‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 72 sur 153 · ÉCROUELLES GANGLIONNAIRES · texte numérisé non relu

ÉCROUELLES GANGLIONNAIRES

ganglionnaires et écronelles cellulaires, que nous devons étudier séparément.

g I . — Écronelles ganglionnaires.

Dans l'état normal, les glandes lymphatiques sont à peine appréciables au toucher, à cause de leurs petites dimensions et de leur forme aplatie. Vous savez qu'elles ont à peu près le volume et la forme d'une lentille ; — si donc on les sent mobiles sous la peau, arrondies, pisiformes, globuleuses, c'est que déjà elles sont hypertrophiées. On les trouve ordinairement roulantes et en nombre plus ou moins considérable, uniques ou multiples, isolées, écartées les unes des autres, indépendantes ou réunies par une sorte de cordon intermédiaire qu'on peut aussi sentir sous la peau ; c'est le vaisseau efférent hypertrophié, engorgé, induré, que l'on sent au milieu des glandes formant chapelet, et non pas immédiatement sous la peau, comme dans la syphilis.

Ce premier degré de l'engorgement ganglionnaire se présente à notre observation sous deux états différents : 1° l'état hypertrophique pur; 2° l'état inflammatoire.

Dans le premier cas, les glandes ne sont nullement sensibles à la pression; elles sont invisibles ou à peine visibles extérieurement, et ne peuvent encore, en raison de leur petit volume, occasionner d'accident par la pression qu'elles exercent sur les organes du voisinage.

Dans le second cas, celui de gangliite ou d'angioleucite, qui est ordinairement consécutif cà une inflammation de la peau, comme l'érysipèle, la scarlatine, la rougeole, îagale ou une scrofulide primitive, la pression sur les petites glandes occasionne de la douleur ; tantôt sourde, tantôt vive, aiguë,

cetle douleur existe sur tout te trajet des ganglions et vaisseaux lymphatiques enflammés. On trouve, de plus, une coloration rosée, en plaques ou sous forme de bande, qui correspond exactement à la direction des vaisseaux atteints d'inflammation. Le plus souvent alors la marche de la gangliite est aiguë, et l'inflammation disparaît avec la cause qui l'a déterminée; mais, dans quelques cas, les ganglions restent hypertrophiés, entretenus dans cet état par la constitution scrofuleuse du sujet.

Un deuxième degré de l'engorgement ganglionnaire est encore caractérisé par deux états pathologiques différents : l'hypertrophie d'une part, et, de l'autre, l'adénite suppurative.

La glande, qui avait le volume d'un pois ou d'un haricot, prend graduellement de l'augmentation, et acquiert bientôt la grosseur d'une aveline, d'un œuf de pigeon ou d'une noix ordinaire. Cette augmentation graduelle de son volume s'opère sans douleur. La glande conserve son élasticité, sa légèreté ; elle reste unie et lisse cà sa surface/et toujours roulante sous les téguments; ou bien, en même temps qu'elle grossit, elle devient douloureuse, chaude, cesse d'être roulante sous la peau, contracte des adhérences avec les parties voisines; elle est le siège de battements, de douleurs pulsatives ; la peau qui la recouvre rougit, et bientôt on y sent de la fluctuation. C'est un abcès qui s'ouvre à l'extérieur ; le pus qui s'en écoule est épais, jaunâtre, crémeux; il a tous les caractères du pus phlegmoneux.

Dans un troisième degré de l'engorgement ganglionnaire, les glandes lymphatiques acquièrent un volume plus considérable; elles contractent des adhérences entre elles et avec les omanes circonvoisins, et forment, au devant des oreilles,

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