PÉRITONITE SCROFULEUSE. HO
et préciser le siège de ces productions organiques, tels sont les problèmes dont la solution est exigée par cette première question du diagnostic : quelle est la lésion primitive?
L'inflammation du péritoine se reconnaît à l'existence d'une douleur permanente, superficielle, augmentant par la pression, avec fièvre, constipation, vomissements, météorisme. ballonnement du ventre, faciès grippé, etc. Le siège primitif de la douleur, le point sur lequel on constate sa plus grande intensité, le trouble fonctionnel de l'organe sous-jacent, cDmme l'ictère dans la péritonite sus-hépatique, tels sont les signes qui indiquent le siège lopograpbique de la péritonite.
On admet l'existence de tubercules dans le péritoine par la considération des antécédents, de la constitution du sujet, de la marche de la maladie, des lésions concomitantes; quelquefois ces tubercules nous sont révélés par des signes physiques, le son mat sur certains points des parois abdominales, les inégalités ou duretés que l'on perçoit avec la main appliquée sur le ventre. Les tubercules péritonéaux ne seront pas confondus avec ceux des ganglions mésentériques, qui donnent lieu* à des bosselures, à des tumeurs marronnées qui occupent les environs de l'ombilic, et qui sont d'ailleurs plus profondément situées que les tubercules du péritoine. Avec de l'attention, on ne les confondra pas davantage avec les engorgements du foie, de la rate, des ovaires, de l'utérus, etc.
On précise le siège des tubercules en tenant compte des points de l'abdomen où l'on a constaté la matité à la percussion, les inégalités à la palpation. Les duretés sont-elles superficielles et situées sur la paroi antérieure et médiane de l'abdomen, au-dessus de l'ombilic : à ces signes vous diagnostiquerez des tubercules de l'épiploon.
L affection générique est ici la péritonite subaiguë, qui, à cause de sa marche, ne peut être confondue avec la péritonite aiguë.
Dans l'ascite commençante, il n'y a ni fièvre ni signes qui indiquent une inflammation du péritoine; on reconnaît le liquide épanché à la présence d'une matité qui varie selon le décubitus, et à l'existence d'une vraie fluctuation.
La tympanite et le gros ventre des rachitiques donnent lieu à une intumescence arrondie, globuleuse, n'ayant ni la tension, ni la dureté, ni la sensibilité de la péritonite tuberculeuse.
Quant à la nature scrofuleuse de la péritonite, elle est indiquée par la marche de l'affection, les signes de l'inflammation de la séreuse, joints h ceux qui décèlent la présence des tubercules. On ne pourrait la confondre qu'avec une péritonite traumatique survenue lentement à la suite de la paracentèse; mais les circonstances antécédentes ne permettraient pas de commettre une pareille erreur.
La péritonite chronique est en général consécutive à des affections organiques des viscères du bas-ventre, et ne peut, en raison môme de cette étiologie, être confondue avec la péritonite scrofuleuse.
Pronostic. — Moins rapidement mortelle que la méningite tuberculeuse, la péritonite de même nature n'en conduit pas moins sûrement au tombeau les sujets qui en sont affectés. Les cas de guérison sont rares. On peut, à la rigueur, considérer les adhérences comme des efforts que fait la nature vers la guérison ; mais, à côté de ces adhérences, ne voyons-nous pas se produire de nouvelles poussées tuberculeuses, et les tubercules ramollis détruire et perforer les viscères? D'où il faut conclure, en définitive, que la maladie