DIAGNOSTIC DES SCROFUL1DES DES MUQUEUSES
Le coryza scrofuleux siège sur la partie antérieure de la pituitaire. Le coryza arthritique et le coryza dartreux ont plus spécialement leur siège sur la portion la plus rapprochée de la gorge.
Les caractères propres de l'affection subissent des modifications importantes à étudier, qui vous mettent encore plus sur la voie du diagnostic différentiel.
Vous vous rappelez ce que je vous ai dit de l'évolution catarrhale, que les auteurs ont partagée en trois périodes. La première est la période d'irritation ; la deuxième, la période de crudité; la troisième, de coction. Eh bien ! ce qui imprime aux catarrhes constitutionnels un cachet spécial, c'est la prédominance et la longue durée, l'état stationnaire en quelque sorte de l'une de ces périodes.
Ainsi, l'état stationnaire de la période irritative caractérise la dartre; — de la période de crudité, caractérise l'arthritis; — de la période de coction, caractérise la scrofule. Ou, ce qui revient au même, les catarrhes secs, latents, sibilants, appartiennent généralement à la dartre; les catarrhes pituiteux à l'arthritis, et les catarrhes muco-purulents à la syphilis et à la scrofule. Il y a d'autres caractères sans doute, et bien importants, que vous tirez de la marche de la maladie, de l'état des muqueuses affectées et des parties qui les avoisinent. Pour arriver à la connaissance parfaite de la maladie, pour établir sûrement votre diagnostic, vous ne devez négliger aucun des symptômes qui vous sont offerts par l'état bien étudié du malade.
Le coryza scrofuleux est essentiellement caractérisé par un flux nasal muco-purulent qui excorie et tuméfie la lèvre, produit des gerçures sur les angles des narines ; il est accompagné d'un gonflement granuleux ou fongueux de la pitui-
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taire, du rétrécissement des ouvertures nasales, du goiilk1ment du nez.
Dans le coryza arthritique, vous avez d'autres symptômes : cnchifrènement habituel, sécheresse des narines antérieures, écoulement de mucosités glaireuses, pituiteuses, albumineuses, par les ouvertures postérieures des fosses nasales, qui rougissent et enflamment les parois de Tarrière-bouche, provoquent l'expuition et sont rejetées par la bouche, non sans avoir quelquefois occasionné des nausées, des vomituritions ou de vains efforts de vomissement. C'est surtout le matin, quand l'individu qui porte ce catarrhe sort du lit, qu'ont lieu les nausées et les efforts de* vomissement. On comprend, en effet, que, pendant le sommeil, dans la position horizontale, les mucosités doivent s'accumuler sur la paroi postérieure du pharynx et du voile du palais, et qu'au lever, dans la position verticale, elles doivent tomber sur la luette et l'épiglofte, et provoquer des nausées et des efforts d'expuition, efforts qui durent souvent pendant un temps fort long, et sont suivis quelquefois du rejet de crachats sanguinolents.
Les mêmes phénomènes se produisent quand le sujet, après un exercice actif et le corps couvert de sueur, s'expose au refroidissement ou bien à l'action de quelque courant d'air.
Si vous examinez l' arrière-bouche dans cette affection, vous trouvez foutes les parties qui la composent, les amygdales, les piliers du voile du palais, la luette, la paroi postérieure du pharynx, rouges, plus ou moins tuméfiées et luisantes, comme subœdématiées.
Le coryza dartreux occupe le même siège, mais les symptômes sont un peu différents; le produit exhalé n'est pas