ENGORGEMENT SCROFULEUX DES MAMELLES. AU
est d'un diagnostic extrêmement facile. Il n'en est pas de môme de la tumeur scrofuleuse des mamelles. Celle-ci est souvent confondue avec le cancer.
On évitera l'erreur, dans le plus grand nombre des cas, si l'on fait attention que le cancer se montre en général dans un âge plus avancé, qu'il s'accompagne assez souvent d'une sorte d'atrophie de la glande, de dépression et d'enfoncement du mamelon qui paraît comme rentré, de douleurs lancinantes, de l'induration squirrheuse des ganglions de l'aisselle, de la teinte jaune paille, etc. ; tandis que la tumeur scrofuleuse est toujours hyperlrophique, indolente, n'offre ni la dureté du squirrhe ni la mollesse élastique de l'encéphaloïde , survient plus tôt et s'accompagne souvent d'autres manifestations de la scrofule.
2° Pronostic. — Toujours, sérieux , non pas tant à cause de l'affection locale que par la crainte de voir survenir des poussées tuberculeuses sur les viscères de la poitrine et du bas-ventre. Dans la scrofule du sein, l'organe est toujours plus ou moins compromis, et quelquefois la lésion est de nature si maligne, que l'on se voit obligé de faire le sacrifice de l'organe en conseillant l'amputation.
Traitement. — J'ai employé avec un avantage très marqué contre les tumeurs scrofuleuses du sein, la ciguë à doses graduellement croissantes. Je donne, pour commencer, un gramme d'alcoolature matin et soir, dans une tasse de houblon, et de cinq en cinq jours j'augmente d'un gramme par jour la dose quotidienne du médicament, jusqu'à concurrence de 15 à 20 grammes par jour. Les préparations iodurées, le sirop d'iodure de fer, l'huile de morue, sont d'excellents adjuvants de la ciguë.
Il ne faut pas négliger l'emploi des remèdes externes, qui
DE LA SCROFULE PAUENCH YM ATEU8E •
ont ici, plus que dans toute autre affection peut-être, une action très efficace. Les cataplasmes do ciguë, les frictions avec les pommades où il entre de la ciguë et de l'iode , contribuent puissamment à la résorption de l'engorgement strumeux.
Ajoutons encore à ces moyens quelques sangsues, périodiquement appliquées sous la mamelle engorgée, puis les bains sulfureux iodés, ou mieux encore les bains essentiellement résolutifs d'eau de mer ou d'eau de Kreuznach pulvérisée par l'appareil liydrofère de M. Mathieu (de la Drôme).