MIT. VI. —DE LA PLEURÉSIE SCROFULEUSE
La pleurésie scrofuleuse est anatomiquement caractérisée par la dissémination de granulations rouges ou de tubercules miliaires à la surface de la plèvre. Cette affection ne doit pas être confondue avec la pleurésie ultime, qui peut venir compliquer la scrofule à sa dernière période. Elle ne doit pas l'être non plus avec celle qui [est déterminéè localement et en quelque sorte traumatiquement par la présence d'une agglomération plus ou moins grande de tubercules sur un point quelconque de la surface pleurale. Dans ce dernier cas, c'est le tubercule qui agit comme corps étranger, et produit autour de lui une inflammation circonscrite, d'où résultent des adhérences partielles. Ces pleurésies partielles s'observent fréquemment pendant le cours de la phthisie pulmonaire.
Dans la pleurésie scrofuleuse, l'inflammation pleurale est ordinairement généralisée et se produit en même temps que se développent la granulation rouge ou les tubercules miliaires.
Cette affection, plus rare que la méningite et la péritonite tuberculeuses, ne le cède en rien à cette dernière pour la gravité. Elle peut être suivie de l'évacuation de l'épanchementpuro-tuberculeuxpar une fistule pleurale ou bronchopleurale.
Elle se distingue de la pleurésie franche par une intensité, moins grande des symptômes, sa marche insidieuse, sa durée plus lente, et de la phthisie pulmonaire par l'absence des signes physiques propres à cette dernière maladie. Enfin, elle doit être combattue comme la pleurésie simple. On se
DÉGÉNÉRESCENCE CRAISSEUSE UU FOIK
montrera cependant plus avare d'évacuations sanguines. Il faudra insister sur les vésicaloires, que l'on appliquera à différentes reprises sur les parois tho'raciques, et, pour peu que le mal ait de la tendance à passer à l'état chronique, il y aura nécessité de recourir aux médications an tiscrofuleuses dont nous avons parlé dans le traitement de la scrofule con^ sidérée comme unité pathologique.