‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 70 sur 153 · DIAGNOSTIC DES SCUOFULIDES DES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DES SCUOFULIDES DES MUQUEUSES

sembleraient disposés à admettre un rapport, une relation de cause à effet, entre la syphilis constitutionnelle et l'herpès périodique du prépuce et du gland. Une telle manière de voir est-elle basée sur une interprétation exacte et fidèle des faits? Je ne le pense pas. Voici quel est mon sentiment :

Le fait vrai, c'est la reproduction périodique de l'herpès préputial sur les sujets qui ont eu des chancres sur la verge ; mais on ne saurait inférer de là que l'herpès soit, dans ce cas, un accident vénérien. En effet, il ne présente aucun des caractères spécifiques des affections syphilitiques ; il disparaît seul, et sa ressemblance est complète avec l'herpès des autres régions du corps. Maintenant, voici l'explication que nous donnons de ce fait. L'herpès préputial est, comme le zona, une manifestation aiguë de la dartre ou de l'arthritis, et, s'il se présente plus souvent à la verge chez les sujets qui ont eu des chancres, c'est que la dartre apparaît plus facilement sur uneparlie de la peau qui a été, pendant un temps plus ou moins long, le siège d'une inflammation chronique. Sur ce point, la peau est plus impressionnable, et le contact d'un agent irritant, celui, par exemple, de la matière leucorrhéique pendant les rapprochements sexuels, ou même la seule influence de la cause morbilique interne, suffisent pour y déterminer l'apparition de l'éruption herpétique.

Je passe à la scrofulide maligne des membranes muqueuses, et c'est par là que je terminerai ce que j'ai à dire du diagnostic.

Lorsque la scrofulide maligne des muqueuses n est que l'extension de celle de la peau qui l'avoisine, il ne peut y avoir aucune incertitude. Ainsi, quand bien même, sur les lèvres, l'éruption croûteuse, fendillée, ne vous semblerait pas de prime abord appartenir au genre lupus, si Paflection a

commencé par la peau des lèvres, et ne s'est étendue que consécutivement à la muqueuse, vous pouvez être sûrs que vous avez affaire, sur les deux téguments, à deux affections de môme nature, appartenant toutes deux a la scrofule tégtfmen taire profonde.

Quand la scrofulide maligne débute par la pitui taire, par la cloison du nez ou par l'arrière-bouche, le voile du palais, la voûte palatine, à quels caractères ia distinguerez-vous de la syphilide ulcéreuse des mêmes régions ? Il va sans dire que nous écartons tous les renseignements qui pourraient être fournis par les affections concomitantes et les antécédents; nous demandons, en ce moment, uniquement à l'ensemble des caractères propres aux affections, de nous fixer sur le diagnostic différentiel.

Je vous le déclare en toute sincérité : dans ces cas, le diagnostic est quelquefois tellement obscur, qu'il faut rester dans le doute, et ne pas craindre d'essayer, comme pierre de touche, les remèdes antisyphilitiques, notamment le sirop de biiodure de mercure.

Rappelez-vous cependant que la syphilide ulcéreuse a plus de tendance à débuter parla muqueuse, pour s'étendre consécutivement à la peau, tandis que la scrofulide ulcéreuse débute plus souvent par la peau, et ne s'étend que consécutivement à la muqueuse. La forme, la disposition des parties ulcérées, l'odeur des produits qui en découlent sont autant de signes qu'il est important de connaître. Dans la scrofulide maligne, vous trouverez généralement une plus grande quantité d'éléments primitifs sur les bords de l'ulcère que dans la syphilide ulcéreuse, plus de granulations et de fongosités à la surface des parties ulcérées.

Sur l'œil, les pustules profondes de la cornée ont toujours

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