‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 26 sur 153 · PARTIE NOSOGRAPIIIQUR · texte numérisé non relu

PARTIE NOSOGRAPIIIQUR

Il est un ordre de complications fort ordinaire dans le cours et vers la fin des maladies constitutionnelles et diathésiques, sur lequel je désire attirer quelques instants toute votre attention; je veux parler des maladies parasitaires.

Qui de vous ignore que, dans les derniers jours des maladies chroniques, et particulièrement vers la fin des diathèses tuberculeuse et cancéreuse, on voit apparaître, sur la langue et les parois buccales, une végétation blanche, connue sous le nom de muguet, et constituée par un végétal parasite, l'oïdium albicans. N'avez-vous pas été frappés plus d'une fois, en parcourant nos salles, de cette coïncidence remarquable, sur le même sujet, du favus et de la scrofule, du vitiligo des auteurs ou du porrigo decalvans avec la syphilis secondaire, du trichophyton avec la dartre? La diminution lente et graduelle des forces vitales favorise très certainement chez l'homme le développement des végétaux parasites. Mon ami le docteur Jodin a démontré (1) que la dénudation épidermique, si fréquente dans les affections cutanées constitutionnelles, est la condition physique qui permet l'implantation du végétal parasite ; mais la cause de la prédilection de X oïdium pour la cachexie, de Vachorion et du microsporon furfur pour la scrofule, du microsporon decalvans pour la syphilis, du trichophyton pour la dartre, demeure pour nous lettre close ; nous ne savons absolument rien à cet égard. Mais connaissons-nous mieux les conditions qui font que tel végétal vit et prospère sur un terrain, tandis qu'il se flétrit et meurt sur un autre? Assurément non.

(1) De la nature et du traitement des angines couenneuses et du croup, Paris, Ad. Delabaye, 1859.

Remarquez bien que si l'organisme humain vient à être momentanément modifié dans le cours de la scrofule par la complication d'une maladie aiguë, comme une fièvre typhoïde, il devient un mauvais terrain pour la végétation favique, qui languit pendant tout le cours de la maladie aiguë, tandis que d'autres végétaux semblent s'en accommoder parfaitement bien : certaines algues de la bouche, par exemple. N'allez pas croire toutefois que la scrofule, qui prédispose à l'achorion, exclut tout autre champignon; que la syphilis, qui prédispose à la teigne décalvante, met à l'abri du favus : ce serait une grande erreur. Je vous ai montré bien souvent, sur nos scrofuleux, la teigne achromateuse, et, dans mes leçons, j'ai déjà eu occasion de parler d'une femme affectée de syphilis secondaire, qui se trouvait, en 1850, placée dans mon service, à côté d'une jeune fille atteinte d'un favus général. Chez celte malade nous avons pu suivre jour par jour, sur l'extrémité du nez, le développement d'un godet favique d'une remarquable beauté.

Nous terminerons l'étude de la partie nosograpbique des maladies constitutionnelles par quelques considérations générales sur Vanatomie pathologique et les lésions du sang.

De nos quatre maladies, la scrofule est assurément celle qui désorganise le plus les tissus, et qui, sous le rapport de la multiplicité et de la variété des lésions, mérite d'occuper la première place. Elle donne lieu à des lésions inflammatoires, à des lésions de texture (ramollissement, induration, raréfaction et condensation des tissus), à des lésions organiques proprement dites, homœomorphes : graisse, cartilage, tissus fibreux et osseux ; hétéromorphes : tubercules, produits fibroplastiques, squirrhe, encéphaloïde, mélanose, etc.

La syphilis produit aussi des lésions inflammatoires, mais

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