MARCHE ET DURÉE
5* Terminaisons.
Une guérison radicale, définitive, peut être obtenue, cela est incontestable. On a parlé de crises, d'éruptions furonculeuses, de la formation d'abcès à la suite desquels on voyait les accidents marcher rapidement vers la guérison. Je n'ai jamais rien vu de semblable. La mort est assez commune : elle arrive le plus souvent d'une manière graduelle, par le fait, des progrès de la cachexie. Quelquefois elle succède à un accident, et arrive alors prématurément. Ici, c'est une hémorrhagie rapidement mortelle; là, c'est un caillot qui ferme le calibre d'une artère et amène le sphacèle des parties situées au-dessous; ailleurs, c'est l'action mécanique d'une tumeur scrofuleuse sur un organe très important situé dans le voisinage. Une masse t uberculeuse placée sur le trajet des grosses bronches va comprimer les canaux aériens et donner lieu à une asphyxie progressive. D'autres fois, une vomique va s'ouvrir dans les bronches, et ici l'asphyxie sera instantanée. Dans d'autres cas enfin, c'est une perforation du péritoine qui amènera une péritonite suraiguë. Je possède des exemples de ces différentes terminaisons.
6" Durée.
Elle est généralement très longue. Comme nous l'avons dit en parlant de la marche, pour s'en convaincre et s'en faire une idée, il suffit, en parcourant une salle de scrofuleux, de jeter les yeux sur les pancartes, et l'on verra que la plupart des malades sont admis depuis cinq, six, huit mois, et même depuis plusieurs années. Dans cette durée, il faut faire entrer en ligne de compte les récidives. Ici il ne faut pas con-
ilz DE LA SCROFULE.
fondre les récidives de la maladie avec les récidives des affections ou des accidents de la maladie elle-même. Il faut appeler récidive le retour, après guérison, de toutes les périodes, ou au moins de la deuxième et de la troisième période, et la persistance des accidents pendant un temps assez long. Quant aux accidents isolés, ils reparaissent très fréquemment, parfois même à plusieurs reprises, mais sans que cela implique nécessairement le retour de la maladie. Les scrofulides, les autres phénomènes de la scrofule primitive sont très sujets à récidiver, et ils se répètent assez souvent aussi dans le cours de la seconde et de la troisième période.
7° Complications.
Les plus ordinaires sont les suivantes : l'érysipèle, les fièvres éruptives, la coqueluche, la syphilis, le rachitis, l'arthrilis, la dartre et les teignes. ,
L'érysipèle est une complication des plus communes. Loin d'aggraver la maladie, il semble plutôt en hâter la solution favorable.
Je puis en dire autant des fièvres éruptives. Plusieurs fois, à la suite d'un exanthème fébrile, j'ai vu les ulcérations scro • fuleuses marcher activement vers la cicatrisation. Lugol était d'une opinion contraire : il croyait ces fièvres, mais surtout la variole, susceptibles d'aggraver les accidents et de donner une impulsion nouvelle à la maladie. Mon expérience n'est pas ici d'accord avec celle de ce praticien, et je crois qu'il se sera laissé influencer par quelques cas exceptionnels.
Quant à la coqueluche, son influence m'a paru défavorable. Je l'ai vue provoquer la phthisieou bien en hâter les progrès, lorsqu'elle était déjà développée.