DIAGNOSTIC DES SCR0FUL1DES DES MUQUEUSES
en gros flocons albumineux : ce sont de petits crachats transparents, comme gélatiniformes, en petites masses tremblotantes ou semblables à de la gomme, quelquefois parsemés de points blancs, opaques; la paroi postérieure du pharynx, les piliers du voile du palais, sont couverts de granulations ou de petits tubercules {angine pharyngée granuleuse). La sécrétion n'est pas, à beaucoup près, aussi abondante que celle du catarrhe arthritique, et n'est pas, comme elle, modifiée par les variations de température.
Sur les sujets atteints de lèpre ou d'éléphantiasis des Grecs, le nez est tuméfié ; il y a de l'enchifrènement, des croûtes dans les narines et souvent perforation de la cloison. Cet état morbide pourrait être pris pour de la scrofule, mais le nez est luisant, la voix est souvent modifiée, il y a des macules ou des tubercules sur d'autres régions du corps, de l'insensibilité cutanée, etc.
J'arrêterai encore quelques instants votre attention sur le diagnostic différentiel du catarrhe oculaire. C'est, en effet, sur l'œil que vous pouvez le mieux discerner toutes les nuances que l'état diathésique et constitutionnel imprime aux symptômes des maladies.
Permettez-moi de vous rappeler succinctement les caractères principaux de l'ophthalmie scrofuleuse, et d'en grouper les signes les plus importants. Début par le bord libre des paupières; l'élément glandulaire souvent attaqué isolément, d'où résultent l'orgeolet, le tylosis, les callosités qui succèdent à l'inflammation des glandes de Meibomius; quelquefois de petites ulcérations, soit sur le grand angle seulement, soit sur différents points du bord libre des paupières. L'inflammation peut se propager de là aux conduits lacrymaux, qu'elle oblitère, d'où l'épiphora ; au sac lacrymal (dacryo-
cystite), avec oblitération du canal nasal et sécheresse de la narine correspondante; elle gagne la conjonctive palpébrale, produit des granulations à sa surface, occasionne de la gène, de la douleur, une sensation de sable ou de graviers entre la paupière et la surface du globe oculaire ; puis elle arrive à la conjonctive scléroticale, où elle donne lieu à la formation de faisceaux vasculaires qui s'avancent jusque sur la cornée, et à l'extrémité interne desquels se montrent parfois des épanchemenls lymphatiques, des points pustuleux blanchâtres, puis des ulcérations, d'autres fois des granulations verruqueuses, ou même de véritables végétations ; enfin, cette inflammation scrofuleuse attaque la cornée elle-même, qui devient louche, opaque dans certains points, par suite de suffusion lymphatique entre ses lames superficielles ou de très petites granulations développées à sa surface. La kératite scrofuleuse est accompagnée de photophobie, de larmoiement, de troubles de la vision, quelquefois de cécité; elle peut être suivie d'ulcérations de la cornée, et laisser après elle des taches opaques sur cette membrane, taches que vous connaissez sous les noms de taies et à'albugo.
Un pareil ensemble de symptômes ne se présente dans aucune autre inflammation de la conjonctive oculo-palpébrale.
L'ophthalmie blennorrhagique a une marche rapide; en très peu de temps elle envahit toute l'étendue de la conjonctive oculo-palpébrale; elle s'accompagne de tuméfaction, de boursouflement de la conjonctive, qui est d'un rouge violacé : il y a production de chémosis, sécrétion d'une énorme quantité de muco-pus verdâtre. L'ophthalmie syphilitique proprement dite, celle qui fait partie du cortège delà syphilis constitutionnelle, n'est pas un catarrhe oculo-palpébral, c'est