‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 8 sur 153 · ÉTUDE GÉNÉRALE ET COMPARATIVE DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES · texte numérisé non relu

ÉTUDE GÉNÉRALE ET COMPARATIVE DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Avant de prendre les affections de la scrofule en particulier pour les étudier en elles-mêmes et dans ce qu'elles peuvent avoir de commun avec les affections correspondantes des autres maladies constitutionnelles, je pense qu'il est bon de vous tracer succinctement une histoire générale et comparative de ces quatre maladies : la scrofule, la syphilis, la dartre etl'arthritis.

De ces maladies, une seule, la syphilis, n'a pas été démembrée par les auteurs modernes. Son unité est restée intacte. La spécificité de ses affections est tellement accusée, tellement évidente pour tous, qu'en dépit des doctrines organiciennes, le lien des affections n'a pas été brisé.

Je me trompe, à diverses époques on a essayé de faire l'histoire séparée de ces affections. Les syphilides ont été décrites à part : on a été plus loin, en divisant les syphilides elles-mêmes pour les faire entrer dans les divers ordres établis parWillan.Lasyphilide exanthémateuse s'est trouvée cà côté de la rougeole et de la scarlatine ; la syphilide vésiculeuse a été placée à côté de la gale et de la varicelle ; la syphilide pustuleuse, à côté de la variole, etc. La nécrose et la carie syphilitiques, regardées comme affections chirurgicales, n'ont plus été décrites qu'au chapitre qui traite de l'ostéite, dans les traités de chirurgie.

Supposez un instant que l'hypothèse du virus ait été aban-

iti DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES EN GÉNÉRAL.

donnée pour la syphilis, comme clie l'a été pour la scrofule et la dartre, et plus il n'eût été question de l'unité syphilitique; la syphilis, aussi, se trouvait complètement démemhrée. Cette supposition, au reste, n'a été qu'une trop parfaite réalité pendant le règne de la doctrine physiologique.

Pour ce qui est de la scrofule, de la dartre et de l'arthritis, les rapports des affections sont méconnus ou complètement ignorés. On décrit les affections comme autant de maladies distinctes. Les auteurs ne se préoccupent, ni des lésions nécessaires qui les précèdent, ni de celles qui les suivent fatalement. Ce sont des ophthalmies, des otites, des pseudoteignes, des tumeurs blanches, des caries, des lésions viscérales organiques, qui toutes ont leurs causes spéciales, forment des maladies indépendantes, dont la nature varie selon l'organisation différente des tissus qui en sont le siège, et dont le traitement doit être subordonné à l'état des forces vitales de la partie affectée. Ne voyez-vous pas quelle différence profonde il y a entre nos doctrines et celle des organiciens, et quelles conséquences pratiques en découlent immédiatement?

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