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et semblent constituées par un dépôt de lymphe plastique ; les autres, plus grosses, purulentes, jaunâtres, sont formées par du pus et tout à fait semblables à celles de l'impétigo cutané. Quant aux vésicules, elles sont aussi, petites, coniques ou plus grosses, pisiformes, mais toujours transparentes : les premières sont des vésicules eczémateuses; les secondes, des vésicules aphtheuses. Ajoutez encore à ces caractères ceux que vous pourrez tirer de l'injection vasculaire qui existe à la base de ces éléments éruptifs : vaisseaux séparés ou fascicule vasculaire dans la pustule; rougeur vive et continue, cercle de feu entourant la base des vésicules. Je vous ai déjà fait connaître les caractères différentiels des pustules de l'impétigo et des pustules du sycosis qui peut avoir son siège sur les muqueuses garnies de poils. Je n'y reviendrai pas.
Les granulations fibro-plastiques des scrofulides malignes demandent une attention particulière pour ne pas être confondues avec les granulations de la scrofulide catarrhale. Mais, ainsi que vous le savez, la couleur est bien différente : dans la granulation inflammatoire, la couleur est d'un rouge foncé, violacé; dans la granulation fibro-plastique, elle est d'un rouge jaunâtre et comme demi-transparente. Les granulations inflammatoires sont peu nombreuses et accompagnées d'ailleurs d'une sécrétion muco-purulente à la surface de la muqueuse enflammée, sécrétion qui n'a pas lieu dans le lupus des membranes muqueuses.
Diagnostic de l'affection générique. — Voyons le diagnostic de l'affection. Rien de plus facile à distinguer que nos deux variétés de scrofulides. La catarrhale est accompagnée d'un écoulement muco-puriforme que l'on n'observe pas dans la scrot'ulide éruptive proprement dite. Les granulations inflam-
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matoires de la première ne sauraient en imposer pour les pustules de la seconde. Quant aux suffisions lymphatiques à la surface ou entre les lames de la cornée, suffusions qui ont lieu dans la conjonctivite catarrhale compliquée de kératite, il vous suffira de la moindre attention pour ne pas les confondre avec les pustules lymphatiques ou purulentes de la conjonctivite éruptive.
La scrofulide catarrhale peut-elle être confondue avec un autre mode inflammatoire, comme, par exemple, avec l'eczéma sur le conduit auditif externe, avec l'impétigo sur les ouvertures nasales?
Quand l'eczéma des régions auriculaires se prolonge au conduit auditif externe, un suintement a lieu par l'oreille, qui peut faire croire à l'existence d'une otorrhée séreuse ; mais, dans l'eczéma, on retrouve sur le pavillon, derrière le pavillon, des traces de l'affection éruptive. Le malade éprouve des démangeaisons dans le conduit auditif ; il y a des squames, etc.
Vous apporterez la même attention dans le diagnostic du catarrhe vulvo-vaginal et de l'eczéma vulvaire, qui fréquemment est accompagné d'un écoulement séro-purulent très abondant.
Le coryza peut aussi donner lieu à quelques méprises dans le diagnostic ; on peut le confondre avec l'eczéma ou avec l'impétigo des narines ; mais, dans ce dernier cas, il n'y a pas de flux par les ouvertures nasales, comme dans le catarrhe de la pituitaire, pas d'excoriations rouges avec gerçures, pas d'engorgement hypertrophique des ailes du nez, de la lèvre supérieure.
La scrofulide catarrhale peut non-seulement être confondue avec un autre mode inflammatoire de la muqueuse, mais
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encore avec l'affection d'un autre système organique. Ainsi, l'otorrhéecatarrhale peut être confondue avec l'otorrhce purulente symptomatique d'une carie du rocher; on reconnaît la perforation de la membrane du tympan, dans le catarrhe auriculaire, à l'écoulement séro-purulent, à la sortie des osselets de l'ouïe, à la surdité, aux données que fournit le cathétérisme du conduit auriculaire ; on reconnaît la carie du rocher à l'écoulement sanieux, sanguinolent, fétide, mêlé de parcelles osseuses, à l'hémiplégie faciale.
Vous distinguerez de la même manière le coryza scrofuleux, de l'ozène, qui lient, dans la plupart des cas, à une carie des os, et se distingue par l'écoulement d'un pus sanieux et fétide, par l'odeur repoussante qui s'exhale des cavités nasales.
Pour terminer ce qui a trait au diagnostic de l'affection, je dirai quelques mots des scrofulides malignes.
En parlant des caractères distinctifs des éléments primitifs, je vous ai déjà indiqué le moyen de ne pas confondre les scrofulides bénignes avec les scrofulides malignes. L'erreur est facile à éviter dans l'immense majorité des cas, surtout quand il s'agit d'établir le diagnostic différentiel du lupus et des affections de la scrofule primitive. Le diagnostic devient plus difficile s'il s'agit de déterminer le caractère de bénignité ou de malignité d'une affection pustuleuse purement inflammatoire des membranes muqueuses. Qu'une pustule se montre sur la cornée, par exemple : aurez-voiis à redouter la perforation de cette membrane et tous les accidents qui en sont la conséquence ? ou bien cette pustule doit-elle s'ouvrir constamment au dehors, sans que vous ayez à craindre d'autres suites que la production d'une simple taie à la surface de l'œil? Ce n'est qu'en vous éclairant des antécédents
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et des affections concomitantes, en tenant compte aussi des caractères propres de l'affection pustuleuse, que vous parviendrez à trancher cette question. La pustule bénigne de la cornée est superficielle , accompagnée de conjonctivite catarrhale ou d'un faisceau vasculaire de la conjonctive. La pustule d'un caractère malin est profonde; elle siège dans l'épaisseur même de la cornée, est accompagnée d'un plus grand trouble de la vision, et coïncide avec le développement d'un lupus ou de toute autre affection de la scrofule secondaire.
Diagnostic de la nature de l'affection. — Arrivons donc enfin au troisième point, qui est le diagnostic de la nature de l'affection.
1° Dans les scrofulides catarrhales. — Le catarrhe scrofuleux peut être confondu avec le catarrhe spécifique que vous connaissez.sous le nom de blennorrhagie, avec le catarrhe syphilitique, le catarrhe dartreux ou arthritique. Quels sont les signes qui différencient ces affections ?
Par la connaissance du siège et des caractères propres de l'affection catarrhale, vous arriverez, dans la plupart des cas, à déterminer sa nature.
La blennorrhagie a spécialement pour siège l'extrémité du canal de l'urèthre et la fosse naviculaire ; le catarrhe scrofuleux, la portion prostatique : les catarrhes arthritique et dartreux affectent indifféremment telle ou telle portion des voies urinaires. Aussi la plupart des catarrhes vésicaux ontils pour principe l'arthritis et la dartre, et non la syphilis ou la scrofule. L'ophthalmie blennorrhagique attaque de prime abord toute l'étendue de la muqueuse oculo-palpébrale ; l'ophthalmie scrofuleuse catarrhale débute par les paupières et les glandes de Meibomius.