PARTIE NOSOGRAPIIlQUE
elles sont bien différentes des inflammations scrofuleuses. Si la suppuration est lente à se former, vous trouverez dans les caractères physiques des deux pus des différences essentielles. Le pus scrofuleux est clair, analogue à du petit-lait; il renferme des portions de fibrine ou des concrétions tuberculeuses ; il exhale une odeur aigre. Le pus syphilitique est plus épais, d'une égale consistance, analogue à une dissolution de gomme, exhalant une odeur fade ou fétide. Si la suppuration se fait promptement, les différences entre les deux pus s'effacent, et le microscope ne nous a pas encore révélé ce qui fait que l'un donne naissance à des chancres et à des bubons, et que l'autre ne produit rien.
Il en est de même dans l'arthritis. Une pleurésie rhumatismale, par exemple, ne ressemble en rien à ces pleurésies latentes, essentiellement purulentes, véritables abcès froids des cavités splanchniques que l'on a quelquefois l'occasion d'observer pendant le cours de la scrofule.
Comme la scrofule, la syphilis détermine la condensation et la raréfaction des tissus, le ramollissement et l'induration des parties organiques; elle provoque la formation de produits homœomorphes (tissu osseux, par exemple), et de produits hétéromor plies, l'élément fibro-plastique, la gomme, qui n'est peut-être qu'un mélange des éléments ordinaires de l'inflammation, de tissu fibro-plastique et de tubercules.
Le vice arthritique donne naissance aussi à des lésions de texture et à des produits étrangers à l'organisme. Est-il nécessaire de vous rappeler les désordres que l'arthritis produit dans le système circulatoire, le cœur et les gros vaisseaux, et les concrétions tophacées analogues aux calculs pour la composition ?
La dartre, outre qu'elle détermine souvent des affections
qui ne s'accompagnent d'aucune altération organique appréciable, produit encore des lésions inflammatoires très variées, des raréfactions de tissu par hydranose, des lésions organiques hétéromorphes, variées et multipliées.
Parmi les produits morbides des maladies constitutionnelles, le tissu fibro-plastique est commun à la scrofule et à la syphilis ; le tubercule est propre à la scrofule, la gomme à la syphilis, le tophus à l'ai thritis. Mais le produit morbide qui appartient plus spécialement à la dartre, quel est-il? — J'ai déjà dit que des recherches étaient encore à faire sur ce sujet : je vous ai signalé, dans l'une de mes dernières leçons, ces desiderata de la science.
Il y a certainement une différence dans les caractères et la structure du véritable cancer gastro-hépatique et les dégénérescences cancéreuses de l'estomac et du foie survenues à la suite d'une métastase dartreuse, ou spontanément développées pendant la dernière période de la dartre.
Déjà je puis vous dire que j'ai été frappé d'une différence dans la symptomatologie des deux affections : dans le cancer dartreux, je n'ai jamais observé la teinte jawie-paille, qui manque rarement dans le cancer diathésique. Dans la dartre, n'y aurait-il jamais diffusion du produit morbide sur un grand nombre d'organes, tandis que cette dissémination existerait au contraire très communément dans ladiathèse? Ce n'est là qu'une conception à priori, qui demande, pour être admise comme une vérité scientifique, la sanction de l'expérience.
Le sang, comme toutes les autres parties constituantes de l'organisme humain, peut subir des altérations pendant le cours des maladies constitutionnelles. Toutefois, malgré la faveur dont jouissent de nos jours les travaux en hématologie,