TRAITEMENT DES SCROFULIDES MALIGNES
Je dois la connaissance de celle huile a mon ami le docteur Patin, qui a eu l'obligeance d*en mettre a ma disposition assez pour rexpérimenter sur une grande échelle, pendant deux ans. Depuis que j'en suis privé, je m'aperçois que je ne guéris plus, dans le même espace de temps, un aussi grand nombre de lupus. C'est vainement que, pour la remplacer, j'ai employé la teinture d'iode» le biiodure de mercure, etc.; tous ces caustiques sont loin d'être aussi effica ces que rhuile d'acajou.
L'action de l'huile d^ acajou est analogue à celle de la cantlmride. On obtient quelquefois, au bout de six a huit heures, et toujours après vingt-quatre heures au plus tard, une vésicalion qui diffère de celle produite par les cantharides, en ce que l'épiderme est soulevé, non pas par de la sérosité pure, maispar une sérosité purulente. Son application est, en général, suivie d'une douleur hioins forte que celle du vésicatoire, mais tout aussi durable.
Sur le lupus, l'huile d'acajou produit une action encore plus énergique que sur la peau saine. Un trouve, au bout de vingt-quatre heures, la partie couverte d'une véritable eschare, tout à fait analogue à une feuille de parchemin. Si la couche d'huile a été fort mince, si le malade s'est empressé de l'enlever quelques minutes après son application, l'eflet est le même que sur la peau : vésication, épidcrme soulevé par une sérosité purulente.
L'eschare mince, parcheminée, formée par Thuile d'acajou, se détache en quelques jours, sans laisser de plaie, dans le plus grand nombre des cas. Les tubercules du lupus sont moins rouges et moins saillants, et, au bout de huit à dix jours , on peut réappliquer sur la même partie une nouvelle couche du mémo topique. On répète les applications
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jusqu'à ce qu'on ne sente plus dans la peau les noyaux tuberculeux.
Le caustique de Canquoin ou la pâte de Vienne ne seraient utiles que dans le cas où quelques tubercules isolés de lupus auraient résisté aux applications répétées de teinture d*iode ou d'huile de noixd^acajou.
Dans le lupus hypertrophique, j'emploie avec avantage les frictions avec la pommade de ciguô sur les empâtements cellulaires, et les applications d'huile d'acajou sur les tubercules circonférenciels. Il peut être utile de recourir à rinstrumenl tranchant dans les lupus éléphantiasiques qui gênent l'exercice de certaines fonctions. C'est ainsi qu'étant médecin de l'hôpital de Lourcine, j'ai cru devoir pratiquer l'amputation partielle des grandes lèvres sur une jeune femme affectée d'un lupus hypertrophique de la vulve.
Dans le molluscum, je fais frictionner plusieurs fois par jour les petites tumeurs avec la pommade de ciguë, j'excise les grosses avec l'instrument tranchant.
Les scrofulides érythémateuses n'exigent pas d'autres moyens que les scrofulides tuberculeuses. Les meilleurs modificateurs sont encore ici l'huile de cade, et surtout l'huile d'acajou. Je n'ai pas retiré, de l'emploi répété du perchlorure de fer, tout le succès que j'en attendais.