‹ Leçons théoriques et cliniques sur les affections génériques de la peau professés par le Docteur Bazin, médecin de l'ĥopital de SaintLouisChapitre 14 sur 27 · B \IIS · texte numérisé non relu

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pagné de bronchite , de laryngite , d’ecchymose sous-conjonctivale.

Dans l’érythème circiné arthritique, l’éruption apparaît simultanément sur les mains et la face, tandis que dans l’érythème parasitaire les divers groupes ne s’observent que successivement, la germination du végétal nécessitant un certain temps.

L’existence de groupes de vésicules qui ne tardent pas à se transformer en pustules au centre de la plaque érythémateuse constitue, quand il existe, un caractère important qui n’appartient qu’à l’érythème parasitaire. D’ailleurs, dans le doute, on rechercherait à l’aide du microscope les spores et lessporules, ou l’on attendrait que l’évolution du végétal se fit et que les caractères de l’affection fussent mieux dessinés.

Les plaques muqueuses de la peau caractérisées par des saillies rouges, arrondies, et dont les bords sont nettement circonscrits pourraient, au premier abord, être confondues avec l’érythème circiné ou marginé; mais si l’on considère que les plaques muqueuses sont indolores, offrent une coloration rosée et une étendue peu considérable, sont recouvertes d’une croûte jaune transparente, quelquefois déprimée en godet et entourée par un bourrelet circonférentiel dans lequel elle paraît enchâssée, enfin sont disséminées sur toutes les parties de la peau et coexistent avec des plaques muqueuses des parties génitales et anales, tandis que l’érythème circiné est douloureux à la pression, présente une coloration foncée, n’occupe pas des surfaces étendues, mais reste limité aux parties découvertes du corps, on évitera facilement l’erreur.

DES ESPÈCES D’ÉRYTHÈME.

Erythema papulatum et erythema tubereulatum. Ces deux variétés ne différent de l’érythème marginé que par les saillies papuleuses et tuberculeuses dont la surface malade est parsemée. Le plus souvent existent à la fois des papules et des tubercules disséminés sur la rougeur des téguments; c’est à cette variété caractérisée â la fois par l’existence de papules et de tubercules que j’ai donné le nom d’érythème papulo- tuberculeux.

Erythème populo-tuberculeux. — L’érythème papulotuberculeux est une affection chronique, exclusivement arthritique. Son début est généralement brusque, et le seul phénomène que l’on constate avant l'apparition de la rougeur des téguments consiste dans l’existence de picotements, à la surface des parties qui doivent être le siège de l’érythème. La rougeur érythémateuse possède une teinte foncée, quelquefois même la congestion cutanée est si considérable qu’elle donne naissance à des hémorrhagies intradermiques. Cette rougeur n’occupe pas toute l’étendue des parties malades, mais se présente sous la forme de petites plaques nettement circonscrites et offrant des bords plus ou moins festonnés. Des indurations, arrondies et comme tuberculeuses occupent le centre ou les bords de ces plaques et autour d’elles existent des taches dépassant rarement la largeur d’une pièce de cinquante centimes et saillantes en forme de papules. Ces papules et ces tubercules ne tardent pas à disparaître et sont remplacés par une teinte rouge ou ecchymotique.

11 est facile de voir par celte description succincte que l’érythème papulo-tuberculeux est caractérisé par la réunion de plusieurs éléments éruptifs et qu’il répond aux

variétés des auteurs : érythème simple, érythème papuleux,

érythème tuberculeux.

Érythème noueux. — L’érythème noueux est la sixième espèce admise par Bateman ; considérée par quelques dermatologistes comme une phlegmasie, celle affection constitue un pseudo-exanthème arthritique. Longtemps avant la publication de nos travaux on avait entrevu les relations qui existent entre le rhumatisme et l’érythème noueux; M. Bouillaud avait cité plusieurs observations démontrant la coexistence de cette affection avec le rhumatisme; M. Rayer avait signalé (chez les rhumatisants) un érythème papuleux dont la description ne saurait laisser de doute sur son identité avec Yerythema nodosum ; le professeur Schœnlein avait décrit sous le nom de péliose rhumatismale une affection prétendue nouvelle, dont MM. Maximin Legrand et Frédéric Duriau ont démontré les analogies avec l’érythème noueux rhumatismal, et depuis la publication de nos leçons sur l’arthritis, M. Trousseau a professé à l’Hôtel-Dieu que l’existence des douleurs articulaires qui accompagnent ou précèdent l’érythème noueux, indiquent sa nature rhumatismale; mais personne n’avait songé avant nous à faire de l’érythème noueux une affection essentiellement et exclusivement arthritique et surtout à la rapprocher d’autres affections, tels que l’urticaire, le pityriasis aigu disséminé.

L’érythème noueux , ainsi d’ailleurs que les variétés pseudo-exanthématiques de l’érythème, est précédé pendant plusieurs jours par un malaise général, de l’anorexie, de la céphalalgie, un mouvement fébrile plus ou moins intense, des picotements sur les parties qui doivent être le siège

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de l’affection, et souvent aussi des douleurs dans les articulations et la continuité des membres qui persistent quelquefois après l’apparition de l’érythème.

Alors se dessinent sur les membres et particulièrement sur la partie antérieure des jambes et le pourtour des genoux, sièges habituels de cette affection, des taches rouges, douloureuses à la pression, plus ou moins régulièrement ovales, dont le plus grand diamètre, parallèle à l’axe des membres, varie de quelques millimètres à A ou 5 centimètres, offrant à leur centre une saillie du volume d’un pois, d’une noisette et même d’une petite noix, et qui donne au doigt que l’on promène des parties saines sur les parties malades, la sensation d’une véritable nodosité enchâssée dans le tissu cellulaire sous-cutané. La coloration des surfaces malades passe successivement du rouge au rouge foncé, violacé, et bientôt fait place à une teinte ecchymotique bleuâtre et verdâtre, indice de l’infdtration sanguine qui s’est produite dans le tissu cellulaire souscutané. A ce moment, enfin, existe souvent une fluctuation obscure due au ramollissement de la tumeur érythémateuse, mais jamais on observe de suppuration ou d’ulcération.

Plus fréquente chez l’homme que chez la femme, cette affection se développe principalement chez les individus doués d’un tempérament sanguin, et sous l’influence du froid humide, de fatigues, d’écarts de régime, d’excès alcooliques..., coexiste souvent avec le rhumatisme, ainsi que le démontrent les observations de MM. Bouillaud, Rayer Schœnlein et les nôtres, cl enfin détermine une augmentation de la fibrine du sang.

Il est facile de reconnaître d’après les caractères que nous avons énumérés plus haut, l’élément primitif qui est une tache sanguine et le genre de l'affection qui est un érythème..., mais l’érythème induré des scrofuleux, l’urticaire, l’érythème produit par les piqûres de punaises pourraient être confondues avec l’érythème noueux.

Devant indiquer plus loin les caractères différentiels de l’érythème induré, nous ne les énumérerons pas ici ; nous ne ferons aussi que mentionner les indurations scorbutiques, variqueuses et l’anthrax dont on ne pourraméconnaitre l’existence si l’on examine le malade avec un peu d’attention.

L’urticaire se présente tantôt sous la forme de papules rouges et saillantes au-dessus des parties environnantes, tantôt est caractérisée par des tubérosités plus ou moins volumineuses, résistantes au doigt qui les presse, offrant une coloration d’un rouge foncé et donnant quelquefois naissance à des hémorrhagies interstitielles. Dans les deux cas cette affection pourrait être au premier abord confondue avec l’érythème noueux. Mais dans la première variété, les plaques ortiées, rosées à la périphérie, sont décolorées au centre, n’existent à la surface des téguments que pendant un certain temps de la journée, et enfin déterminent un prurit intense, tandis que l’érythème noueux est permanent, présente une coloration foncée, puis bleuâtre et jaunâtre, une induration centrale enchâssée dans le tissu cellulaire, est douloureux à la pression, et n’occasionne que de faibles démangeaisons. Dans l’urticaire tubéreuse, la saillie est superficielle, on n’observe pas les teintes ecchymotiques de l’érythème noueux, l’apparition de l’éru-

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ption est intermittente, et l’affection offre une marche chronique, persiste pendant plusieurs années, à l’inverse de l’érythème noueux dont la durée ne dépasse pas six semaines.

L’érythème produit par les piqûres des punaises se présente sous la forme de saillies oblongues et rosées, tandis que l’érythème noueux est caractérisé par une coloration violacée. L’éruption est disséminée sur toute la surface du corps dans le premier cas, tandis que l’érythème noueux n’occupe que les membres.

Seules, les taches produites par les punaises présentent à leur centre les stigmates de la piqûre, sont superficielles et ne donnent pas au doigt qui les presse la sensation d’une induration s’enfonçant dans le tissu cellulaire ; enfin les commémoratifs viendront surtout jeter une lumière importante sur le diagnostic.

Intertrigo. — L’intertrigo est déterminé par le contact de deux parties contiguës et entre lesquelles la sueur séjourne, et par suite s’altère et acquiert des propriétés irritantes ; il est caractérisé par une rougeur plus ou moins intense sur laquelle se développe souvent une éruption papuleuse et furonculaire, et qui s’étend en largeur par un bourrelet analogue à celui de l’herpès circiné. Pour tous les dermatologistes, l’intertrigo constitue seulement une éruption artificielle qui disparaît ordinairement par quelques soins de propreté ; pour nous, il constitue une éruption artificielle ou arthritique. Si le sujet n’est pas placé sous l’influence de l’arthritisme, une transpiration abondante après des marches forcées pendant les grandes chaleurs pourra déterminer, chez une personne grasse

principalement, une rougeur érythémateuse dans les régions où les surfaces cutanées sont adossées, c’est-à-dire aux aisselles, à la partie postérieure de l’oreille, à l’union de la partie inférieure des seins et de la peau de la poitrine, au pli de l’aine, à l’union de la cuisse et du scrotum... mais cette rougeur ne dépassera jamais les surfaces contiguës, occasionnera seulement des démangeaisons, tandis que ces mêmes causes survenant chez un individu arthritique, pourront éveiller la maladie constitutionnelle qui imprimera alors des caractères spéciaux à l’affection cutanée. Dans ce cas en effet, la rougeur sera plus intense, l’inflammation se propageant aux follicules pileux et aux aréoles dermiques, des pustules, des tubercules et des furoncles apparaîtront à la surface malade, la rougeur dépassera les limites des parties en contact, et gagnera les téguments voisins en s’étendant par un bourrelet circonférentiel semblable à celui de l'herpès circiné, occasionnera des picotements et des élancements, et enfin déterminera la gène des mouvements des parties voisines, voire même la surexcitation des organes génitaux chez la femme, s’il envahit la vulve et le vagin, et consécutivement l’amaigrissement, le trouble des fonctions digestives, et quelquefois des désordres de l’intelligence.

Ces caractères joints à la connaissance des antécédents, de la constitution du malade suffisent pour différencier l’intertrigo simple de l’interlrigo arthritique ; mais cette affection pourrait encore être confondue avec l’herpès circiné parasitaire que l’on observe souvent à la partie interne des cuisses, siège habituel de l’intertrigo arthritique et qui offre aussi à sa surface des éruptions furonculaires :

DES ESPÈCES D’ÉRYTHÈME.

cependant, en considérant que la teigne tonsurante a surtout son siège principal à la face, et que l’on constate l'existence de cercles d’herpès circiné au cou, à la figure, et aux mains en même temps qu’à la partie interne des cuisses, que les poils de la région malade sont altérés, tortillés, cassés et engainés par le duvet blanc champignonneux, dans la teigne tonsurante; que le microscope enfin démontre d’une manière évidente dans ce cas l’existence du trichophyton, on arrive à conclure que le diagnostic est le plus souvent facile.

Les érythèmes circiné, marginé , papulo-tuberculeux, noueux et intertrigo sont des affections arthritiques ou de cause externe ; les érythèmes pernio et induré, au contraire, constituent le dernier, une affection exclusivement scrofuleuse, l’engelure une affection scrofuleuse ou de cause externe.

Érythème pernio. — L’engelure est caractérisée par une rougeur luisante des extrémités des doigts et des pieds, accompagnée de tuméfaction et se terminant par résolution ou ulcération. Si cet érythème survenu sous l’influence du froid, disparait avec la cause, il est essentiellement artificiel. Si, au contraire, il persiste pendant tout l’hiver, se prolonge même jusqu’à l’été, on doit le considérer comme une manifestation scrofuleuse.

Érythème induré. — Enfin l’érythème induré des scrofuleux est caractérisé par de larges plaques dont la coloration est la même sur tous les points, l’induration souscutanée sensiblement égale et qui ne donne naissance à aucune douleur quand on les presse entre les doigts, tandis que l’érythème noueux, affection avec laquelle on pourrait

7 à DEUXIÈME LEÇON.

la confondre, présente successivement toutes les nuances de l’ecchymose, et est douloureux à la pression, etc.

Enfin, l’érythème noueux ne persiste pas au delà de dixhuit à vingt jours, tandis que l’érythème induré se perpétue pendant des mois.

DE L’flERPÈM.

Messieurs,

La signification du mot herpès a toujours été entourée, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, d’un vague que n’ont pu contribuer à dissiper entièrement ni les travaux de Willan, ni même nos recherches sur les affections parasitaires. Quelles divergences ne constatons-nous pas, en effet, sur ce point, soit entre les divers médecins contemporains, soit entre les dermatologistes qui, depuis Hippocrate, ont laissé dans la science la trace de leur passage !

M. Hardy, dans les premières pages du paragraphe qu’il a consacré à la trichophytie, passe en revue les diverses maladies qui ont reçu le nom d’herpès, et s’efforce de démontrer qu’il est difficile d’établir un rapprochement entre elles :

« L’herpès simple, dit-il, qui est le type de la maladie, n’existe pas, et n’est qu’une abstraction.

» Le zona est une maladie spéciale qui a scs caractères propres, savoir : la coexistence d’une éruption et d’une névralgie ; la présence des vésicules n’est donc pas suffisante pour en faire un herpès ; il est mieux pour simplifier

la question de donner à cette maladie le nom seul de zona et de la ranger parmi les maladies accidentelles.

» L ’herpes phlyctenodes n’est autre chose qu’un zona des membres.

» L 'herpès prœputialis ou des grandes lèvres est d’une cure souvent fort difficile et présente une tendance extrême à la récidive ; aussi pensons-nous que dans la plupart des cas il reconnaît une origine dartreuse, que ce n’est qu’un eczéma, et que la seule différence du siège donne à cet eczéma les caractères particuliers qu’il présente.

» Dans l'herpès circiné, les vésicules sont très rares, n’apparaissent qu’exceplionnellement et doivent être supposées dans la plupart des cas ; d’où il résulte clairement, ajoute notre collègue, que le mot herpès s’applique dans la science à des affections qui n’ont aucun rapport entre elles; qu’on doit cesser de désigner sous ce nom un genre particulier, que cette expression doit être rayée, en un mot, du vocabulaire dermatologique. » Singulière prétention sur laquelle nous reviendrons bientôt.

M. Dcvergie a défini l’herpès, une maladie vésiculeuse de sa nature, qui s’étend en surface par sa circonférence, au moyen d’un cercle ou bourrelet morbide, soit que le centre se guérisse, soit qu’il continue à rester malade. Mais cette définition est mauvaise, parce qu’elle conduit à rapprocher des affections qui, dans la classification de Willan, sont très éloignées les unes des autres, à confondre avec l’herpès presque tous les genres dermatologiques, à admettre des herpès psoriasiforme, lupiforme, affections que l’on doit considérer comme des psoriasis, des lupus qui, sans doute, offrent avec l’herpès l’analogie

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