DE L’HERPÈS
d’une marche envahissante, mais ne présentent avec lui que ce seul lien de parenté, et en différent par leur nature, leur durée, leur pronostic et leur traitement.
MM. Cazenave et Gihert, ont accepté la signification qu’avaient donnée au mot herpès Willan et Bateman, mais seul, le premier de ces dermalologisles a conservé, sans y apporter des modifications, la tradition anglaise.
M. Gihert, au contraire, moins dédaigneux des progrès de la science, a admis un herpès parasitaire et un herpès non parasitaire, division à laquelle nous ne trouvons de supérieure que la nôtre : « herpès de cause externe et herpès de cause interne, » parce qu’elle est encore plus générale que celle de notre collègue.
Telles sont sur l'herpès les opinions dissidentes des médecins contemporains ; si maintenant nous suivons, à travers les âges, les vicissitudes que ce genre a subies depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, nous n’aurons pas à dérouler devant vos regards un tableau moins protéiforme.
C’est dans les livres hippocratiques que l’on trouve la première notion du mot herpès (ipniç, hnim, ipnm ramper).
Pour le père de la médecine, cette affection constituait tantôt un pseudo-exanthème critique, tantôt une affection constitutionnelle.
Galien admit trois espèces d’herpès : Yherpes miliaris , Yherpes phhjctenod.es et Yherpes esthiomenos.
Cette division traversa le moyen âge sans rencontrer d’autre rivale que la division de l’herpès en bénin et malin admise parOribazc et les médecins arabes.
D’ailleurs, pendnnt cette longue période de temps, du-
rant laquelle les écrits galéniques et hippocratiques constituaient, pour le médecin, une bible qu’il osait à peine commenter, l’herpès n’était pas considéré comme une affection vésiculeuse, mais comme une affection ulcéreuse qui tantôt n’occupait que les parties superficielles des téguments, tantôt envahissait les couches plus profondes, d’où la division de l’herpès en bénin et en malin.
Enfin apparut Willan, et ce judicieux dermatologiste reconnaissant que l’ulcération n’était qu’une lésion secondaire, et la vésicule seule, l’élément primitif, restreignit la signification qu’avaient donnée à l’herpès les médecins qui l’avaient précédé et en fit un genre comprenant seulement les affections caractérisées à leur période d’état par des vésicules groupées, subissant une évolution régulière et donnant naissance à une ulcération superficielle qui tend rapidement vers la cicatrisation.
Les alibertistes ont protesté contre l’opinion de Willan : Alibert, dans la première édition de son Traité des maladies de la peau, conserva intacte la tradition du moyen âge , rangea l’herpès parmi les dartres et plaça celte affection à côté du pemphigus, qui constituait, pour lui, la dartre plilycténoïde ; mais lorsqu’il publia sa Monographie des dermatoses , il désigna l’herpès willanique sous le nom d’olophlyctide et le plaça à côté du zona, dans la classe des dermatoses eczémateuses.
Pierre et Joseph Frank ont adopté, comme Alibert dans sa première édition, l’opinion ancienne, et n’ont tenu aucun compte de la classification nouvelle de Willan. Pour nous, messieurs, nous ne saurions admettre qu’un même genre, l’herpès peut comprendre des affections de la peau
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constituées par des éléments différents, et nous nous rangeons complètement à l’opinion de Willan.