TRAITEMENT
des bains d'alun, on s'expose aux répercussions, c'est-àdire qu'on précipite la marche de la scrofule; on fait promptement disparaître l'affection cutanée, et en môme temps l'on hâte le développement de la scrofule interne ou viscérale.
Si, dans la scrofule ganglionnaire, vous ne donnez que de l'huile de morue, vous n'arriverez à aucun résultat.
Si, dans la scrofule osseuse, vous vous bornez, comme le font un grand nombre de praticiens, à donner matin et soir une cuillerée d'huile de foie de morue, vous n'obtiendrez aucune amélioration, et, quand arriveront les premiers signes de la cachexie, vous serez obligés de renoncer à tout moyen curatif.
Î3° Traitement.
On l'a divisé en préservatif, curatif, palliatif.
Je n'ai que peu de choses à vous dire des traitements préservatif et palliatif.
Le premier consiste dans la soustraction des causes que nous avons énumérées, dans une sage application des règles de l'hygiène : air pur, chambre à coucher vaste, aérée, exposée au midi; nourriture substantielle et de bonne qualité, etc.
Le second consiste à faire la médecine des symptômes : calmer les douleurs par les narcotiques, arrêter la diarrhée par les astringents et les opiacés, arrêter les hémorrhagies par l'emploi des moyens hémostatiques, etc.
Le traitement curatif a été divisé en traitement général, local et chirurgical ou traitement externe et traitement interne. *
La thérapeutique d'une maladie se compose, comme je l'ai déjà dit précédemment, d'une série d'indications qui sont
fournies par la maladie elle-même, par ses périodes, ses formes, sa marche, ses accidenls, le siège et la nature de ses affections. Je n'ai à parler, pour le moment, que des indications fournies par l'unité pathologique.
Indications fournies par la maladie essentielle. » — C'est le traitement spécifique. Eh bien! la scrofule, il faut le dire tout de suite, n'a pas de remède spécifique, et sous ce rapport elle ne diffère en rien du plus grand nombre des maladies. La syphilis elle-même n'a pas son spécifique. Le mercure est à peu près inutile dans la syphilis primitive ; il aggrave en général la syphilis tertiaire, et ne convient que dans la syphilis secondaire.
Un très grand nombre d'agents ont cependant été tour à tour prônés comme des spécifiques de la scrofule ; j'indiquerai seulement les principaux.
L'iode, dont Lugol avait exagéré les vertus. Ce médicament peut être utilement administré dans un très grand nombre d'affections scrofuleuses ; mais peut-être est-il appelé à rendre plus de services comme agent externe, comme topique siccatif, modificateur local, que comme agent interne. Rapprochons de l'iode l'éponge brûlée et le chêne marin ou fucus vesiculosus, qui autrefois ont été regardés comme des spécifiques de la scrofule, et les plantes antiscorbutiques, qui ne paraissent agir que par l'iode qu'elles contiennent.
Le soufre a aussi été décoré du titre de spécifique. Bordeu a spécialement recommandé les eaux sulfureuses contre cette maladie, notamment celles de Baréges. Le soufre seul ne me paraît pas avoir une action bien efficace dans le traitement de la scrofule. Le plus ordinairement je me borne à le prescrire extérieurement, en bains. Toutefois il serait bon de savoir à quoi s'en tenir sur la valeur du soufre comme