DIAGNOSTIC DES SCROFULIDES DES MUQUEUSES
une i ri lis spécifique qui ne saurait jamais vous en imposer pour une iritis scrofuleuse, comme je le disais tout à l'heure en vous parlant du diagnostic différentiel des scrofulides malignes de l'œil.
Quant aux ophthalmies arthritique et dartreuse, elles peuvent affecter toutes deux la forme de l'inflammation catarrhale; mais le catarrhe arthritique est essentiellement pituileux, et le catarrhe dartreux essentiellement irritatif, c'est-cà-dire que dans l'ophthalmie arthritique (par cette expression je désigne les ophthalmies rhumatismale et arthritique des auteurs), l'inflammation catarrhale reste stationnaire à la seconde période, et que dans l'ophthalmie dartreuse elle reste stationnaire à la première période : c'est ce qui fait que le caractère catarrhal de l'ophthalmie a été méconnu dans l'inflammation arthritique de l'œil, et la sécrétion morbide de la muqueuse confondue avec l'épiphora.
Quelques mots encore sur le diagnostic de ces catarrhes spéciaux. J'insiste d'autant plus sur ce point qu'il vous offre plus d'intérêt et vous montre combien nos doctrines diffèrent de celles qui ont cours aujourd'hui dans la science. L'ophthalmie arthritique se distingue par le caractère particulier des douleurs qui l'accompagnent : elles sont pongitives, lancinantes, ont leur siège dans l'orbite et souvent dans toute la tête, ne sont pas en rapport avec le degré de l'inflammation. Elle se distingue encore par la marche, qui est paroxystique avec exacerbations vers le soir, et par la nature de ses symptômes qu'on a partagés en deux périodes, l'une de congestion, l'autre d'éruption. Dans la première, l'injection vasculaire de la sclérotique se compose de vaisseaux dilatés, disposés parallèlement, assez écartés les uns des autres, se dirigeant de la sclérotique vers la circonfé-
rence de la cornée ; elle forme un plan profond de vascularisation sur lequel on peut faire glisser la con jonctive. L'injection de la conjonctive est plus superficielle, composée de vaisseaux plus rapprochés ou formant un plan uniforme, continu, qui n'a que quelques rares anastomoses avec les vaisseaux de la sclérotique. Dans la seconde période, il y a éruption de phlyctènes ou de petites vésicules sur la cornée, éruption qui laisse après elle de petites taies, et plus souvent seulement de petites dépressions en forme de facettes. Ajoutez à ces signes que cette ophlhalmie peut disparaître brusquement et alterner avec l'arthropathie rhumatismale ou goutteuse.
L'ophthalmie dartreuse, admise par la plupart des ophtalmologistes, est loin d'avoir une signification nette el précise. Pour M. Siebel, Fophthalmie dartreuse n'est qu'une blépharite. avec granulations ou pustules, coïncidant avec une éruption cutanée, une gourme impétigineuse, par exemple : en un mot, c'est tout simplement une manifestation de la scrofule sur l'œil. Weller a décrit, comme opbthalmie dartreuse, une conjonctivite dont le caractère principal serait aussi Téruption granuleuse ou vésico-pustuleuse.
Ainsi, parmi les auteurs qui ont parlé de l'ophthalmie dartreuse, pour les uns, c'est de la scrofule ; pour les autres, ce n'est qu'une manifestation de l'éruption dartreuse sur la conjonctive.
Quant à moi, j'admets parfaitement que la dartre et la scrofule peuvent se traduire en éruptions granuleuses ou vésico-pustuleuses sur la conjonctive ; mais j'admets, de plus, une forme catarrhale spéciale propre à la dartre sur la membrane muqueuse oculo-palpébrale. Ce qui caractérise cette forme, c'est la sécheresse delà muqueuse ou la faible quan-