MARCHE ET DURÉE DES SCROPIXIDES MALIGNES
menl toutes les variétés ; ici, au contraire, c'est à la scrofuliJe, qui débute par l'élément simplement inflammatoire, que Ton a le plus ordinairement affaire. Ainsi, on y rencontre plussouvent qu'ailleurs le rupia etTecthyma scroruleux,rim'* petigo scabida de nature scrofuleuse.
Aux membres, nous voyons reparaître, comme à la face, uoe proportion à peu près égale de scrofulides uloéreuae» inflammatoires et de scrofulides ulcéreuses fibro-plas tiques. Cestau voisinage des articulations, et notamment sqr la face dorsale des doigts et des orteils, qu'on a le plus souvent occa* sion de les rencontrer. Les symptômes sont les mêmes qu'à la face. Elles s^accompagnent de la tuméfaction des membres et des articles, empêchent les mouvements, la flexion des phalanges, la préhension des objets quand elles siègent sur les doigts, produisent la claudication quand elles siègent sur les membres inférieurs, et sont très souvent suivies, après guérison, de la pseudo-ankylose des articulations afl'ectées, de Fatrophie, de Tincurvation et du raccourcissement des doigts et des orteils, qui, dans quelques cas, paraissent comme ratatinés.
Marche, durée^ terminaisons de la scrofulide maligne. — En général, la scrofulide maligne a une marche lente et une durée fort longue. Ce que je dis là s'applique à toutes les formes de la scrofulide maligne, même à la scrofulide crustacée-ulcéreuse. Toutefois, dans certaines circonstances, celte dernière revêt un caractère phagédénique, et marche avec une rapidité désespérante. Si la scrofulide est simple- Rienl inflammatoire, les ravages ne s'étendent pas au delà de la peau et des parties molles ; si elle est fibro-plastique, l'aftection gagne de proche en proche les partiçs molles et les
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OS. La carie des os se produit et marche avec une rapidité vraiment effrayante.
On a, comme vous le savez, donné à ce lupus le nom de lupus vorax. Son siège ordinaire est la face, et en moins d^un mois ou de six semaines le nez est complètement rongé, les lèvres détruites. On voit, entre les ouvertures nasales, le vomer el la lame perpendiculaire de Vethmolde se raccourcirde jour en jour sousTinduence du travail destructeur des os. La langue se détruit par parties, et bientôt se trouve réduite à un moignon informe placé au fond de l'antre qui représente la bouche et les fosses nasales réunies, par suite de la chute des dents et de la destruction de la voûte palatine. Le plancher derorbile ne tarde pas à s'écrouler, et les globes oculaires tombent, retenus seulement par les nerfs optiques, auxquels ils se trouvent appendus comme à deux cordes
Qui pourrait croire que, dans un état aussi misérable, les malades atteints de ce lupus vorax sont encore accessibles à la crainte de la mort. J'ai vu un de ces malades qui tremblait de tous ses membres pour avoir pris, par mégarde, ralcoola* ture de ciguë qui était destinée à Tun de ses voisins ; un autre malade, voué au même sort» qui redoutait, par^dessus toute chose, la tontagion cholérique.
Les malades parvenus à ce degré de ta scrofulidc maligne Sont ordinairement enlevés par une phlegmasie ultime, assez souvent par une pcricarditeou une pleurésieavec épanchemcnl»
Tandis que la scrofulide ulcéreuse flbro-plaslique aboutit à la carie des os, la scrofulide tuberculeuse fibro-plastique, avec hypertrophie, détermine un autre genre d'altération du système osseux. Le tissu fibro-plaslique se produit non-seulement dans la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, intermusculaire, dans 1rs articulations, mais encore dans les
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cavités môduJiaires des os ; puis les produits déposés dans ces cavilés, au Tur el à mesure qu'ils augmentent de volumef distendent les parois de Tos en les amincissant. De là un véritable spifM'ventosa»
Ainsi, la scrorulc maligne, par ses progrès, amène la détérioration générale de l'individu et la mort ; elle peut rester & peu près slationnaire, ne faisant que des progrès fort lents, pendant quinze et vingt ans, ou enfin se terminer par résolution, sans que Tart intervienne, par suite du seul bénéfice de la nature. Ajoutons tout de suite que cette heureuse terminaison e:àl rare, et que, quar>t aux explications physiologi-* quesqui ont été données par les auteurs, elles sont nulles et de nulle valeur. La résolution spontanée des scrofulides mali* gnes est un effet de l'évolution naturelle de la scrofule. C'est tout simplement le résultat d'une loi par suite de laquelle les accidents scrofuleux disparaissent dans l'ordre où ils se sont manifestés au fur et à mesure que de nouveaux accidents se produisent.
Association des diverses formes de la scrofulide mahgne. — Ses rapports avec les autres accidents scrofuleux. — Les deux tiers, les trois quarts peut-être des scrofulides malignes ont été précédées de scrofulides bénignes , de gourmes, d'impétigo, d'ophlhalmie et d'engorgements gan* glionnairei ; beaucoup coexistent avec des ophthalmies, des engorgements glandulaires, des caries. On peut aussi, sur le même sujet, voir de la scrofulide ulcéreuse à la face et de la scrofulide tuberculeuse sur le tronc et les membres. Toutefois il est bien rare de trouver sur le même sujet, ici de la scrofulide inOammatoire, et, sur une autre région, delà sçro^ fulidc fibro-plastique, '*
J*ai déjà dit qu'il ne fallait pas confondre rnlcération individuelle des tubercules fibro-plasliques, ulcération qui, en générât, ne s*étend pas au delà du tubercule, avec la scrofulide ulcéreuse, qui ronge et tubercules et parties saines de la peau et des tissus sous-jacents.
Enfin, je dois vous rappeler encore les transformations des scrofulides bénignes en scrofulides malignes. La couperose, Ferythema papulatum, peuvent se transformer in situ en scrofulides fibro-plastiques ; l'impétigo et l'eczéma impétigineux en scrofulides ulcéreuses profondes.
Partie étiolosique. — La scrofulide maligne débute d'emblée ou succède à la scrofulide bénigne. Dans Timmense majorité des cas, elle s'établit d'emblée.
Le plus habituellement, elle se manifeste sous la seule influence de la diathèse morbifique.
On ne la voit pas indistinctement survenir à tous les âges de la vie ; elle apparaît d'habitude entre quinze et vingtcinq ans.
On a dit qu'elle était plus fréquente dans le sexe féminin. Cette assertion n'a pas été étayée de preuves suffisantes.
Ne vous attendez pas à trouver, sur les sujets atteints de lupus, les traits ordinaires du tempérament lymphatique. Le tempérament qui prédispose le plus au lupus serait, d'après mes observations, le tempérament sanguin. Quanta la scrofulide maligne inÛammatoire, c'est autre chose. Sur les sujets qui en sont alTectés, on retrouve les attributs ordinaires du tempérament lymphatique.
Les agents physiques et mécaniques n'ont qu'une bien faible part dans la détermination des accidents propres de la scrofule secondaire.