TRAITEMENT OES SCROFULIDES BÉNIGNES
proposés, et tous comme des remède^ héroïciues, dans le trailement de la scrofule. L'or, le mercure, le soufre, Tanti* moine, etc., ont eu tour à tour le privilège d'obtenir les hon« oeurs de la vogue.
Je donne à deux de ces agents médicamenteux la préférence sur les autres, dans la première période de la scrofule. Le fer et l'iode sont d'une utilité incontestable, et pour guérir les accidents de la première période, et pour éloigner ou prévenir les accidents des périodes ultérieures de la maladie» Ainsi, toutes les préparations où il entre du fer et de l'iode, surtout les préparations sirupeuses, qui sont d'une administration plus facile chez les petits enfants, pourront être avantageusement employées. Le sirop antiscorbutique, dont les propriétés antiscrofuleuses paraissent tenir a l'iode que renferment les végétaux avec lesquels on le compose, le sirop de raifort iodé de Dorvaut, et, par-dessus tout, le sirop d'iodure de fer préparé d'après le procédé Dupasquier, telles sont les préparations auxquelles j'ai recours le plus habituellement.
La solution minérale iodo-phosphatée du docteur Uzac, convient aussi dans les scrofulides bénignes. Il me semble que rien n'empêcherait de composer, avec cette eau saline, un sirop ioduréet alcalin pour les petits enfants.
Tous ces sirops se donnent à la dose de 15 à 60 grammes par jour, suivant Tàge.
Beaucoup de praticiens prescrivent, dansla première période de la scrofule, et même à des enfants qui, sans être malades, présentent les attributs du tempérament lymphatique, l'huile de morue, à doses plus ou moins élevées. Je ne puis approuver cette pratique. Le sirop d'iodure de fer me paraît devoir être préféré à l'huile de morue, que l'on doit réserver pour com'
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battre les scrofulides malignes et les divers accidents de la scrofule osseuse (1).
Quant au tempérament lymphatique, je vous Tai déjà dît, ce n'est pas une maladie, et l'on n^est pas plus autorisé à diriger contre lui les anliscrofuleux qu'on ne le serait à combattre le tempérament sanguin par les émissions sanguines, ou le tempérament bilieux par les évacuants.
Comme adjuvants des préparations ferrugineuses et iodurées, nous donnons pour boissons à nos malades, dans le traitement des scrofulides primitives, les tisanes amères, celles de houblon, de gentiane, de fumeterre, de pensée sauvage, etc. J'administre un léger laxatif, l'huile de ricin, la manne, Teau de Sedlitz, tous les cinq ou six jours. Il me parait utile de débarrasser de temps à autre les premières voies ; c'est un moyen de stimuler les fonctions gastriques, et en même temps de provoquer l'absorption des remèdes internes.
Les auteurs ont précoriisé d'autres agents que je n'ai pas encore suffisamment expérimentés; je ne puis vous dire s'ils sont véritablement utiles dans le traitement des scrofulides bénignes : tels sont, par exemple, la feuille de noyer, la garance, la scrofulaire aquatique, le gland de chêne, etc. J'en dirai autant des eaux sulfureuses, telles que celles d'Enghien ou de Bonnes, qu'un grand nombre de praticiens prescrivent journellement contre les dartres scrofuleuses.
Toutes les éruptions cutanées primitives, d'origine scrofuleuse, cèdent aux moyens que je viens de vous faire connaître,
(1) Dans quelques cas de scrofulides béoigues rebelles aux moyens ordinaires de traitement, Je me suis bien trouTé de l'association du sirop de fer et de rbuile de morue. •
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quand ils sont aidés d'un bon régime et d'applications lopi* ques convenablement administrées.
Ce sont ces applications lopiques qui constituent le traitement externe ou local ; elles sont extrêmement utiles, et méritent, à cause de cela, de fixer un instant toute votre attention.
Le traitement local des scrofulides bénignes varie selon que l'aflection est sécrétante ou sèche, selon qu'elle est à marche aiguë ou à marche chronique.
La gourme scrofuleuse, non compliquée de parasites, ({uand elle se présente escortée par tous les symptômes d'une vive irritation locale, réclame tout d'abord l'emploi des émoilients et des résolutifs : les lotions avec des décoctions émoilientes ou légèrement styptiques, les décoctions de graines de lin, de pavot, de guimauve, d'orge et de miel, de gruau, seules ou additionnées de lait j si l'inflammation est un peu moins vive, on peut se servir d'une solution légèrement astringente, de ces mêmes décoctions, additionnées de miel rosat ou d'une infusion de cerfeuil, d'aigremoine, de racine de bistorte, etc. ; on fait prendre au malade, tous les jours ou de deux jours l'un, un bain de son, d'amidon ou de gélatine. On saupoudre les parties affectées, de fécule de pomme de terre, d^amidon ou de poudre de riz. On détache les croûtes par des applications de cataplasmes de fécule, de mie de pain, de farines résolutives. Si la gourme est compliquée de parasites, la première indication qui se présente à remplir, c'est de détruire le parasite, qu'il soit animal ou végétal. L'onguent napolitain ou le solutum de sublimé ou de sulfure de potasse est l'agent qu'on emploie le plus ordinaire»roentà détruire la vermine. Quant à la teigne, qui peut compliquer la gourme, j'ai formulé le mode de traitement à suivre
en pareil cas : on doit, sans plus larder, le mettre immèdiament à exécution.
Dès que les symptômes inflammatoires sont tombés, il faut recourir à Thuile de cade, que je regarde c mme le modificateur par excellence de toutes les dartres scrofuleuses.
L'huile de cade, pure et vraie [oleum à junipero), est d'une couleur brnn-rougeàtre , d'une odeur pénétrante, mais non repoussante. Il est nécessaire que vous en connaissiez les caractères physiques, pour la distinguer de Thuile de goudron ou de l'huile de cade impure, dont on se sert en médecine vétérinaire, qui est noire comme de l'encre, et que l'on vend, dans beaucoup de pharmacies, pour de l'huile de cade pure. Cette huile de goudron n'a pas, il s'en faut de ■ beaucoup, les propriétés thérapeutiques de la véritable huile de cade.
J'emploie l'huile de cade, dans les scrofulides, ordinairement pure, sans la couper avec l'huile d'amande douce, la glycérine ou tout autre véhicule.
Je l'applique au moyen d'un petit balai de charpie, que je promène légèrement sur les parties affectées. Dans les gourmes chroniques, dans les scrofulides boutonneuses, au lieu d'une onction, c'est une friction qu'il faut faire et souvent répéter à diverses reprises. Une minute ou deux après l'onction, on essuie avec un linge fin, par pression et non par frottement, la partie qui a été couverte d'huile de cade. On répète cette application tous les deux ou trois jours, suivant les cas. Dans quelques circonstances, il est nécessaire de mettre un plus long intervalle de temps entre les applications d'huile de cade.
Sur les régions velues , comment appliquer ce médicament?
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Faut-il en imprégner la chevelure? ne vaut-il pas mieux couper les cheveux ou rasT la tôle au préalable?
Lorsque l'enfant est jeune, on obtient facilementdes parents le sacrifice de la chevelure ; il n'en est plus de môme lorsque Ton a affaire à des demoiselles de seize à vingt ans ou à de jeunes dames de vingl-cinq à trente, qui tiennent par-dessus toute chose à conserver leur chevelure intacte. Quel parti prendre? Voici ce que j'ai l'habitude de conseiller en pareille occurrence :
Chez tous les enfants au-dessous de quinze ans, de l'un et de l'autre sexe^ quelle que soit l'étendue de la gourme scrofuleuse, je fais couper les cheveux à quelques millimètres du cuir chevelu, sur les surfaces malades, avant d'y appliquer riiuile de cade.
Cliez les garçons au-dessus de quinze ans, môme pratique. Sur les jeunes personnes du sexe, je n'exige en général le ^criûce momentané de la chevelure, que quand la gourme est très étendue, et qu'elle persiste malgré l'administration des topiques, faite au^si exactement que possible sur le cuir chevelu, à l'insertion des cheveux.
Je ne fais raser la tôte à diverses reprises que dans une >eule variété de la scrofulide exsudative, Vacne sebacea du cuir chevelu.
Le badigeon nage à l'huile de cade n'empôche pas la conspprsion des poudres résolutives et l'administration des bains d'amidon ou de gélatine. Quand toute sécrétion, quand toute trace de rougeur ont disparu, il faut cesser les applications d'iiuile de cade, et les remplacer, dans les cas d'eczéma ou d'eczéma impétigineux du cuir chevelu, par les onctions avec les pommades de calomel, de calamine ou d'oxyde de zinc, et, dans les cas d'acné sébacée, par les lotions de glycérine
OU les glycérolcs d'ammoniaque, de carbonate ou de chlorate de soude. On remplace alors aussi, avec avantage, les bains d*amidon ou de gélatine par les bains gélatino-sulfureux, les bains d*eaux sulfureuses naturelles ou artificielles mitigées d'abord, et que Ton administre ensuite à l'état de pureté.
Sur le tronc et les membres, vous traiterez de la même manière les différentes variétés de la scrofulide exsudativc. Les scrofulides boutonneuse et érythémateuse n'exigent pas d'autre traitement que celui deia scrofulide exsudative.
Les affections papuleuses aiguës réclament aussi, dans le principe, les bains émollients et gélatineux ; plus tard, les frictions avec l'huile de cade et les bains sulfureux et alcalins, les bains de sel ou les bains de mer.
Enfin, les différentes formes de l'acné et les scrofulides érythémateuses cèdent généralement à l'emploi des mêmes moyens thérapeutiques. Il est rarement nécessaire de recourir à des modificateurs plus énergiques (1).