‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 20 sur 153 · PARTIE NOSOGHAHHQUE. H · texte numérisé non relu

PARTIE NOSOGHAHHQUE. H

che de celles-ci en deux époques dislincles : une première époque où le consensus sympathique et morbide des fonctions existe à peine, une seconde époque où ce consensus est parfaitement établi. Voyons donc comment se comportent les phénomènes communs pendant le cours de ces deux époques.

A. Étude des phénomènes communs 'pendant la première époque des maladies constitutionnelles. — Je passe successivement en revue l'habitude extérieure du malade, puis les fonctions animales, vitales et naturelles.

Dans l'habitude extérieure des scrofuleux, j'arrêterai tout d'abord votre attention sur l'état de la température du corps, qui souvent est notablement abaissée.

Cet abaissement de température n'est pas seulement sensible pour le malade ; il l'est encore pour le médecin. J'ai eu plus souvent l'occasion de l'observer au début de la maladie qu'à une période avancée. Les sujets ont les mains froides, les pieds froids; tout le corps semble refroidi. Ils refroidissent les personnes avec lesquelles ils sont en contact.

Je donne en ce moment des soins à une jeune dame qui, dans son enfance, a été affectée «le gourmes et d'ophthalmies périodiques, chez laquelle les règles ne sont pas très abondantes et qui a le corps continuellement froid, à ce point, que la main appliquée sur les bras éprouve la même sensation que si elle était appliquée sur du marbre. La figure est souvent d'une pâleur verdâtre ou bleuâtre comme dans le frisson; les veinules sont dilatées. 11 n'y a pas chez elle d'affection organique du cœur. Si elle se met au lit, l'épaisseur des couvertures, les édredons, le contact de son mari, homme gros et fort, rien ne peut la réchauffer.

Cet abaissement de la température du corps n'est pas rare

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clans les premières périodes de la scrofule : la syphilis, la dartre etl'arthritis ne présentent rien de semblable.

Dans la phthisie on observe parfois au début une augnn n ■ tation de la chaleur normale vers la face et les parties supérieures du corps; mais, à part les cas où surviennent des hémorrhagies, qui souvent sont précédées ou accompagnées d'un frisson plus ou moins général, on n'observe pas, dans la diathèse tuberculeuse, cet abaissement de température si remarquable chez certains scrofuleux.

De nombreuses variations dans la température du corps ne sont pas rares chez les hystériques ou chez les hypochondriaques; mais le refroidissement est accidentel : il alterne souvent avec des bouffées de chaleur. J'en dirai autant delà chlorose pendant le cours de laquelle les malades accusent parfois des alternatives de chaleur et de refroidissement. Le docteur Uzac, dans le remarquable travail qu'il a publié sur la chlorose, n'a pas oublié de mentionner ce symptôme; il ajoute que, dans ces cas, le thermomètre, appliqué sous l'aisselle, ne lui a fait connaître aucune différence dans la chaleur thermométrique du corps, malgré les sensations de froid éprouvées par les malades.

Nul doute que cet état de la température ne soit pour quelque chose dans l'absence ordinaire des principaux caractères inflammatoires des abcès chez les scrofuleux, absence qui a fait donner le nom d'abcès froid à l'affection, et celui d'humeurs froides à la maladie.

Le volume du corps, pendant le cours des maladies constitutionnelles, offre de nombreuses variations qui dépendent de l'état de la nutrition, et aussi de l'état du système cellulaire dont les fonctions sécrétoires et absorbantes peuvent être plus ou moins troublées.

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En général, on peut dire que le volume du corps diminue graduellement àU flit et à mesure que progresse la maladie constitutionnelle. En général aussi, l'augmentation du volume du corps, pendant la marche croissante des maladies constitutionnelles, est un signe d'hydropisie ou d'infiltration séreuse du système cellulaire.

Mais la marche des maladies constitutionnelles n'est pas toujours graduellement croissante; on observe, par intervalles, des temps d'arrêt, des périodes même où l'état du malade semble s'améliorer et pendant lesquelles l'embonpoint ou reste stationnaire ou paraît augmenter.

Ce que je dis là, est particulièrement applicable à la scrofule : dans aucune autre maladie chronique vous ne verrez autant d'irrégularités dans la nutrition. Pour une circonstance ou pour une autre, le scrofuleux maigrit avec une rapidité quelquefois effrayante; mais dès que l'accident qui avait causé cet amaigrissement n'existe plus, il reprend, dans un temps très court, tout ce qu'il avait perdu d'embonpoint et de forces, et dépasse même les limites de la santé la plus florissante.

Comparez, sous ce rapport, le scrofuleux et le véritable phthisique : le poitrinaire non scrofuleux va chaque jour en se détériorant, en s'émaciant davantage, sans repos ni trêve ; la maigreur fait de continuels progrès et ne subit aucune interruption dans sa marche ; le marasme est chaque jour plus prononcé qu'il ne Tétait la veille. Il n'en est pas ainsi du scrofuleux poitrinaire chez lequel l'amaigrissement a une marche saccadée, ne va en quelque sorte que par sauts et par bonds. Rien de plus ordinaire que de voir chez le scrofuleux la maigreur s'arrêter tout à coup, après avoir fait d'abord d'assez notables progrès, l'embonpoint et les force

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revenir à ce point de donner au malade l'espoir d'une prochaine guérison, quand une nouvelle joowssee de la maladie vient lui faire perdre tout le terrain qu'il semblait avoir reconquis et le précipiter de nouveau vers le terme fatal de l'extrême émaciation.

Ces irrégularités de la nutrition sont propres à la scrofule : elles ne s'observent pas dans les autres maladies constitutionnelles.

Dans la syphilis, on voit se conserver longtemps intactes les fonctions nutritives, puis quand l'amaigrissement arrive, il fait de continuels progrès : le corps parvient aux dernières limites de dessèchement. La maigreur est aussi fort remarquable dans la dartre, et ce n'est pas sans raison que Lorry a tant insisté sur ce symptôme; mais dans la dernière période de cette maladie constitutionnelle, on voit parfois l'amaigrissement alterner avec l'anasarque.

C'est dans Parthritis que la nutrition subit les atteintes les moins fortes. On voit dans beaucoup de cas persister l'embonpoint jusqu'à une époque très avancée; il ne disparaît que pour faire place, le plus souvent à la tuméfaction œdémateuse du corps.

La couleur de l'enveloppe extérieure du corps se modifie dans le cours des maladies constitutionnelles. J'ai, bien des fois déjà, en visitant avec vous les malades de mon service, attiré toute votre attention sur cet important phénomène.

C'est dans la scrofule encore que ces transformations de la couleur normale sont les plus variées et les plus curieuses à connaître.

La coloration rosée, vive, animée delà peau en général et de la peau delà face en particulier a été donnée, vous le savez, par beaucoup d'auteurs comme un caractère propre de la

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