ART. III. — DE LA. PÉRISPLANCHNITE SCROFULEUSE
J'appelle périsplanchnite scrofuleuse ou tuberculeuse l'inflammation générale du système séreux, caractérisée par la production de tubercules miliaires innombrables à la surface des organes contenus dans les trois cavités splanchniques.
Cette affection a été décrite sous le nom de tuberculisation générale aiguë, de diathèse tuberculeuse généralisée. MM. Rilliet et Barthez l'ont envisagée comme une modalité symptomatique, commune à toutes les affecLions tuberculeuses de l'enfance, à marche aiguë, et en ont admis deux variétés, la fébrile simple et la typhoïde.
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Il est possible que, chez les enfants, les phénomènes sympathiques étant plus nombreux et plus facilement éveillés que chez l'adulte, il soit difficile, au milieu de cet appareil symptomatique, de trouver la lésion principale à laquelle se rattache tout cet ensemble de désordres fonctionnels ; nous croyons cependant qu'avec de l'attention, une étude sérieuse des signes physiques et en tenant compte du début et de la marche de l'affection, on peut arriver à préciser le siège de la lésion chez les enfants aussi bien que chez les adultes, quand cette lésion se localise tout entière sur un organe ou sur un seul appareil.
Mais, dans la périsplanchnite, le diagnostic est plus difficile et ne peut être que soupçonné, parce que la lésion est éparpillée partout, et qu'aucun appareil n'est plus spécialement endommagé.
J'ai observé trois ou quatre cas de cette maladie, et c'est d'après ces faits que je me crois autorisé à en donner une description succincte.
Symptômes et signes. — La périsplanchnite est ordinairement précédée de phénomènes précurseurs. Il y a, depuis un temps plus ou moins long, du malaise, de l'abattement, de l'anorexie, parfois de la diarrhée. Le début de l'affection est marqué par une fièvre plus ou moins intense. A partir de ce moment, le malade prend le lit et ne le quitte plus. L'ensemble des symptômes et la marche de la maladie font croire à l'existence d'une fièvre continue. Toutefois, l'absence de stupeur et de taches lenticulaires, l'absence des divers râles qui se perçoivent à l'auscultation dès les premières périodes de la fièvre typhoïde, et, d'un autre côté, l'existence d'une anxiété remarquable, l'agitation, un malaise inexprimable, de la sensibilité à la pression sur tous les
points des parois abdominales, une légère résonnance égophonique perçue sur les deux côtés du thorax, tels sont les signes qui peuvent éclairer le praticien dans ces cas si obscurs de diagnostic.
Cette affection dure de quinze jours à trois semaines; elle se termine probablement toujours d'une manière fatale. Je dis probablement, parce que si le malade que Ton aurait cru atteint de cette affection avait été assez heureux pour en guérir, il resterait toujours à se demander si une erreur n'a pas été commise dans le diagnostic.
Caractères de la lésion. — On trouve, à l'autopsie, une innombrable quantité de tubercules miliaires répandus à la surface de la plèvre et du péritoine. Les poumons, le foie, la rate, l'intestin, en sont parsemés à l'extérieur. En outre, la séreuse a perdu son poli, elle est partout ridée et çà et là tapissée de pseudo -membranes granuleuses qui se confondent avec les tubercules miliaires. On trouve sur l'encéphale les caractères anatomiques de la méningite simple ou de la méningite tuberculeuse.
Pronostic. Traitement. — Inutile de dire que le pronostic est ici des plus graves, et que la thérapeutique est abandonnée à la seule inspiration du praticien, qui ne peut faire que la médecine du symptôme.