MÉNINGITE SCROFULEUSE. A
non loin d'elles l'arachnoïde est assez souvent opaline par plaques. Dans les ventricules existe une quantité variable de sérosité plus ou moins trouble {hydropisie ventriculaire aiguë). On peut trouver encore le septum lucidum, le corps calleux, plus ou moins diffluents, et généralement toute la substance blanche du cerveau plus ou moins ramollie. La granulation grise existe seule ou coexiste avec la granulalion jaune et le tubercule miliaire; on la trouve particulièrement sur le trajet des vaisseaux, éparpillée dans le lacis vasculaire de la pie-mère, dans les plexus choroïdes et la toile choroïdienne.
Les granulations jaunes et les granulations tuberculeuses sont isolées, discrètes ou rapprochées, formant des plaques ou'de petites masses arrondies, plus ou moins inégales et bosselées à la surface.
Les productions tuberculeuses des méninges existent seules sur les points plus ou moins rouges et injectés ; quelquefois les parties environnantes ne présentent aucune trace d'inflammation ; d'autres fois l'inflammation est évidente : les granulations sont couvertes de sérosité lactescente ou de pus concret, et il faut de l'attention pour ne pas les confondre soit avec le pus, soit avec les pseudo-membranes.
Causes. — La méningite scrofuleuse peut survenir à tout âge, mais elle est plus particulièrement une des formes de la scrofule viscérale de l'enfance. La statistique nous apprend qu'elle est plus commune entre deux et sept ans qu'à toute autre époque de la vie. Le travail de la dentition n'est peutêtre pas étranger à la prédilection qu'affecte la méningite pour cet âge.
Elle frappe les deux sexes, mais elle est plus fréquente sur les sujets du sexe masculin.
Le tempérament et la constitution n'ont qu'une médiocre influence sur son développement ; toutefois le tempérament lymphatico-sanguin, une constitution délicate, minée déjà par un travail de tuberculisation plus ou moins avancé, doivent être considérés comme des causes prédisposantes de la méningite.
La prédominance physiologique et morbide de l'appareil céphalo-rachidien se transmet héréditairement du père à l'enfant, et prédispose ce dernier à la méningite tuberculeuse.
Les différentes conditions sociales ne paraissent avoir qu'une médiocre influence sur son développement, car, si d'un côté l'alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité, les variations de la température, auxquelles il n'est pas toujours permis au pauvre de se soustraire, peuvent y prédisposer les enfants des classes déshéritées ; d'un autre côté les écarts de régime, l'excitation cérébrale qu'entraîne si souvent à sa suite le développement prématuré des facultés de l'intelligence, vers lequel on ne, pousse que trop les enfants des classes riches, sont des causes tout aussi puissantes de l'inflammation des méninges chez ces derniers.
Les causes physiques méritent à peine de figurer parmi les influences étiologiques de la méningite tuberculeuse. Rarement, en effet, on a vu l'affection se montrer à la suite de l'insolation, d'un coup ou d'une chute sur la tête.
Quant aux influences pathologiques, leur action ne saurait être mise en doute. Qui ne sait, en effet, que la méningite se montre souvent à la suite ou pendant la convalescence d'une autre maladie, telle que la coqueluche ou la rougeole?
Scmiotiquc. — Diagnostic. — Comme pour toutes les affections de la scrofule, il faut dire à quels signes on recon-