SGR0FUL1DES CATARRHALES
quisontic siège du catarrhe. Ainsi, la vue est plus ou moins altérée dans le catarrhe oculaire, Tuudilion dansTotitecalar* rhale, Toiraction dans le coryza, etc.
Deitxième période. — Sécrétion d'un fluide incolore, limpide, comme séreux, qui irrite, enflamme, excorie les parties sur lesquelles il coule. De là Téry thème des paupières et des joues dans l'ophthalmie, le gonflement de la lèvre supérieure et la tuméfaction inflammatoire des ailes du nez dans le coryza, la rougeur et l'excoriation des petites lèvres et du gland dans le catarrhe génito-urinaire, etc.
Troisième période» — Le fluide sécrété change de nature, devient opaque, puriforme, en même temps qu'il perd de ses qualités acres.
A ces phénomènes locaux de toute affection catarrhale il faut ajouter, pour Tétat aigu, quelques symptômes de réaction fébrile : malaise, frissonnements suivis de chaleur à la peau et de fréquence du pouls , d'urines sédimenteuses, d'inappétence, etc.
Cette symptomatologie du catarrhe, ai-je besoin de vous le dire, n'appartient pas plus à la scrofule qu'à toute autre maladie constitutionnelle; ce que je dois particulièrement vous faire connaître ici, ce sont les modifications qu'elle présente chez les scrofuleux, soit qu'on la considère d'une manière générale, abstraction faite du siège de l'affection, soit qu'on l'étudié sur chaque membrane muqueuse en particulier.
Appliquez aux catarrhes ce que j'ai dit des éruptions cutanées de nature scrofuleuse, et vous posséderez toute l'histoire de la symptomatologie spéciale des catarrhes scrofuleux : ténacité et longue durée de l'affection ; tendance pyogénique ^ engorgement, induration des tissus sous-jacents ; production de granulations, defongosités, de végétations verruqueuses ou
polypeuses, à ]a surface des membranes enflammées *, enfin, retentissement de Tinflammation sur les ganglions lyoïphatiques compris dan^ la sphère d'action des parties afTectées: tels sont, dans un cas comme dans Tautre, dans les scrofulides cutanées exsudatives aussi bien que dans les scrofulides catarrhales des membranes muqueuses, les caractères à Taide desquels vous parviendrez toujours à distinguer l'inflammation de nature scrofuleuse, qu'elle ait son siège, je le répèle, sur le tégument externe ou sur le tégument interne.
La marche du catarrhe scrofuleux mérite surtout de fixer toute votre attention. Ou l'inflammation scrofuleuse se montre d'emblée avec tout le cortège de ses caractères propres, ou longtemps a l'avance elle a été précédée d'une ou de plusieurs inflammations simples, traumatiques ou spontanées, que la constitution du sujet et ses antécédents pouvaient seuls faire craindre de voir reparaître, au bout d'un temps plus ou moins long.
Le catarrhe scrofuleux est aigu ou chronique : le plus souvent il se présente sous ce dernier état, soit d'emblée, soit après avoir passé d'abord par l'état aigu.
Une fois bien établie, la scrofulide calarrbale reste assez souvent stationnaire, sans faire de progrès sensibles, avec des rémissions et des exacerbations qui ont le plus souvent lieu vers le soir. Plus rarement, on voit le catarrhe scrofuleux disparaître pour un temps et revenir en quelque sorte périodiquement, à des intervalles de temps plus ou moins rapprochés.
Nous avons vu la scrofulide catarrhale alterner avec la scrofulide exsudative cutanée. C'est elle assez souvent qui ouvre la scène de la scrofule; mais, plus souvent encore, elle a été précédée de gourmes. Enfin, elle existe seule ou
SCROFULIDES GATAUHHALES. 26S
compliquée des autres accidents de la scrofule primitive ou secondaire.
Comment se termine le catarrhe scrofuleux ? Ordinairement par la résolution, qui arrive comme dans toutes les autres variétés de catarrhes, mais en général bien plus tardivement. J'ai remarqué, comme la plupart des auteurs qui ont écrit snr les catarrhes scrofuleux, que la guérison, après avoir été demandée en vain, pendant un temps fort long, aux traitements les plus variés et les plus énergiques, survenait quelquefois tout a coup, sans qu'il fût possible de connaître les causes d'un changement aussi remarquable et aussi inattendu dans l'état du malade.
La scrofulide catarrhale, si superficielle et si simple qu'elle soit d'ailleurs, laisse assez souvent après elle des traces de son passage, comme des taches cicatricielles sur la muqueuse, un épaississement du tissu sous-muqueux, d^ofi le rétrécissement des cavités que tapisse la membrane et le trouble fonctionnel des organes qui en sont le siège.
La résolution pure et simple n'est pas le seul mode de terminaison propre à la sôrofulide catarrhale, qui ne cesse quelquefois que pour être remplacée par un autre mode inflammatoire, comme l'éruption pustuleuse, par exemple.
Quelles sont maintenant les particularités que présente TinflammatioD catarrhale sur chacune des parties du système muqueux chez les sujets affectés de scrofule?
Toutes les membranes muqueuses ne subissent, ni au même degré, ni aussi fréquemment, Tinfluence de la dia- Ihèse scrofuleuse. Voici à peu près, sous le rapport de la fréquence des atteintes, l'ordre dans lequel elles doivent être placées:
1** La conjonctive ;
26& DE LA SCROFULE TÉGUIIliNT.VlRE.
2* La piluiiaire ;
S"" Les membranes auriculaires ;
4* Celles de TaiTière-bouche -,
5* La muqueuse génito-urinaire.
Les scrofulides catarrhales des membranes muqueuses des bronches cl de l'intestin ne sont pas rares sans doute, et si quelques-uns d*entre vous s'étonnaient de ne point les voir figurer sur celte liste, je leur rappellerais qu'il ne s*agit en ce moment que delà scrofule extérieure ou périphérique, el que les catarrhes des bronches et de Tintestin se rattachent plus spécialement à la scrofule interne ou viscérale.
Je vais passer successivement en revue chacune de ces inflammations catarrhales, en vous prévenant d'avance que je ne veux pas en faire une hisloire complète. Il me suffira d'attirer votre attention sur les points les plus saillants, les plus utiles pour le diagnostic.
1^ Catarrhe scrofuleux de la conjonctiTe.
L'ophthalmie scroruleuse des auteurs comprend des états morbides très différents les uns des autres, mais qu'on peut cependant rattacher à deux groupes d'inflammations scrofuleuses. Le premier groupe renferme toutes les inflammations superficielles de l'œil, en y comprenant celles des paupières, des glandes de Meibomius, des voies lacrymales ; elles sont en général catarrhales et résolutives ; vous les observez particulièrement dans nos salles d'.enfants, seules ou accompagnées des autres accidents de la scrofule primitive. Le second groupe se compose d'inflammations plus profondes» pustuleuses, suppuratives, uleératives; elles ont leur siège sur la cornée et l'iris ; vous les rencontrerez sur des sujets plus
OPIITHALMIË SGROFULEUSE CATARIIHALE. 265
avancés en âge, seules ou avec les accidents de la scrofule secondaire. L'un de nos malades, atteint d'une scrofulide maligne inflammatoire, a été pris d'une ophthalmie violente, a?ec production d'une pustule qui a perforé la cornée de part eo part. Sur un autre, affecté de lupus de la face, il est survenu de l'iritis avec formation de pus sur la face antérieure (lu segment inférieur de cette membrane. Ainsi, dans le cours de la scrofule secondaire, vous ne sauriez trop redouter Pophlbalmie, parce que cette inflammation participe ordinairement du caractère malin, qui est propre à toutes les affections cutanées de cette période de la maladie.
Le catarrhe de Tœil débute le plus souvent de cinq à dix ans chez les sujets scrofuleux ; quelquefois beaucoup plus tôt, d'autres fois plus tard. Il s'établit spontanément, avec les caractères qui lui sont propres, sous la seule influence de la diathèse scrofuleuse, ou bien il est précédé d'ophthalmie traumatique ou exanthémateuse. Dans la plupart des cas, il commencp. par le bord libre des paupières ; Tinflammation se propage aux follicules ciliaires. Les cils s'atrophient, tombent et repoussent partiellement, fins et décolorés; ils se dévient, se dirigent du côté de l'œil et irritent la conjonctive. Les paupières sont rougeâtres , chassieuses, parfois le siège d^un léger œdème. Il se forme des croûtes et des ulcérations sur les bords des paupières. Cette blépharite catarrhale est souvent accompagnée de granulations, d'orgeolet, de dacryocystite et de tumeur lacrymale.
Mais l'inflammation catarrhale ne reste pas bornée aux paupières; elle gagne la surface du globe oculaire; la conjonctive devient rouge, boursouflée, granuleuse ou fongueuse, quelquefois couverte de véritables végétations (nous en avons eu un remarquable exemple au pavillon Gabrielle). Le produit
266 DE LA SCaOFULE TÉGUMCriTAlllE.
sécrété est un muco-pus assez abondant, qui couvre la surface de rœil. Parvenue à ce degré, Tophthalniie catarrhale se complique presque toujours de kératite ; il y a de la photophobie, du larmoiement, une sensation de corps étrangers, de sable ou de graviers entre l'œil et les paupières, ou même des douleurs vives et piquantes. La cornée devieui louche et s'opacifie ; parfois elle se couvre de granulations, de petites dépressions en forme de facettes ou de petits ulcères qui n^intéressent'que les lames superficielles de celle membrane.
La marche du catarrhe oculaire, chez les scrofuleux, n a rien de fixe. Assez souvent il affecte en commençant une marche périodique. Dans les premières attaques» rinflaoïroation cède facilement, quels que soient d^ ailleurs les moyens thérapeutiques mis en usage ; mais plus tard elle résiste aux traitements les plus énergiques, devient stationnaire ou ne présente plus que des rémissions ou des exacerbations quotidiennes, et parfois de temps à autre des poussées fluxionnaires dont il est difficile de connaître les causes.
Je ne puis vous indiquer, même d'une manière approximative, quelle est la durée de Tophthalmie catarrhale des scrofuleux.
Cette ophthalmie se termine le plus souvent par résolution; mais elle laisse très communément après elle des traces de son passage sur l'œil : absence de cils, entropion, taies sur la cornée
2* Coryta scrofblenx.
Gomme le catarrhe oculaire, le catarrhe nasal des scrofuleux s'établit de deux manières : il succède aune ou plusieurs attaques de cory^ ai^u, ou bien, et le plus souvent, il se
RHINITE ET OTORRHÉK SGROFULEUSES. 267
montre d'emblée à Télat chronique ; il est simple ou compliqué d*impétigo des ouvertures nasales.
N'allez jpas confondre cet impétigo» qui si souvent existe seul, avec TaSection catarrhale : ce sont la deux lésions bien distinctes, et si leur fréquente coexistence rend les altéralions du nez plus communes dans la scrofule que les altéra* lions des yeux, il n^en est pas moins vrai que le coryza scrofuleux, pris séparément, est bien moins ordinaire dans celte maladie que la conjonctivite catarrhale.
De quelque manière que se soit déclaré le coryza scrofu* leui, voici les symptômes qui le caractérisent : Embarras des narines, apparence de dyspnée provenant de ce que Tair ne peut traverser librement les fosses nasales, et que le malade est obligé de tenir constamment la bouche entr'ouverte; enchifrènement, voix nasonnée; écoulement par les ouvertures nasales de mucosités purulentes, plus ou moins abondantes, qui souvent se dessèchent, forment des croûteS| lesquelles contribuent, avec la tuméfaction de la pituitaire, i obturer les cavités nasales. Dans ces cas, il vous arrivera souvent de trouver le nez comme gonflé, hypertrophié, et si en appuyant un peu avec le doigt sur son extrémité pour agrandir Tentrée des narines, vous regardez la pituitaire, vous la trouverez rouge, fongueuse ou ulcérée. Enfin, vous ne devez pas oublier que le coryza scrofuleux entraîne fort souvent après lui la formation de polypes muqueux sur la pituitaire.
Il est rare de le voir suivi des accidents de la scrofule secondaire ou tertiaire, qui sont d'ailleurs si communs sur la pituitaire et sur les fosses nasales.
268 DE L4 SCROFULE TÉGUM ENTAI RE.
3« Catarrhe auriculaire.
L'oreille n'est pas à beaucoup près aussi fréquemmenl affectée dans la scrofule que Toeil ou le nez; toutefois les altérations de la membrane qui en tapisse les cavités ne sodI pas rares, et nous ne restons jamais bien longtemps sans en avoir quelques cas dans notre service.
L'otorrhée scrofuleuse se montre d'emblée avec les ca^a^ tères de l'état chronique, ou bien elle a été précédée, une ou plusieurs fois, de l'otite aiguë.
Contrairement à ce qui a lieu si souvent pour le catarrhe oculaire, et surtout pour le catarrhe nasal, où les deux côtés sont affectés, l'inflammation scrofuleuse de l'oreille ne se montre généralement que d'un seul côté.
Les symptômes qui la caractérisent sont les suivants: écoulement muco-purulent par le conduit auditif externe ; rougeur, gonflement, état granuleux des parois de ce conduit ; surdité plus ou moins grande. Ces phénomènes ont été précédés d'un écoulement séreux, si le catarrhe chronique a succédé au catarrhe aigu. Lorsque la membrane tympanique est perforée» la chaîne des osselets se brise quelquefois, et ces petits os s'échappent au dehors avec le pus.
Le catarrhe auriculaire est fréquemment accompagné de scrofulide cutanée, d'impétigo ou d'eczéma du pavillon; d'autres fois, lorsqu'il a duré longtemps, il est suivi de la production d^excroissances polypeuses sur les parois du conduit auditif externe.
V Angine catarrhale scrofuleuse.
Le catarrhe scrofulcux de la gorge, chez les enranLs, a toujours été précédé de plusieurs amygdalites aiguës. Après
ANGINE HT BLKNNORRHÉE SCROFULGUSES. 269
chaque nouvelle attaque d'esquinancîe, les amygdales restent un peu plus hypertrophiées.
U retour périodique de Tangine a pour effet de diminuer la violence de l'inflammation, mais aussi de la rendre plus longue, d'une résolution plus lente et plus difficile à obtenir, jusqu'à ce qu'enfin il s'y soit établi un travail permanent d'inflammation chronique qui ne reste plus borné aux amyg« (laies, mais s'étend encore aux parties circonvoisines, aux piliers du voile du palais, à la partie supérieure du pharynx, aux trompes d'Eustachi et à l'extrémité postérieure des fosses nasales.
Voici les principaux symptômes auxquels donne lieu l'angine catarrhale scrofuleuse : voix gntturo-nasale, surdité, bourdonnement d'oreilles pendant la toux, pendant la pho« nalion; ronflement et quelquefois suflbcalion pendant le sommeil ; expuition d'un muco-pus épais, jaunâtre ou blan-* châtre, quelquefois crémeux; parfois eflbrls de vomissement, gène de la respiration... L'examen de l'arrière-bouche fait découvrir l'hypertrophie amygdalienne , la rougeur et la luméfaclion» l'état granuleux du pharynx et de l'isthme du gosier.
5* Catarrhe scrofuleux génito-urînaire.
Il est commun aux deux sexes ; mais on l'observe plus souvent chez la femme que chez l'homme.
Sur les enfants, il est primitif, et survient sous la seule influence de la diathèse scrofuleuse. ou provoqué par les funestes habitudes de l'onanisme.
Chez les adultes, il est, dans la plupart des cas, consécutif elle plus souvent il succède a une blennorrhagie.
La halanilc scrofuleuse se caractérise par une sécrétion
mnco-purulente a rextrcmîté de Turèthre et à la surface do la muqueuse glando-préputiale, l*état granuleux et quelquefois végétant des surfaces enflammées, la persistance opiniâtre de Taffection catarrhale, qui souvent coexiste avec une scrofuiide exsudative de la même région.
La blennorrhée scrofuleuse est spontanée ou consécutive à une blennorrhagte contagieuse, dont elle se distingue par sa persistance opiniâtre et son siège, qui est le plus souvent la portion prostatique de Turèthre ; elle s'accompagne de l'engorgement des glandes uréthrales, d'engorgements de U prostate, de rétrécissements du canal de Turèthre.
La vulvite catarrhale scrofuleuse s'observe plus souvent que la balanite de même nature ; elle n*est pas rare chez les petites filles scrofuleuses, caractérisée par un écoulement purulent abondant, l'état granuleux de la muqueuse affectée, et quelquefois des végétations polypeuses sur le méat urinaire.
Le catarrhe utéro-vaginal est aussi beaucoup plus fréquent que Turétrorrhée scrofuleuse; il a pour symptômes habituels un écoulement muco-puriforme extrêmement abondant, qui occasionne le plus souvent des démangeaisons à la vulve, et provoque sur les lèvres et la partie interne et supérieure dos cuisses le développement d'une éruption suintante eczémateuse ; ajoutez Texulcération, l'étal granuleux et fongueux du col utérin, la production de polypes muqueux à la surface interne de l'utérus, un sentiment de chaleur lombaire, le dérangement de3 évacuations mensuelles, qui, d'habitude, se rapprochent ou deviennent plus abondantes, et vous aurez les principaux troubles fonctionnels et organiques que peut occasionner, chez les femmes scrofuleuses, l'inflammation catarrhale de la muqueuse utéro-vagiiiale.
SCROFULIDES ÉRCPTIVBS DES MEMBRANES MUQUEUSES. 271
§ •. — Des fleroflàUdcs éraptlves.
Les éruptions des membranes muqueuses ont été peu étudiées. M. Rayer est le seul, parmi les dermatologistes, qui ait fait une étude comparative des affections propres aux deux téguments, et je suis persuadé qu'en le lisant, vous ne regretterez qu'une chose, c'est que Tauteur n'ait pas cru devoir s'étendre plus longuement sur un sujet si intéressant et à peine ébauché.
Je m'explique difficilement cette négligence de la part des (lermatographes, car on peut observer sur les muqueuses, à l'exception peut-être des squames (1) et des macules, tous les ordres éruptifs de la classification de Willan, et encore les macules ne doivent pas être exclues. Le naevus est aussi bien une affection des membranes muqueuses que de la peau.
Voyez plutôt : l'érythème n'est-il pas aussi commun sur les muqueuses que sur la peau? Notez bien que je ne parle pas seulement de l'érythème précurseur des affections exanthémateuses, diphthéri tiques ou catarrhales, mais encore de celui qui constitue à lui seul toute l'affection.
La vésicule et la bulle se remarquent sur les muqueuses comme à la peau. Vous y rencontrerez, comme à la peau, .deux ordres de vésicules : la vésicule conique, àccuminée de IVczéma, et la vésicule plus grosse, arrondie, de l'herpès, qui répond à l'aphthe des membranes muqueuses. Les papules
(1) Dini les affectioDS squameuses de la peaa, dans les pityriasis surtout, ccrliioes muqueuses sont quelquefois le siège d'un prurit très tenace. On no <lécouYre aucune éruption à Toeil nu , mais Texamen microscopique du proàmi sécrété par la muqueuse laisse voir une quantité de cellules épitbé. lities.
272 DE LA SCROFULE TÉGl'MENTAIRE.
de la peau sont, en grande parlie, représentées parles granulations des membranes muqueuses; les tubercules se développent sur les deux téguments, avec cette différence essentielle qu'ils sont toujours moins saillants sur les muqueuses. Quant aux pustules, vous savez qu'elles ne sont pas rares sur les muqueuses qui avoisinent la peau; mais je dois vous signaler tout de suite un caractère qui les distingue de celles de la peau : c'est leur rupture prématurée. Il en est de même des bulles.
Les scrofulidcs éruptives des muqueuses sont bénignes ou malignes, comme les scrofulides de la peau.
Je rapporte aux scrofulides bénignes des membranes muqueuses les affections calarrhales, les éruptions granuleuses qui en sont la suite, et les éruptions pustuleuses ou vésico-pustuleuses superficielles. Pour moi, les aphlhes,etles éruptions vésiculeusesde l'hydroa, buUeusesdu pemphigus, n'ont jamais la scrofule pour cause; ce sont des produits de la dartre ou de la diathèse arthritique.
Les pustules que l'on observe à la surface des membranes muqueuses, chez les scrofuleux, sont rarement très nombreuses; elles sont isolées ou en groupes. Quand elles ont pour siège des glandules, comme sont celles qui résultent d'une inflammation des conduits excréteurs des glandes de Meibomius, des glandes cérumineuses ou des glandes sébacées de la couronne du gland , elles sont dures à la base, rouges et douloureuses, ressemblent à de petits furoncles, et arrivent plus lentement à maturité. Celles qui sont superGcielles» analogues aux pustules de l'impétigo» sont plus souvent multiples, rassemblées en petits groupes; a peine sont-elles formées qu'elles sont déjà rompues. Le pus se dessèche et forme de petites croûtes jaunâtres comme colles de Timpcligo
S€R0FUIJDB8 ÉBVPTiVBS DBS MBMBBANBS MUQUEUSES. 278
cutané, à la chute desquelles on remarque parfois de petites ulcérations qui en occupent la place.
L'impétigo scrofuleux des membranes muqueuses s'observe fréquemment sur la pituitaire, à l'entrée des narines ; vous ne le confondrez pas avec le sycosis impétiginiforme de nature arthritique, qui a si souvent le même siège, mais se distingue de Tautre en ce que les pustules se développent à la base des poils qui garnissent l'entrée des narines, et que l'afTection est, dès le principe, accompagnée dedémangeaisons ou de picotements, qui n^ont pas lieu dans l'impétigo parement scrofuleux.
La scrofulide éruptive bénigne se montre communément sur la conjonctive oculaire, où elle est connue des auteurs sous les noms de conjonctivite partielle, conjonctivite angurlaire, kératite partielle j conjonctivite oxikévfkiiieaphthoîdej phlyciénulaire^ pustuleuse, conjonctivite et kératite scrofuleuses pures de Siebel.
Cette inflammation occupe rarement toute l'étendue de la conjonctive oculaire ; le plus souvent elle est limitée à Tuoe de ses parties, et le plus ordinairement a son côté eiteme. Si elle est générale, diffuse, l'éruption pustuleuse est multiple ; si elle est partielle, il n'existe qu'une ou deux pustules sur la circonférence de la cornée, à l'extrémité interne d^une tache rouge, vasculairc, inflammatoire, siégeant sur la sclérotique. Cette conjonctivite partielle est en général peu douloureuse, à moins que l'œil ne soit exposé à une lumière vive. Dans la conjonctivite pustuleuse générale, il y a photophobie et larmoiement, mais non sécrétion de mucopus àla surface de Tœil.
La scrofulide éruptive bénigne se termine par résolution. De la rupture de ses pustules il ne peut jamais résulter que BAzm. is
%7h ms !<▲ SGROPULB TÉGUMENTAIRB.
des ulcérations superficielles sur la cornée, qui amèneraient quelques taies après leur cicairisalion, mais jamais une opsdté complète ou la perforation de cette membrane. Après la rupture des pustules, dans laconjonctivite angulaire, le faisceau yasculaire, à l'extrémité interne duquel elles s'étaient développées, disparaît très promptement.
Vous connaissez tous la fréquence de la scrofulide exsudatîve sur l'oreille ; il arrive fort souvent que cette scrofulide se propage à la membrane interne du conduit auditif externe, et que, par suite de l'inflammation et de la tuméfaction de cette dernière membrane, il y a obturation du canal auriculaire, et, par suite, une surdité plus ou moins prononcée.
Sur la muqueuse des organes sexuels, les éruptions ne sont pas rares ; on les observe fort souvent sur le prépuce et le gland, sur le méat urinaire, la vulve, le vagin et même sur les lèvres du museau de tanche ; mais la plupart de ces éruptions, à part les pustules ou tubercules d'acné, ne reconnaissent pas pour cause la diathèse scrofuleuse. On les voit, en effet, le plus souvent constituées par des papules ou papulepustules qui sont syphilitiques ou parasitaires, par des groupes de vésicules herpétiques, par de l'eczéma ou du prurigo, qui sont des affections dartreuses ou arthritiques*
Il me reste à vous dire quelques mots des scrofulides éruptives malignes des membranes muqueuses pour terminer la partie nosographique.
Eh bien 1 toutes les scrofulides malignes qu'on rencontre sur la peau peuvent également s'observer sur les membranes muqueuses. Elles commencent quelquefois par ces dernières membranes; mais, plus souvent encore, elles débutent par la peau, et gagnent de proche en proche les membranes muqueuses avoisinantes. Vous aurez donc sur les muqueuses
SCROFULIDES ÉRUPTIVB8 DBS HBIIBRANES MUQUEUSES. S76
comme sur la peau, des scrofulides érythémateuses, des serofuUdes tuberculeuses et des scrofulides crustacées ulcéreuses. Vous aurez également des scrofulides purement inflammatoires et des scrofulides fibro-plastiques ou lupus.
Le lupus érytbémateux, que l'on observe assez souvent snr les lèvres, présente quelques différences avec celui de la peau.
On le trouve, en effet, toujours couvert de croûtes brunâtres, rugueuses, formées d*épithélium sécrété en grande quantité, de pus et de sang desséchés.
Le travail ulcératif survient plus tôt; sa marche est plus rapide dans les scrofulides malignes des muqueuses que dans celles de la peau. Ne savez-vous pas que la destruction de la cloison des narines, sa perforation, s'effectuent dans un très court espace de temps? qu'il en est de même du voile du palais et de la voûte palatine ?
Le tubercule du lupus, s'il s'ulcère plus vite sur les muqueuses, n'acquiert jamais, sur ces membranes, un volume aussi considérable que sur la peau.
Ainsi, il ne vous sera pas difficile de reconnaître sur la piluitaire, sur la muqueuse palatine, sur la muqueuse vulvaire, les éléments des scrofulides malignes ; mais en est-il de même pour la conjonctive 1
Vous avez pu voir, dans mon service, sur les sujets affectés de lupus, d'engorgements ganglionnaires ou même de caries scrofuleuses, survenir plus ou moins brusquement des ophthaifflies fort graves : une saillie pustuleuse profonde apparaît au centre ou sur l'un des côtés de la cornée; il existe bientôt entre les lames de cette membrane un dépôt purulent qui les écarte ; puis le dépôt se fait jour au dehors en laissant un ulcère profond sur la cornée, ou bien il s'ouvre dans la chambre antérieure, d'où résulte un hypopyon. Dans
quelques cas, la cornée est perrorée; Thumeur aqueuse s'écoule au dehors par la perforation; Tiris vient s'accoler à la face postérieure de la cornée ou faire hernie à travers son ouverture. Ces désordres, comme vous devez le penser, ne sauraient avoir lieu sans qu^il en résulte de grands troubles dans la vision, des douleurs plus ou moins vives, de Vépipbora, une photophobie très grande. Mais que sont ces pustules? Sans nul doute, elles sont de même nature que celles de la scrofulide maligne crustacée ulcéreuse de la peau. Il y a entre elles et les pustules superficielles de la conjonctive, la différence qui existe entre les pustules de la scrofulide exsudative bénigne et celles de la scrofulide pustuleuse maligne.
J'ajouterai que, sur la conjonctive palpébrale et oculaire, on ne distingue plus, aussi bien que sur la pituitaire ou sur la muqueuse des lèvres, les éléments anatomiques propres aux différentes variétés d'affections fibro-plastiques ou de lupus proprement dits.
Partie étioloirique. — La diathèse scrofuleuse est la cause première de toutes les scrofulides; mais certaines influences provoquent plus spécialement ses manifestations sur les membranes muqueuses-, ce sont ces influences que vous devez connaître.
Influences physiologiques. — L'âge exerce une influence évidente sur le développement de ces accidents et sur leur siège dans telle ou telle partie du système muqueux. C*est ainsi que la première et la seconde enfance prédisposent aux scrofulides des muqueuses bucco-gutturale et oculaire, que la puberté prédispose aux catarrhes des muqueuses glandopréputiale et vulvaire, l'âge critique aux catarrhes utérins, la vieillesse aux catarrhes pulmonaires.
CAl'SES DES SCR0FUL1DË8 DES AIEMfiHAMKS MUQUEUSKS. 277
Si les deux sexes paraissent également aptes à contracter les scrofulides du nez, des yeux, des oreilles, il n'en est plus de même pour les scrofulides des organes génito-urinaires, qui sont incomparablement plus communes chez la femme que chez Thomme. L'étendue de la muqueuse utéro-vaginale, les excitations que produisent sur cette membrane le travail de la parturition, les flux sanguins périodiques, rendent rai* son de cette différence.
Les scrofulides catarrbales me paraissent affecter de pré* féreoce les personnes d'une constitution molle, celles qui portent tous les attributs du tempérament dit lymphatique. Influences pathologiques. — Notons ici toutes les scrofu*lides qui surviennent a la suite des exanthèmes fébriles : variole, rougeole, scarlatine; toutes celles qui se montrent a la suite d'un catarrhe spécifique, d'une blennorrhagie, etc. Influences physiques. — Elles ont une très grande part dans la détermination des scrofulides catarrbales et éruptives. Le froid, et surtout le froid humide, provoque, comme on sait, la manifestation des rhumes, des catarrhes en général et du catarrhe scrofuleuxen particulier; leur influence n'est pas moins évidente sur la production des scrofulides éruptives. C'est aussi la raison qui fait que ces accidents de la scrofule tégumentaire sont plus fréquents dans les pays froids et humides, sur le bord des cours d^eau, et qu'on les voit communément apparaître pendant les saisons froides et pluvieuses.
L'action trop forte ou trop longtemps prolongée de leurs excitants naturels rend les muqueuses très propres à recevoir les produits de la cause morbifique interne. L'œil s'enflamme par Taction d'une lumière trop vive, et bientôt l'ophthalmie, développée sous l'influence d*une cause toute physique, ne
S78 DE L4 SCROFULE TÉGUMBNTAIRE.
tarde pas à prendre tous les traits de l'ophlbalmie scrofuleuse.
Je place au même rang Tinfluence si remarquable de l'onanisme dans le développement du catarrhe vaginal scrofuleox chez les petites filles.
Partie «émiotiqve. — Le diagnostic présente ici, comme pour la peau, trois points à éclaircir : Télément primitif, l'affection générique, la nature de Taffection. Il peut se présenter, de plus, une quatrième question : déterminer le siège de Taffection. En effet , les muqueuses, au delà des ouvertures naturelles, se dérobent à la vue, et c*est à Taide d'instruments de recherches, désignés sous le nom de spéculums, ou par l'inspection des produits de sécrétion, qu'on peut seulement arriver à connaître le siège précis du mal.
D'un autre c6té, les parties enflammées peuvent être soustraites à l'œil investigateur du médecin par la contraction spasmodique des sphincters aux ouvertures naturelles. C*est ainsi que dans l'ophthalmie, en raison du blépharospasme, il peut être très difficile d'inspecter la surface du globe oculaire.
Diagnostic de la lésion primitiv€é — L'élément primitif des scrofulides catarrhales, c'est Térythème ; il est si vite suivi de la sécrétion pathologique , que son diagnostic se confond avec celui de l'affection.
Dans les scrofulides éruptives des membranes muqueuses, il faut surtout vous attacher à ne pas confondre la pustule avec une vésicule : la pustule est en général un élément propre à la scrofule; la vésicule, un élément de la dartre ou de l'arthritis. Toutes les pustules de la scrofulide éruptive sont loin de se ressembler. Les unes sont très petites, blanchâtres,
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et semblent constituées par un dépôt de lymphe plastique ; les autres, plus grosses, purulentes, jaunâtres, sont formées par du pus et tout à fait semblables à celles de Timpétigo cutané. Quant aux vésicules, elles sont aussi, petites, coniques ou plus grosses, pisiformes, mais toujours transparentes : les premières sont des vésicules eczémateuses; les secondes, des vésicules aphtheuses. Ajoutez encore à ces caractères ceux que vous pourrez tirer de Tinjection vasculaire qui existe à la base de ces éléments éruptifs : vaisseaux séparés ou fascicole vasculaire dans la pustule ; rougeur vive et continuel cercle de feu entourant la base des vésicules. Je vous ai déjà fait connaître les caractères différentiels des pustules de l'impétigo et des pustules du sycosis qui peut avoir son «ége sur les muqueuses garnies de poils. Je n'y revien^^ dnd pas.
Les granulations flbro-plastiques des scrofulides malignes demandent une attention particulière pour ne pas être confondues avec les granulations de la scrofulide catarrbale* Mais, ainsi que vous le savez, la couleur est bien différente : dans la granulation inflammatoire, la couleur est d'un rouge foncé, violacé; dans la granulation fibro-plastique, elle est d'un rouge jaunâtre et comme demi-transparente. Les granulations inflammatoires sont peu nombreuses et accompagnées d'ailleurs d'une sécrétion muco-purulente à la surface de la muqueuse enflammée, sécrétion qui n^a pas lieu dans le lupus des membranes muqueuses.
DiagnoUic de t affection générique. — Voyons le dii^ gaostic de l'affection. Rien de plus facile à distinguer que nos deux variétés de scrofulides. La catarrhale est accompagnée d'un écoulement muco-puriforme que Ton n'observe pas dans la scrofulide éruptiveproprementdite.Les granulations inflam^
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matoires de la première ne sauraient en imposer pour les pustules de la seconde. Quant aux suffusions lymphatiques à la surface ou entre les lames de la cornée, suffusions qui col lieu dans la conjonctivite calarrbale compliquée de kératite, il vous suffira delà moindre attention pour ne pas les confondre avec les pustules lymphatiques ou purulentes de la conjonctivite éruptive.
La scrofulide catarrhale peut-elle être confondue avec un autre mode inflammatoire, comme, par exemple, avec Teczéma sur le conduit auditif externe» avec l'impétigo sur les ouvertures nasales?
Quand Teczéma des régions auriculaires se prolonge au conduit auditif externe, un suintement a lieu par ToreiUe, qui peut faire croire à l'existence d'une otorrhée séreuse; mais» dans l'eczéma, on retrouve sur le pavillon, derrière le pavillon, des traces de Taffeclion éruptive. Le malade éprouve des démangeaisons dans le conduit auditif ; il y a des squames, etc.
Vous apporterez la même attention dans le diagnostic du catarrhe vulvo-vaginal et de l'eczéma vulvaire» qui fréquemment est accompagné d'un écoulement séro-purulent très abondant.
Le coryza peut aussi donner lieu à quelques méprises dans le diagnostic; on peut le confondre avec l'eczéma ou avec rimpétigo des narines ; mais, dans ce dernier cas, il n'y a pas de flux par les ouvertures nasales, comme dans le catarrhe de la pitui taire, pas d'excoriations rouges avec gerçures, pas d^engorgement hypertrophique des ailes du nez , de la lèvre supérieure.
La scrofulide oataiThalc peut non-seulement être confondue avec un autre mode inflanmatoirQ de la muqueuse, mais
DIAGNOSTIC DES SCRUFULIDES DES MUUUbLSKS. 281
encore avec raflecliou d'un aulre système organique. Ainsi, i otorrhée calarrhale peut être confondue avec Totorrhce purulente symptomatique d'une carie du rocher; on reconnaît la perforation de la membrane du tympan, dans le catarrhe auriculaire, à l'écoulement séro-purulent, à la sortie des osselets de l'ouïe, à la surdité, aux données que fournit le cathé* térisme du conduit auriculaire ; on reconnaît la carie du rocher a l'écoulement sanieux, sanguinolent, fétide, mêlé de par-* celles osdeuses, à l'hémiplégie faciale.
Vous distinguerez de la même manière le coryza scrofuleax, de Tozène, qui tient, dans la plupart des cas, à une carie des os, et se distingue par l'écoulement d'un pus sanieux et fétide, par l'odeur repoussante qui s'exhale des cavités nasales.
Pour terminer ce qui a trait au diagnostic de l'affection, je dirai quelques mots des scrofulides malignes.
En parlant des caractères dis tinc tifs des éléments primitifs, je vous ai déjà indiqué le moyen de ne pas confondre les serofulides bénignes avec les scrofulides malignes. L'erreur est facile i éviter dans l'immense majorité des cas, surtout quand il s'agit d'établir le diagnostic différentiel du lupus et des affections de la scrofule primitive. Le diagnostic devient plus diflScile s'il s'agit de déterminer le caractère de bénignité ou de malignité d'une affection pustuleuse purement inflammatoire des membranes muqueuses. Qu'une pustule se montre sur la cornée, par exemple : aurez-vous à redouter la perforation de cette membrane et tous les accidents qui en sont la conséquence ? ou bien cette pustule doit-elle s'ouvrir constamment au dehors, sans que vous ayez à craindre d'autres suites que la production d'une simple taie à la surface de l'œil? Qe n'est c^u'en vous éclairant des antécédents
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et des affections concomitantes, en tenant compte aussi des caractères propres de Taffeclion pustuleuse, que vous parviendrez à trancher cette question. La pustule bénigne de la cornée est superficielle . accompagnée de conjonctivite catarrhale ou d'un faisceau vasculaire de la conjonctive. La pustule d'un caractère malin est profonde ; elle siège daiis l'épaisseur même de la cornée, est accompagnée d*un plas grand trouble de la vision, et coïncide avec le développe* ment d'un lupus ou de toute autre affection de la scrofule secondaire*
Diagnostic de la nature de l'affection. — Arrivons donc enfin au troisième point, qui est le diagnostic de la nature de Taffection.
!• Dans les scrofulides catarrhales. — Le catarrhe scrofuleux peut être confondu avec le catarrhe spécifique que vous connaissez sous le nom de hlermorrhagie^ avec le catarrhe syphilitique, le catarrhe dartreux ou arthritique. Quels sont les signes qui différencient ces affections ?
Par la connaissance du siège et des caractères propres de l'affection catarrhale, vous arriverez, dans la plupart des cas, à déterminer sa nature.
La blennorrhagie a spécialement pour siège l'extrémité du canal de l'urèthre et la fosse naviculaire; le catarrhe scrofuleux, la portion prostatique : les catarrhes arthritique eldartreux affectent indifféremment telle ou telle portion des voies urinaires* Aussi la plupart des catarrhes vésicaux ontils pour principe l'arthritis et la dartre, et non la syphilis ou la scrofule. L'ophthalmie blennorrhagique attaque de prime abord toute l'étendue de la muqueuse oculo-palpébrale ; l'ophthalmie scrofuleuse catarrhale débute par les paupières et les glandes dç Bf eiboo^ius.
DIAGNOSTIC DBS SCROFULIDBS DES MUQUEUSES. 288
Le coryza scrofuleux siège sur la partie antérieure de la pituitaire. Le coryza arthritique et le coryza dartreux ont plus spécialement leur siège sur la portion la plus rapprochée de la gorge.
Les caractères propres de l'affection subissent des modifications importantes à étudier, qui vous mettent encore plus sar la toie du diagnostic différentiel.
Vous vous rappelez ce que je vous ai dit de révolution catarrhale, que les auteurs ont partagée en trois périodes. La première est la période d'irritation ; la deuxième, la période de crudité; la troisième, de coction. Eh bien I ce qui imprime aux catarrhes constitutionnels un cachet spécial, c'est la prédominance et la longue durée, l'état slationnaire en quelque sorte de l'une de ces périodes*
Ainsi, l'état stationnaire de la période irritative caractérise la dartre; — de la période de crudité, caractérise Tarthritis ; — de la période de coction, caractérise la scrofule. Ou, ce qui rerient au même, les catarrhes secs, latents, sibilants, appartiennent généralement à la dartre ; les catarrhes pitui-* teux à l'arthritis, et les catarrhes muco-purulents à la syphilis et à la scrofule. Il y a d'autres caractères sans doute, et bien importants, que vous tirez de la marche de la maladie, de Tétat des muqueuses affectées et des parties qui les avoisinent. Pour arriver à la connaissance parfaite de la maladie^ pour établir sûrement votre diagnostic, vous ne devez négliger aucun des symptômes qui vous sont offerts par Tétat bien étudié du malade.
Le coryza scrofuleux est essentiellement caractérisé par on flux nasal muco-purulent qui excorie et tuméfie la lèvre, produit des gerçures sur les angles des narines ; il est accompagné d'uD gonflement granuleux ou fongueux de la pituH
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taire, du réirécissement des ouvertures nasales, du gonOement du nez.
Dans le coryza arthritique, vous avez d*autres symptômes: enchifrènement habituel, sécheresse des narines antérieures, écoulement de mucosités glaireuses, pituiteuses, albumineuses, par les ouvertures postérieures des fosses nasales, qui rougissent et enflamment les parois de rarrière-bouche, provoquent Texpuition et sont rejetées par la bouche, non sans avoir quelquefois occasionné des nausées, des vomituritions ou de vains efforts de vomissement. C'est surtout le matin, quand 1* individu qui porte ce catarrhe sort du lit, • qu'ont Ueu les nausées et les efforts de vomissement. On comprend, en effet, que, pendant le sommeil, dans la posi« tion horizontale, les mucosités doivent s^accumuler sur la paroi postérieure du pharynx et du voile du palais, et qu'au lever, dans la position verticale, elles doivent tomber sur la luette et l'épiglotte, et provoquer des nausées et des efforts d'expuition, efforts qui durent souvent pendant un tenips fort long, et sont suivis quelquefois du rejet de crachats sanguinolents.
Les mêmes phénomènes se produisent quand le sujet, après un exercice actif et le corps couvert de sueur, seipose au refroidissement ou bien à l'action de quelque courant d'air.
Si vous examinez l'arrière-bouche dans cette affection, vous trouvez toutes les parties qui la composent, les amygdales, les piliers du voile du palais, la luette, la paroi postérieure du pharynx, rouges, plus ou moins tuméfiées et luisantes, comme subœdémaliées.
Le coryza dartreux occupe le même siège, mais les symptômes sont un peu différents; le produit exhalé n'est pas