ÉCROUELLES CELLULAIRES
puisse se faire quand le ganglion esl infiltré de lubercules, et cependant les faits ne permettent guère d'en douter.
La suppuration est la terminaison la plus ordinaire des écrouelles^ comme la résolution, elle est spontanée ou provoquée par l'art.
L'adénite simple peut suppurer aussi bien que l'adénite luberculeuse. Cette terminaison est annoncée par une série de symptômes inflammatoires que j'ai déjà fait connaître, et auxquels viennent rarement s^ adjoindre quelques troubles généraux : frissons, fièvre, chaleur de la peau, urines 'sédimenteuses, etc.
La suppuration, dans les grosses tumeurs ganglionnaires, est ordinairement partielle; les ganglions qui composent ces tumeurs s'enflamment et suppurent séparément, chacun individuellement, comme je l'ai déjà dit. D'autres fois, Tinflammalion se répand en même temps sur tous les ganglions qui composent la tumeur. Quel que soit le mode qu'elle aflecte, quand Técrouelle suppure, elle se convertit en un abcès qui s'ouvre.à l'extérieur largement, ulcérativement, ou par une ouverture étroite et fistuleuse.
Ceci me conduit à vous parler des abcès scrofuleux qui ne procèdent pas des ganglions lymphatiques, c'est>à*dire de récrouelle cellulaire.
S t. — ÉcMMielles eellttlalrea.
Los auteurs ont divisé les abcès scrofuleux en abcès chauds et en abcès froids. J'admettrai des abcès superficiels et des abcès proronds ; ces derniers se rattachent à la scrofule profonde. Je ne vous parlerai que des abcès superficiels, me réservant de (^ire l'histoire des abcès profonds ou des abcès froids propre-
ment dits, quand j'aborderai Tétude des scrofules osseuse et viscérale. Les abcès scrofuleux superficiels sont, en général, moins étendus que les ab'cès profonds; mais, d*un autre côté, ils sont ordinairement plus nombreux. Us sont situés ou dans l'épaisseur môme de la peau, ou dans le tissu cellulaire sous-cutané , et même dans le lissu sous-aponévrotique.
Les abcès de la peau se montrent le plus souvent à la face et sur le col, assez souvent aussi sur les membres inférieurs. On peut d'ailleurs les observer indistinctement sur toutes les régions du corps. Ils commencent par une induration circulaire, nettement circonscrite, sur laquelle la peau devient rouge, violacée dans toute son étendue. En peu de jours, l'induration est devenue une petite tumeur molle et fluctuante, d'un volume variant de celui d'un gros pois à celui d'une petite cerise. Bientôt la tumeur se crève, quand elle n^est pas ouverte avec la pointe du bistouri. Si l'on introduit un stylet dans Fouverture, et que l'on pressse avec ce stylet sur le fond de la petite poche, il est facile de s'assurer, par l'impossibilité de le faire pénétrer au delà de la peau, que les parois du foyer sont formées aux dépens et dans l'épaisseur même du tégument.
La seconde espèce d'abcès scrofuleux superficiels est caractérisée par des tumeurs plus étendues, aplaties, de 1 à 2 centimètres de diamètre; la peau qui les recouvre devient rouge et violacée, douloureuse à la pression. La fluctuation ne tarde pas à se montrer évidente sur toute retendue de la tumeur. Ce qui caractérise surtout ces abcès, c'est la promptitude avec laquelle s'effectue la suppuration, et, sous ce rapport, on peut les rapprocher dos abcès métastatîques. On trouve, dans ces tumeurs, la peau soulevée, amincie, complètement décollée jusqu'aux limites circonférenlielles ; elle
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a perdu tout lien avec les parlies sous-jacentes, ce qui fait qu'après l'ouverture de ces petites tumeurs, il est bon d'ébarbcr ou d'exciser la peau décollée, de chaque côté de Vincision, d'emporter les lambeaux.
Les abcès scrofuleux superficiels sont précédés de tous les signes du phlegmon, des caractères locaux de l'inflammation : rougeur, chaleur, tuméfaction ; mais il est juste d'ajouter que ces caractères se tiennent renfermés ^dans des limites extrêmement modérées. FjC pus qui s'écoule de ces tumeurs est crémeux, jaunâtre, parfois séreux, avec des caillots fibrineux ou des concrétions caséeuses, quelquefois sanieux et rougeâtre ; jamais il ne présente les qualités du pus du phlegmon franchement inflammatoire.
Caractères anatomiqxies. — Qu'est-ce que l'écrouelle cellulaire?— N'est-ellc toujours qu'un simple phlegmon?
Vous devez distinguer trois modes de génération dans l'écrouelle cellulaire. Elle débute : 1" par une induration plus ou moins oblongue, inflammatoire, douloureuse, située en général sur le trajet dos lymphatiques; 2* par un foyer purulent de prime abord ; 3** par une tumeur stéatomateuse sous la peau, indolente, non douloureuse à la pression.
Qu'y a-t-il dans les tumeurs stéatomaleuses? Est-ce du tubercule? — Le tubercule se développe-t-il primitivement dans le tissu cellulaire? Nous manquons ici de données précises pour répondre à toutes ces questions. Je ne sache pas qu'une analyse exacte de cette matière ait été faite par les anatomo-palhologistes. Quoi qu'il en soit, la suppuration s'empare de ces tumeurs au bout d'un certain temps, comme elle le fait de celles qui sont constituées par le tubercule.
Dans le deuxième mode de génération des écrouelles ccllu-
laires, le pus se forme dans un kyste appelé membrane pyogénique ; c'est dans ce cas qu*il présente les caractères du pus véritablement scrofuleux, pus séreux, fade, offrant moins de globules que le pus traumatique, contenant des masses caillebottées, tibrineuses, et, plus rarement, des fragments caséeux semblables à du fromage mou. Ce dernier caractère appartient, en effets plus spécialement au pus des abcès par congestion.
Marche^ durée, terminaisons. — L'écrouelle cellulaire a une marche plus rapide que Técrouelle ganglionnaire. Comme cette dernière, elle peut récidiver, persister pendant plusieurs mois et même pendant plusieurs années, f^v poussées successives, qui ont lieu à des intervalles plus ou moins rap* proches. Elle se termine, dans le plus grand nombre des cas, par un abcès qui s*ouvre à la surface du tégument externe; le foyer se vide, la peau le plus souvent se détruit en partie, et du fond de Tulcère naissent des bourgeons vasculaires, sur lesquels s'établit une cicatrice enfoncée et plus ou moins rayonnée.
Mais l'écrouelle cellulaire peut aussi se terminer par résolution, bien que cette terminaison soit assez rare, ce qui peut avoir lieu dans la période qui précède la suppuration, ou même quand déjà cette suppuration est parfaitement établie; le pus se résorbe, la peau, pendant quelque temps, reste bleuâtre, amincie sur le point précédemment occupe par Fabcès.
Ne croyez pas que les écrouelles ganglionnaires excluent les écrouelles cellulaires; les deux affections peuvent 1res bien exister ensemble sur le même sujet, mais elles peuvent aussi exister séparément. Vous avez pu voir, dans mon service, quelques sujets qui n'ont jamais eu que des écrouelles