie pour commencer le traitement. Évidemment, le précepte: Principiis obsta^ est applicable ici, ou il ne le serait jamais en médecine.

On conçoit que, sous le règne des théories humorales^ on ait pu donner le conseil de respecter les gourmes, dans lesquelles on ne voyait que des affections dépuratoires. Il ne saurait en être de même aujourd'hui, pour nous surtout, qui voyons dans ces éruptions le début ordinaire d'une maladie constitutionnelle.

Vous me dispenserez sans doute de vous parler du traitement hygiénique et préventif de la scrofule, de rallaitement des enfants prédisposés à cette maladie par la nature de leur constitution, du choix d'une nourrice et d'une habitation convenable, etc., tout cela rentre dans le traitement de la scrofule en général, et, pour le moment, je ne dois pas vous en parler. Je me borne à vous exposer, aussi succinctement que possible, les moyens internes et externes que réclame le traitement des scrofulides bénignes .

Un très grand nombre d'agents médicamenteux ont été

Page 1