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ART. II. — DES SCROFULIDES MALIGNES

Nous avons vu, dans les leçons précédentes, que la scrofule se traduisait, chez l'enfant, par des éruptions tégumentaires, des dartres fluentes, humides, qui avaient spécialement pour siège la tête et les parties supérieures du corps; que ces éruptions, après avoir duré un temps plus ou moins long, disparaissaient, le plus souvent sans laisser de traces

(1) Tout récemment, j'ai employé avec quelque avantage, dans le traitement des scrofulides bénignes, les bains d'eau d'amidon ou de Baréges, pulvérisée par l'appareil hydrofère de M. Mathieu (de laDrôme).

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cicatricielles, ou ne laissant après elles que quelques dénudations sur les régions velues.

Les scrofulides acnéiques, il est vrai, laissent souvent après elles des traces cicatricielles, mais elles forment en quelque sorte le passage des scrofulides superficielles aux scrofulides profondes.

Dans une période plus avancée, avant ou après la puberté, survient un nouvel ordre d'éruptions tégumentaires, sur lequel je me propose aujourd'hui d'appeler toute votre attention.

Six caractères principaux distinguent ces nouvelles scrofulides : 1° l'extension aux couches profondes de la peau ; 2° la circonscription plus limitée, plus restreinte, des parties affectées ; 3° l'absence de douleur ; li° l'hypertrophie, suivie plus tard d'une atrophie remarquable des parties atteintes ; 5° la coloration d'un rouge violacé ou livide ; 6° les cicatrices indélébiles et trop souvent hideuses que laissent après elles les scrofulides profondes.

Vous voyez que ces caractères séparent nettement la scrofulide maligne de la scrofulide superficielle.

La scrofulide maligne ne reste pas, comme la scrofulide superficielle, bornée aux couches réticulaires du derme; elle pénètre plus profondément. Non-seulement elle envahit le derme et le détruit souvent de part en part, sans distinction de ses éléments constituants, mais encore elle peut gagner les parties sous-jacentes, et, de proche en proche, s'étendre jusqu'aux os, qui peuvent être une barrière pour quelquesunes de ses formes, mais, qui sont, dans d'autres, attaqués aussi bien que les parties molles.

Les scrofulides dont il est maintenant question n'ont, en général, que peu de tendance à se généraliser. Le plus sou-

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vent ce sont des affections fixes, nettement circonscrites, bornées, clans un grand nombre de cas, à une seule région du corps.

En vous traçant l'histoire des scrofulides primitives, je vous ai dit qu'elles n'étaient point accompagnées de ce prurit constant, perpétuel, augmentant par la chaleur du lit, qui caractérise si bien toutes les éruptions darlreuses, de ces picotements, de ces douleurs brûlantes, lancinantes, qui caractérisent les éruptions d'origine arthritique. Toutefois, elles se rapprochent des dartres, et si le prurit n'est pas, à beaucoup près, aussi marqué que dans ces dernières, on ne peut cependant dire qu'il fait complètement défaut. Les enfants atteints d'achores sur le cuir chevelu et sur la face se grattent souvent avec force. Le lichen scrofuleux, chez les enfants, est souvent aussi accompagné d'assez vives démangeaisons. Dans la scrofulide profonde, il n'y a pas de douleurs.C'est une chose vraiment digne de remarque que cette destruction profonde de la peau et des tissus sous-jacents, qui survient dans le lupus, sans que le malade accuse la moindre souffrance.

La tendance hypertrophique est un caractère propre à toutes les affections scrofuleuses ; mais il est bien plus frappant dans les scrofulides malignes que clans les scrofulides bénignes : de là même le nom donné à l'une de ses formes, lupus hypertrophique. A cette hypertrophie succède une atrophie non moins remarquante après la guérison. De là aussi le nom d'aewe atrophique donné à une autre forme. La couleur violacée se remarque surtout dans les scrofulides malignes inflammatoires, la couleur livide ou ocreuse dans les scrofulides fibro-plastiques.

Les scrofulides superficielles guérissent le plus souvent

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