‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 69 sur 131 · SCR0PUL1DE8 DES MEMBRANES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

SCR0PUL1DE8 DES MEMBRANES MUQUEUSES

la membrane tégumenlaire est couverte d'un épithélium analogue a Tépiderme cutané; dans l'autre, cet épithélium n'existe pas. La première contribue à former l'enveloppe périphérique : son organisation la rapproche de la peau. La seconde partie est la portion profonde du tégument interne ; c'est une dépendance des viscères, un élément splanchnique dont les aflections morbides ne sauraient être séparées des altérations viscérales.

Je n'ai donc avons parler, pour le moment, que des affections scrofuleuses qui siègent sur les membranes muqueuses les plus rapprochées de la peau.

Vous comprenez facilement que nous devons retrouver sur les muqueuses un très grand nombre d'affections, soit bénignes, soit malignes, communément observées sur la peau, et aussi des affections nouvelles, puisque, dans l'organisation des muqueuses , il entre des éléments anatomiques communs aux deux membranes et des éléments anatomiques propres à chacune d'elles. Ainsi le catarrhe est une affection propre à lu membrane muqueuse, le lupus est une affection commune aux membranes muqueuses et à la peau.

Nous avons admis dans les scrofulides cutanées deux ordres d'affections : les unes, primitives ou bénignes; les autres, secondaires ou malignes. Ces deux ordres, nous les retrouvons aussi dans les scrofulides des membranes muqueuses; mais plus souvent encore qu'à la peau, l'affection maligne et profonde n'est que la suite de l'affection primitive et bénigne. C'est ce qu'il vous est facile d'observer tous les jours sur l'œil qui, pendant un temps souvent fort long, reste atteint de blépharite glandulaire ou de conjonctivite granuleuse, quand, à une époque plus avancée de la maladie, vous le voyez soudainement pris de kératite profonde, bien-

loi suivie d*une perforalion de la cornée, entraînant la sortie de Thumeur aqueuse et la hernie de Tiris.

Je vous parlerai d^abord des scrofulides catarrhales, puis des scrofulides éruptives.

Le catarrhe est une affection précédée ou accompagni^c d'inflammation, consistant essentiellement dans une modification pathologique de la sécrétion des membranes muqueuses. Il joue, sur le tégument interne, le rôle que joue la scrofulide exsudative sur le tégument externe.

Mais tout catarrhe est-il une aflection constitutionnelle? Ne devons-nous pas reconnaître des catarrhes idiopathiques? Je dirai de ces affections ce que j*ai dit des pseudo-exanthèmes. Dans l'état actuel de la science, il me paraît difGcile de faire disparaître complètement les catarrhes, comme maladies, des cadres nosologiques. Toutefois il faut reconnaître que dans Timmensc majorité des cas, le catarrhe n*est qu'une traduction sur les muqueuses d'un état morbide constitutionnel.

Partie nosofrn^phiqae. — Les auteurs ont, comme vous le savez, partagé la syinptomatologie générale du catarrhe en trois périodes :

Première période (imUiiye), caractérisée par la sécheresse de la muqueuse, due a la suspension de la sécrétion normale, par les caractères locaux de toute inflammation (rougeur, chaleur, tuméfaction), par une sensation douloureuse plus ou moins prononcée de titillation, de démangeaison ou de pression analogue à celle que produirait le contact d'un corps étranger, enfin par le (rouble fr)nctionnel des organes

Page 1