‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 67 sur 131 · TRAITEMENT DES SGR0FUL1DES MALIGNES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES SGR0FUL1DES MALIGNES

Si là scrofulide maligne est répandue sur diverses parties du corps, si elle occupe une grande surface, on ne peut cautériser, en une seule fois, toute retendue des parties affectées. J'ai vu des accidents fort graves, et môme la mort, survenir presque immédiatement après ces cautérisations imprudentes. Aussi je n'hésite pas à vous donner le -conseil lie ne jamais appliquer un caustique dangereux ou par son action cautérisante, ou*par ses propriétés toxiques, sur une surface ayant plus de ô à 6 centimètres de diamètre, que cette surface existe sur une seule partie ou bien qu'elle soit fractionnée et formée abstractivement de la réunion des divers points sur lesquels il est nécessaire d'appliquer le caustique.

Ainsi, dans les cas de scrofulides malignes très étendues ou très nombreuses, les cautérisations seront partielles et successives.

Dans l'intervalle des cautérisations, je fais laver les parties malades avec une décoction ou une infusion de plantes éniollientes, s'il existe une réaction inflammatoire un peu vive; dans le cas contraire, si les chairs sont blafardes, je recommande les lotions slyptiques, stimulantes, avec la teinture de myrrhe, d'aloès, le vin aromatique, la liqueur de Labarraque, ou bien encore avec Teau de goudron, l'eau distillée de bourgeons de sapin, l'infusion de matico (feuilles du Piper ongustifolium de la Flore péruvienne), etc.

J'ajouterai encore, à ces moyens déjà si nombreux, d'autres topiques qui m'ont souvent rendu de bien grands services dans le traitement des scrofulides malignes. Je veux parler delà glycérine pure ou étendue d'eau, seule ou chargée de principes médicamenteux. Vous avez pu voir, dcgis nos salles, un lupus tuberculeux de la face qui a été remarquablement

ibh Dtt LA SCtiOt^ULE TÉGtJlIBNTAtRfi.

amélioré par l'applicalion» répélcc chaque jour deux ou trois fois, d'un glycéroléde tannin.

Enfin, chez un autre malade, T irrigation froide de la face, continuée pendant environ six ou huit heures sur vingtquatre, a eu, sur la scrofulide maligne, la plus heureuse influence.

3» Moyetis thérapeutiques indiqués par chaque affeciim efi particulier, — Commençons par les scrofulides ulcéreuses.

Les scrofulides ulcéreuses inflammatoires, par cela même qu'elles sont moins graves et guérissent plus vite que les scrofulides ulcéreuses fibro-plastiques, qu'elles ne sont pas, comme ces dernières, compliquées de produits morbides, hétéromorphes, réclament moins impérieusement Temploide caustiques énergiques.

On se bornera à l'administration des remèdes internes et à quelques applications topiques fort simples, comme la conspersion de poudre de riz ou d'amidon dans le rupia et i'ecthyma scrofuleux. La croûte est ici le meilleur topique.

L'impétigo rodens, ainsi que toutes les scrofulides malignes pustuleuses de la face ou d'une autre région, demande à être modifié par des agents appropriés, dans le but de changer la nature ulcéreuse de l'inflammation. Le caustique que j'emploie de préférence ici, c'est la teinture caustique d'iode, préparée d'après la formule de Lugol. Ce soluté contient une partie d'iode et d'iodure de potassium sur deux parlies d'eau distillée. On l'applique sur l'ulcère, après avoir au préalable fait tomber la croûte à l'aide d'un cataplasme, au moyen d'un petit pinceau de charpie imprégné de cette teinture. On répète cette application tous les quatre ou cinq jours, jusqu'à parfaite cicatrisation.

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Si la teinture saturée d'iode amenait une inflammation trop grande des parties alfeclées, si son application était suivie d*une douleur trop vive, on pourrait la rendre moitié moins forte, en doublant la quantité proportionnelle d'eau distillée, celle de l'iode et de l'iodure de potassium restant la même.

C'est encore la teinture caustique d'iode et quelquefois le biiodure de mercure en pommade, dans la proportion d'un tiers ou de moitié de l'excipient, qui nous servent à cautériser les surfaces ulcérées de la scrofulide maligne fibroplastique.

Le solutum saturé d'iode doit être appliqué sur toute l'étendue de l'ulcère, aussi bien sur la peau que sur les muqueuses, quand celui-ci anticipe sur le tégument interne.

Mais avant tout^ je ne saurais trop le répéter, établissez bien votre diagnostic, et rappelez-vous que le nez, siège de prédilection du lupus, est aussi le siège de prédilection du cancroïde et de Tulcère sébacé.

Vous trouverez, dans votre pratique, beaucoup de sujets affectés A^aaie sebacea du bout du nez qui auront été pris pour des lupus par des praticiens peu expérimentés, ou tout au moins peu familiers avec le diagnostic des afiections de la peau. On s'empresse d'appliquer des caustiques, souvent très énergiques, sur le nez, et Ton fait ainsi de Vacne sebacea nu ulcère interminable, tandis qu'en cessant les caustii|ues et lavant les surfaces ulcérées avec Teau ferrée, on arrive en très peu de temps à la guérison du mal. Vous reconnaîtrez Tacné à ses caractères propres sur le pourtour <ie l'ulcère ; de petites croûtes jaunâtres ou noirâtres, sous lesquelles apparaissent les orifices dilatés des conduits sébifcres.

Qiianl au noli me tangere, j*ai déjà parlé de son diagnostic ; je n'y reviendrai pas à propos du traitement, je me bornerai à vous recommander, comme le meilleur caustique en pareil cas, la poudre arsenicale de Dupuytren (i partie d*acide arsénieux pour 09 parties de calomel ou d*amidon).

Quand la scioFulide cruslacée-ulcéreuse fait de rapides progrès et prend les caraclères du lupus vorax, qu'y a-l-il a faire? En pareil cas, j^ai tout essayé, mais jusqu'à présent je ne suis arrivé à aucun résultat.

Quand l'ulcère est saignant, couvert de granulations ou de fongosilés, je substitue avec avantage a la teinture d'iode le solutum de perchlorure de fer à 35*", qu'on applique de la même manière, a Paide d'un pinceau de cbarpie, sur toute rétendue des surfaces ulcérées.

Les scrofulides malignes tuberculeuses exigent quelques moyens spéciaux.

Si vous avez affaire à de la scrofule cutanée tuberculeuse inflammatoire, il vous suffira, dans la plupart des cas, de prescrire des frictions avec une pommade de ciguë ou d'iode.

Le lupus tuberculeux, quand il se présente par groupes et sur des surfaces très étendues, doit être attaqué par les caustiques, et, parmi ces caustiques, c'est à Thuile de noix d'acajou que je donne la préférence dans ce cas particulier.

Vous connaissez le produit qui résulte de l'expression du péricarpe de la noix d'acajou {^Anacardium occidentale) : c'est une huile épaisse, brunâtre quand elle est congelée, et l'hiver elle se présente toujours sous cet état. Dans le commerce , vous la trouverez rouge et toujours liquide ; mais alors elle n'est pas pure : elle est mêlée à l'huile d'amandes douces, et n'a plus des propriétés caustiques aussi prononcées.

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