PRONOSTIC DES SCROFULIDES MALIGNES
Les affections fibro-plastiques ulcéreuses sont plus graves que les affections ulcéreuses inflammatoires, parce qu'elles se propagent de proche en proche jusqu'au système osseux, qu'elles finissent par altérer et détruire, tandis que les scrol'ulides profondes, inflammatoires, s'arrêtent en général devant le système osseux, qui, presque toujours, limite leurs progrès destructeurs.
Les formes exfoliatrices, non ulcéreuses, de la scrofule cutanée maligne sont suivies de l'atrophie des parties sur lesquelles elles ont siégé pendant un temps plus ou moins long, et de cicatrices plus ou moins vicieuses ou difformes, mais en général moins profondes que celles de la scrofulide ulcéra tive.
Le siège de l'affection a ici une importance immense. Aux parties sexuelles, le lupus hypertrophique gêne l'accomplissement des fondions génératrices, quand il acquiert les proportions d'un véritable éléphantiasis.
Aux joues, la scrofulide maligne ulcérative est très souvent suivie d'ectropion, du renversement des paupières.
Sur le nez, qui a le triste privilège d'en être plus souvent affecté que tout autre organe, le lupus détermine l'occlusion des narines ou la perte complète ou incomplète du nez.
Aux lèvres, il met à nu les gencives et les dents par la destruction de part en part des parties sur lesquelles il siège, ou bien il rétrécit l'ouverture buccale, après avoir détruit en partie leurs bords libres et la commissure labiale.
D'une manière générale, on peut dire que le lupus a des effets d'autant plus fâcheux qu'il siège plus près des ouvertures naturelles.
L'étendue et la marche des scrofulides malignes exercent aussi une très grande influence sur le pronostic.
Si le lupus ne consiste qu'en un s^iil Lubercule, en un seul groupe de tubercules, il sera plus facile de l'attaquer localement, et vous savez combien le traitement local a d'influence sur la thérapeutique. On peut d'ailleurs, dans ce cas particulier, le détruire par les caustiques, le 1er rouge ou même l'instrument tranchant ; il n'en serait plus de môme si le lupus occupait une très grande surface ou s'il était disséminé sur presque toutes les régions du corps.
La marche du lupus n'a pas moins d'influence sur son pronostic. S'il est stationnaire, le cas est assurément moins sérieux que s'il s'étend de jour en jour, soit en surface, soit en profondeur.
La coexistence avec la scrofulide maligne d'autres accidents scrofuleux ne me paraît pas en augmenter la gravité. J'ai remarqué même que, dans les cas complexes, îe traitement interne avait plus d'influence que dans ceux où l'affection de la peau existait seule, sans complication d'aucune sorte.
Les différentes affections de la scrofulide maligne sont loin d'avoir toutes la même gravité.
Le molluscum, au moins dans le cas qu'il m'a été donné d'observer, m'a paru une affection légère et sans gravité. Toutes les petites tumeurs de la peau ont disparu sous l'influence résolutive de la ciguë, administrée intérieurement et employée extérieurement en frictions. Quelques-unes, plus volumineuses, ont été extirpées au moyen de l'instrument tranchant.
La scrofule cutanée proprement dite, tuberculeuse ou papulo-pustuleuse , est toujours plus facile à guérir que le lupus.
La scrofulide érythémateuse n'est pas la moins tenace. Si