ABCÈS FROIDS PROFONDS. A
ART. m. — DES ABCÈS FROIDS PROFONDS.
J'ai décrit les abcès froids superficiels sous le nom iicrouelles cellulaires^ il me reste à dire quelques mots des abcès froids profonds, qui se développent sourdement sous le système musculaire, à la surface des os, simulent des foyers purulents sessiles ou migrateurs provenant de caries, et doivent aussi être rattachés à la scrofule osseuse.
Il est encore un troisième ordre d*abcès froids : ce sont les abcès viscéraux; il en sera question plus loin, à propos des accidents de la quatrième période de la scrofule.
Symptômes. — La formation des abcès froids profonds ne s'accompagne pas de troubles fonctionnels plus graves que celle des abcès superficiels.
Au début, il n*y a pas de douleurs ou il n'existe qu'une douleur obtuse, profonde, augmentant par la pression ou la contraction des muscles qui recouvrent le foyer; la région sur laquelle siège la collection purulente s'élève et semble faire une saillie de jour en jour plus apparente ; la fluctualion, très obscure dans le principe, devient plus lard facile à percevoir et ne laisse pas alors de doutes sur l'existence de l'abcès. Le pus se rapproche de la peau et finit par y provoquer des symptômes d'inflammation locale : rougeur, sensibilité à la pression, tuméfaction circonscrite ; puis, au centre de la rougeur livide apparaît un point blanc, bientôt suivi de la perforation de la poche et de Tissue du pus, qui présente tous les caractères du pus scrofuleux.
Une ouverture fistuleuse s'établit à la surface du tégument externe, et verse au dehors» pendant un temps quelquefois très long, le liquide purulent qui se renouvelle sans cesse à la face interne du kyste.
AOA DE LA SCROFLLË OSSEDSË.
Les troubles fonctionnels qu'occasionnent ces abcès varient suivant la région qu'ils occupent. Ainsi, sur les parois du thorax, ils apportent plus ou moins de gène aux fonctions respiratoires ; sur la fosse iliaque interne, en comprimant le tube intestinal, les organes du bas-ventre, ils produisent de la constipation, des vomissements, de la dysurie; sous les muscles fessiers, ils rendent la marche plus ou moins pénible, difficile, etc.
Caractères de la lésion. — L'abcès froid profond débute comme Técrouelle cellulaire. Je n*ai rien de particuliers dire sur la première évolution. La collection se forme à la surface externe des os; elle pousse et refoule les parties molles ; puis, obéissant aux lois de la pesanteur, fuse le long des vaisseaux et des nerfs, assez souvent sous les couches aponévrotiques, jusqu'aux limites de celles-ci. Le pus passe alors dans le tissu cellulaire sous-cutané, et vient faire saillie sous la peau. Dans ce cas, il existe deux poches purulentes, Tune sous-cutanée, Tautre sous-aponévrotique.
La poche qui contient le pus dans ces sortes d'abcès est unique, sans brides, sans cloisons, tapissée à l'intérieur par une tunique membraneuse d'aspect velouté, d'un gris rougeatre ou ardoisé, connue sous le nom de membrane jn/ogénique^ et à Textérieur formée, aux dépens des organes voi* sins, par un tissu dur, engorgé, chroniquement enflammé, d'une épaisseur variable. Le périoste, dans le voisinage de ces abcès, est plus ou moins épaissi, adhérent a la poche, mais l'os sous-jacent n'a subi aucune altération.
Marche^ iermitiaisons. — Les abcès froids profonds ont le plus souvent une marche lente; ils se terminent par la perforation spontanée, qui peut se faire sur le tégument externe ou sur le tégument interne, et, dans ce dernier cas,