ÉCROUELLES CELLULAIRES
cellulaires, el, entre autres, une jeune fille de dix-huit ans, quia le corps couvert de cicatrices déprimées, et chez laquelle des poussées successives d'écrouelles cellulaires sur les bras et les jambes, sur le cou et la face, se sont faites à plusieurs années d'intervalle, sans qu*il ait été possible de découvrir chez elle le moindre engorgement ganglionnaire.
Partie étlolofflque. — Les écrouelles, comme les autres accidents de la scrofule, se développent sous finfluence àekdiathêse scrofuleuse. Elles sont primitives, spontanées ou consécutives aux irritations scrofuleuses des membranes tégumeutaires.
Dans la plupart des cas, Técrouelle est consécutive : c'est m accident de succession qui rattache la première période de la scrofule à la deuxième ou à la troisième période.
Les gourmes de l'enfant à la mamelle produisent une irritation des lymphatiques des téguments crâniens qui retentit sur les ganglions sous-maxillaires et cervicaux. La stomatite aphtheuse, l'amygdalite, l'ophthalmie et le coryza, l'impétigo facial, l'otite catarrhale, réagissent sur les ganglions intra et extra-parotidiens. Mais ce ne sont pas seulement les accidents scrofuleux primitifs qui provoquent la turgescence congestive ou inflammatoire des ganglions sous-maxillaires ; le seul travail de la dentition, la rougeole et la scarlatine, transmettent la môme irritation de la muqueuse bucco-pharyngienne, de la conjonctive et de la pituitaire, aux mêmes points du système absorbant. Signalons encore les teignes, et notamment la teigne faveuse, comme des affections qui s'accompagnent constamment de l'engorgement des ganglions compris dans lu sphère d'action des parties affectées.
Dans tous les cas dont il vient d'être question, l'irritation
transmise aux vaisseaux cl ganglions lymphatiques nest qu'une irritation sympathique. L^engorgement ganglionnaire est une adénite simple, et, pour abcéder ou pour devenir un engorgement dur, bosselé, tuberculeux, il est nécessaire que la lésion purement hypertrophique ou inflammatoire reçoive directement l'influence de la maladie, ce qui souvent n'arrive qu'après un temps fort long, de plusieurs mois ou même de plusieurs années.
La scrofule débute quelquefois, mais beaucoup plus rarement, par les organes sexuels. C'est une irritation de la muqueuse urélhrale ou glando-préputiale, et plus souvent encore de la muqueuse vulvo-utérine, chez les petites filles» qui amène une inflammation légère des glandes inguinales, et, plus tard , Tadénopathie scrofuleuse dans les mêmes régions. Dans un grand nombre de cas, la scrofule inguinale a pour point de départ une blennorrhagie simplement catarrhale ou de nature syphilitique, qui provoque l'adénite inguinale simple, suivie plus tard du bubon scrofuleux.
L'engelure, aflection déterminée par le froid, mais qui, par sa persistance, annonce toujours une constitution scrofu' leuse, est encore une source d'irritation sympathique. Si l'engelure siège sur les mains, on verra se prendre les lymphatiques de l'avant-bras, s'engorger le ganglion sus-épitrocblêen et même les ganglions axillaires; si elle siège sur les pieds, ce sera les ganglions poplités et inguinaux.
A l'époque de la puberté chez l'homme, et, chez la femme, au moment de la gestation, pendant et après la lactaliotL le travail physiologique qui s'opère du côté des glandes mammaires peut s'élever jusqu*au degré de la phlogose, cl provoquer l'apparition d'une dartre sur les mamelles, d'une
CAUSES DES KCROUKLLKS. 321
iiiflammalion de la glurule cllc-môme, et consécutivement r«i{igiogungliite axillaire.
Edëo, tes scrofulides primitives se répandent souvent sur tout le corps, et, partout oix elles siègent, Tirritation inflammatoire peut se propager aux lymphatiques et aux ganglions (lu voisinage, et devenir ainsi plus tard le point de départ de la scrofule ganglionnaire.
11 est d'observation que plus les inflammations sont superficielles» plus elles se répandent facilement sur les vaisseaux lymphatiques; aussi les scrofulides bénignes sont-elles plus ctmstamment suivies de Tengorgement des ganglions lymphatiques que les scrofulides profondes.
Si l'on s'en rapportait au dire des malades, Técrouelle serait, de toutes les affections scrofuleuses, la plus commune, celle qui, dans le plus grand nombre des cas, ouvrirait la scène et commencerait la chaîne des accidents scrofuleux. En effet, les scrofulides primitives sont cachées, dissimulées ou passent inaperçues. Le médecin, môme en interrogeant les parents du malade, n'est pas encore certain d'arriver à la connaissance de la vérité : chez les uns, c'est une incurie si grande, que les scrofulides primitives de leurs enfants ont complètement échappé a leur attention; chez d'autres, c'est une fausse honte qui les porte à cacher la vérité.
Quoi qu'il en soit, nous voyons tous les jours se présenter à nous des sujets porteurs de tumeurs ganglionnaires sur différentes régions du corps, sans qu'il nous soit possible d'arriver à reconnaître la cause immédiate de leur développement^ quelques malades accusent des causes mécaniques, comme l'action d'un collet d'habit trop dur ou trop serré ; trautres, l'action du froid humide. Je ne conteste pas l'influence que ces causes physiques peuvent exercer, en irritant
S22 DE Là scrofule lymphatique et cellulaire. les lymphatiques de la peau , mais on ne peut les considérer que comme des causes provocatrices de la scrofule, et d'ailleurs, dans la plupart des cas, elles sont étrangères au développement des engorgements ganglionnaires qui surviennent sans cause appréciable.
Nous avons vu d'autres sujets chez lesquels toutes les régions pourvues de glandes lymphatiques étaient couvertes de tumeurs souvent énormes; on en trouvait à la fois sur les côtés du cou, sous les aisselles, aux régions inguinales. Le système absorbant semblait atteint dans sa totalité. Or, dans un cas pareil, on ne peut accuser l'action d'une cause locale : le mal se produit évidemment sous Tinfluence d'une cause interne ou d'une diathèse.
Remarquez que l'écrouelle spontanée devient, en peu de temps, grosse, dure, bosselée, manifestement farcie de tubercules, et qu'elle n'offre pas, comme l'écrouelle consécutive, deux périodes, l'une d'inflammation simple, l'autre d^inflammation tuberculeuse.
Après ce que je viens de dire, j'ai peu de choses à ajouter sur l'étiologie des écrouelles ; il me semble en effet que j'ai passé successivement en revue, comme je l'ai fait pour \& accidents tégumentaires de la scrofule, les influences physiologiques, physiques et pathologiques. Quelques mots encore sur l'influence de l'âge et du tempérament, avant de passer au diagnostic.
Je manque de relevés statistiques pour établir d'une manière rigoureuse l'influence de l'âge, du sexe et du tempérament sur le développement des écrouelles. Mais, ainsi que je vous l'ai dit, l'écrouelle est, dans l'immense majorité des cas, un accident de succession de la première période de la | scrofule ; la plus grande fréquence doit, par conséquent, se