ÉNUMÉRATION ET DESCRIPTION DES ESPÈCES ET VARIÉTÉS DE PITYRIASIS
Bateman a admis quatre variétés de pityriasis : le pityriasis capitis, le pityriasis rubra, le pityriasis versicolor et le pityriasis nigra.
Le pityriasis capitis, désigné sous le nom de crasse de tète lorsqu’il existe chez les jeunes enfants, se présente, dit-H, sous la forme d’une teigne légère et blanchâtre le
long du sommet du front et des tempes ; mais sur l’occiput les écailles sont plus larges, aplaties, séparées, demi transparentes.
Bateman n’a pas fait la distinction du pityriasis rubra eïi pityriasis rubra aigu et pityriasis rubra chronique : « Au début du pityriasis rubra, dit-il, l’épiderme est seulement rude et rouge, mais bientôt il devient farineux ou écailleux et se détache en laissant par dessous un épiderme semblable; il existe de la sécheresse, peu de transpiration, une démangeaison incommode et une forte tension. Lorsque la rougeur et les écailles disparaissent, les croûtes sont d’une couleur jaune ou pâle, mais cet état peut se reproduire en entier à de courts intervalles et la maladie est ainsi beaucoup prolongée, p
Le pityriasis versicolor est bien caractérisé selon Bateman par la décoloration bigarrée de l'épiderme, qui se manifeste dans cette maladie ; celle affection parait ordinairement, dit-il, sous la forme de taches brunes, diversement ombrées, s’étendant et se réunissant d’une manière variée et présentant çà et là des interstices dont la couleur est saine.
Bateman, ainsi que le démontre celte description, avait donc observé avec attention des exemples de pityriasis versicolor, mais il n’en avait pas reconnu la nature, et il n’attribuait pour origine à celle affection que l’influence de la chaleur, l’ingestion de fruits, de champignons, un exercice violent, l’usage de la flanelle, l’impression de la chaleur et du froid.
Bateman, enfin, raconte que Wilian avait observé chez des enfants transportés de l’Inde en Angleterre une variété
de pityriasis qui commençait par une éruption partielle de boutons et se terminait par une décoloration noirâtre, accompagnée d’une légère desquamation furfuracée; c’est à cette variété qu’il donne le nom de pityriasis nigra.
J’ai eu dernièrement l’occasion d’observer une éruption dont l’analogie avec celles des enfants dont parlent Willan et Bateman m’a frappé : Une demoiselle romaine, née d’une inèée italienne et d’un père anglais, présentait de larges plaques noires sur lesquelles existaient de petites écailles épidermiques et dont quelques-unes offraient à la circonférence des papulo-pustules. Quel nom devait-on donnera cette affection ?
En interrogeant la malade, j’appris que son grand-père et son père avaient été affectés d’accès de goutte, que la malade elle-même avait été atteinte de douleurs rhumatismales, et, sans m’arrêter plus longtemps audiagnpstic de l’affection générique, j’instituai un traitement antiarthritique.
M. Cazenave admet, comme Bateman et Biett, quatre variétés de pityriasis : le pityriasis capilis, le pityriasis ruhra, le pityriasis versicolor et le pityriasis nigra.
Mais sous le nom de pityriasis nigra il ne désigne pas l’affection que nous venons de décrire ; pour lui c’est une variété de pityriasis que Biett, son maître, avait observée pendant l’épidémie d’acrodynie qui régna à Paris en 1828 et 1829.
« Cette variété, dit M. Cazenave, présente, comme les autres, une desquamation furfuracée; mais ici cette exfolialion a lieu sur des surfaces noires, quelquefois même d’un noir assez foncé. Ce pityriasis s’est présenté sous deux
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formes assez distinctes; dans l’une c’était l’épiderme luimême qui était coloré, et, si on le détachait, on mettait à nu des surfaces rouges ou rosées; dans l’autre, au contraire, l’épiderme était transparent et c’était la couche sous-épidermique qui était le siège de la coloration noire. »
C’est ici le lieu de vous faire remarquer que des quatre variétés de pityriasis admises par Willan, Baleman, Biett et M. Cazenave, la première (pityriasis capitis), basée sur le siège de l’affection, sied mal à côté des trois autres variétés établies en prenant en considération leur forme variable; que ces dermatologistes n’ont admis que des variétés et non des espèces de pityriasis.
Tous les disciples de Willan n’ont pas accepté aveuglément les divisions du maître : M. Giberl a désigné le pityriasis capitis sons le nom de pityriasis simple et a admis en outre des pityriasis rubra, versicolor et nigra, une variété nouvelle : le pityriasis rosé.
Notre collègue a donné une preuve de son talent d’observation en admettant deux variétés de pityriasis rubra; le pityriasis rosé et le pityriasis rubra proprement dit. Ce dermatologiste décrit en ces termes ces deux variétés : « Le pityriasis rosé est caractérisé par de petites taches furfuracées, très légèrement colorées, irrégulières, d’une étendue qui ne dépasse guère celle de l’ongle, nombreuses et rapprochées, bien que séparées toujours par quelque intervalle de peau saine, prurigineuses, qui se répandent sur les parties supérieures du corps et de préférence sur le cou, le haut de la poitrine, le haut des bras, mais peuvent se propager de haut en bas, jusque sur les cuisses, en sorte que la durée totale de l’éruption se
prolonge assez ordinairement pendant six semaines à deux mois.
» Le pityriasis rubra proprement dit, forme la plus grave et la plus persistante, est caractérisé par une rougeur intense de la peau sur laquelle se produit une desquamation foliacée et lamelleuse. Les écailles restent d’abord adhérentes par un de leurs bords, puis tombent par le frottement. Cette variété résiste pendant des mois et des années au traitement le plus actif. »
Nous admettons le pityriasis rosé et le pityriasis rubra de M. Gibert; mais la première variété constitue pour nous un pseudo-exanthème arthritique ou dartreux et la seconde une affection chronique de nature herpétique.
Nous n’avons d’autre particularité à vous signaler touchant le pityriasis versicolor que l’admission de sa nature parasitaire par notre collègue.
' Enfin la description du pityriasis nigra que donne M. Gibertest identique avec celle deM. Cazenave; à sa suite est rapportée l’histoire du nommé Grandery, malade observé par Alibert, et qui parait avoir été affecté d’une hypersécrétion pigmentaire de toute la surface de la peau.
M. Devergie a admis deux sortes de variétés de pityriasis : des variétés d’après la couleur et des variétés d’après la forme.
Les variétés du premier groupe sont les pityriasis alba, versicolor, nigra, rubra etpilaris.
Les variétés du second groupe sont les pityriasis fugax, perstans, diffusa et circurnscripta. Nous devons ajouter que si M. Devergie admet l’existence de ces quatre variétés, du moins n’y attache-t-il que peu d’importance.
Bahs. 23
Le pityriasis alba de M. Devergie se présente sous deux formes : « Dans l’une, la peau conserve sa coloration normale, mais est farineuse elle siège de démangeaisons très faibles; on l’observe à l’;lge de dix-huit, vingt, vingt-quatre ans, sur les joues, le menton. C’est un état fugace que des bains et des onctions avec de l’axonge font disparaître. .
» Cette forme doit évidemment être regardée comme une variété du pityriasis de cause externe, comme un pityriasis artificiel.
» La seconde constitue le pityriasis du cuir chevelu, des sourcils, de la barbe et des poils du pubis; elle est décrite par les auteurs, dit M. Devergie, sous le nom de pityriasis capitis ; mais s’il est vrai qu’elle existe quatre-vingt-dix fois sur cent à la tête, n’est-ce pas toujours une mauvaise chose que de dénommer une affection par son siège? »
Ce pityriasis n’est d’ailleurs autre chose que le pityriasis simplex des auteurs ; il est caractérisé par une sécrétion d’épiderme qui se détache sous forme de son ou de farine, et n’est pas accompagné de modifications dans la coloration des téguments.
Plus loin, au sujet du traitement de ce pityriasis alba, M. Devergie écrit : « On voit que dans ce traitement nous ne nous préoccupons pas du cryptogame, du Irichophylon ; c'est que, quoi qu'en ait dit M. Bazin, il n'y a pas à s'en préotcuper . »
D’autre part, ce dcrmatologisle avait dit dans le cours de la description de ce même pityriasis alba : « Si dans cette forme, il existe un cryptogame, il nuit et disparait sans soin. »
Ces lignes vous prouvent, messieurs, que si M. Devergie
DES ESPÈCES DE PITYRIASIS, a lu nos ouvrages, du moins a-t-il fait cette lecture avec légèreté. Nous n’avons pas seulement, en effet, admis l’existence d’un pityriasis alba parasitaire, mais encore celle d’un pityriasis alba herpétique. La première espèce est essentiellement caractérisée par la présence d’un parasite qui n’est pas chose accessoire, mais dont la destruction seule peut amener la guérison de l’affection ; la seconde espèce est caractérisée par des squames dans lesquelles l’examen microscopique le plus minutieux ne saurait démontrer l’existence d’un champignon , aussi avons-nous changé son nom pour la distinguer de la première espèce et avons-nous écrit dans notre Traite des arthritides et des herpétides : « Comme nous avons déjà décrit un pityriasis alba parasitaire, nous désignerons le pityriasis alba des auteurs, — celui de M. Devergie par conséquent, — sous le nom de pityriasis simplex. » Or, n’est-il pas dès lors évident que l’on ne saurait écrire avec M. Devergie, sans faire preuve d’une connaissance imparfaite de nos doctrines, que dans le pityriasis alba des auteurs, ou pityriasis simplex, nous admettons la présence d’un cryptogame ! Nous vous ferons d’ailleurs dans quelques instants la description du pityriasis alba parasitaire et celle du pityriasis alba des auteurs ou pityriasis simplex, vous verrez qu’il n’est question de parasites que dans le pityriasis alba symptomatique de la présence du trichophylon.
Le pityriasis rubra de M. Devergie est une variété qui débuterait par une rougeur érythémateuse, vive, foncée, s’étendant en largeur et accompagnée de sensations de chaleur, cuisson, démangeaison même; la peau s’épaissirait, deviendrait humide ; il se formerait des squames épi -
dermiques et en un espace de temps variable, quelquefois quinze jours seulement, toute la peau serait envahie. Plus lard cette membrane donnerait lieu à une exsudation semblable à de la sueur, empesant le linge, mais ne le colorant pas sensiblement en gris noirâtre, ainsi que le fait la sérosité de l’eczéma.
On comprend, ajoute un peu plus loin M. Devergie, qu’une maladie dans laquelle on trouve la peau enflammée, sécrétante, siège de chaleur et de démangeaisons, puisse être confondue avec l’eczéma elle pemphigus chronique.
Pour nous, messieurs, il est évident que M. Devergie a commis l’erreur dont il signale la possibilité, a confondu l’eczéma avec le pityriasis rubca, et a décrilsous celte dernière dénomination une affection qui devait porter le nom d’eczéma ou de pemphigus ; jamais, en effet, le pityriasis rubra aigu ne donne naissance à du suintement ainsi que le prétend M. Devergie.
Dans un quatrième chapitre, M. Devergie décrit l'achromie et le pityriasis nigra. Ce dermatologiste a réuni le vitiligo (achromie) et le pityriasis nigra parce que la première de ces affections est liée à la seconde et souvent ; même au pityriasis versicolor. Il est évident pour nous que notre collègue a été le jouet d’une illusion, a considéré comme morbides les intervalles qui séparent les taches du pityriasis versicolor ou du pityriasis nigra, intervalles où la peau a conservé sa coloration normale et ne parait plus blanche que parce qu’elle est entourée de parties des téguments plus ou moins vivement colorées.
Quoi qu’il en soit, M. Devergie pense que le pityriasis -
nigra ne constitue qu’un degré plus avancé du pityriasis versicolor !
Enfin le pityriasis pilaris est la dernière variété admise par M. Devergie.
« Cette variété, dit ce dermatologiste, a essentiellement son siège dans la peau qui recouvre l#s bulbes pileux, je ne dis pas bulbes des cheveux parce que je ne l’ai jamais rencontrée sur la tête.
» Elle amène un épaississementdelapeauqui avoisine et recouvre le bulbe des poils avec rougeur chronique de ce tissu, de manière à représenter à la base de chaque poil une petite pyramide conique du sommet de laquelle s’échappe le poil, chacune de ces petites pyramides.est isolée du bulbe voisin par une portion de peau saine, de manière ' que dans les parties affectées la peau représente cet état que l’on désigne sous le nom de chair de poule.
» Au sommet de ces élevures conoïdes traversées par le poil existe une petite lamelle épidermique assez dure, en partie libre, en partie adhérente. j >
Cette description ne se rapporte-t-elle pas au lichen pilaris et non au pityriasis?
M. Rayer a admis deux variétés de pityriasis : le pityriasis général et le pityriasis local : la première variété répond au pityriasis rubra des auteurs et au pityriasis que nous vous décrirons bientôt sous le nom de pityriasis inflammatoire herpétique. M. Rayer a su éviter l’erreur dans laquelle est tombée M. Devergie; s’il a, en effet, signalé l’existence d’un suintement dans le cours du pityriasis général, du moins l’a-t-il considéré comme un phénomène accidentel et exclusivement dû aux grattages répétés du malade.
Les pityriasis limités à une partie du corps sont : le pityriasis capitis au sujet duquel nous n’avons aucune particularité à vous signaler ;
Le pityriasis des paupières, qui, d’après M. Rayer, pourrait exister seul et indépendamment de toute manifestation antérieure de cette maladie sur une autre partie du corps; qui déterminerait assez fréquemment la chute d’une partie des cils et la propagation de l’inflammation à la conjonctive ;
Le pityriasis des lèvres, qui jusqu’à ce jour aurait été confondu avec le psoriasis dont il différerait cependant en ce qu’il s’annonce sur les lèvres ou sur la peau qui les entoure, non par des élevures papuleuses suivies de squames épaisses, mais par de petites taches rouges auxquelles succède une desquamation continuelle de l’épithélium des lèvres et quelquefois de l’épiderme de la peau environnante ;
Le pityriasis de la paume des mains et de la plante des pieds : cette variété, dit M. Rayer, a été confondue jusqu’ici avec le psoriasis palmaire, mais le psoriasis débute par des élevures papuleuses dont le sommet se couvre d’écailles sèches et d’un blanc mat, le pityriasis par des taches rouges qui s’étendent et ne tardent pas à devenir jaunâtres par suite d’un léger suintement qui se produit à la face interne de l’épiderme, cette dernière membrane se dessèche, se fendille et se détache continuellement.
Qu’est-ce que ce pityriasis?
Dans le pityriasis buccal, l’intérieur de la bouche serait le siège d’une inflammation chronique avec desquamation habituelle de l’épithélium surtout à la base de la langue,
et sans qu’il existe d’affection concomitante du pharynx, de l’estomac ou des poumons.
C’est cette affection que M. Auzias-Turenne désigne sous le nom de psoriasis buccal.
Le prépuce et les grandes lèvres sont enfin, d’après M. Rayer, le siège d’une desquamation qui se rapproche singulièrement de celle du pityriasis.
Ecole (T Alibert. — Alibert a admis deux espèces de pityriasis : l’une constitue une affection dartreuse, c’est le piti/riasis furfuraceus volatil ; l’autre constitue, au contraire, une dermatose dyscbromateuse ; elle comprend le pannus hepaticus et le pannus scorbutique .
Nous avons déjà insisté sur l’erreur dans laquelle était tombé Alibert en regardant le pannus hepaticus, expression synonyme de pityriasis versicolor, comme une affection duc à un vice de sécrétion pigmentaire. Ajoutons qu’il n’est pas conforme à la vérité de n’admettre, en outre du pannus hepaticus, qu’une seule espèce de pityriasis : le pityriasis dartrcux.
11 n’existe également pour M. Gintrac que deux espèces de pityriasis : le pityriasis phyto-dermique ou parasitaire (pityriasis versicolor) et le pityriasis herpétique; aussi le médecin de Bordeaux ést-il passible des mêmes reproches qu’Alibcrt.
Les variétés de pityriasis que M. Gintrac admet n’ont aucune importance.
Nous vous avons démontré que M. Hardy ne faisant jouer qu’un rôle accessoire au microsporon furfur dans la production du pityriasis versicolor, et considérant cette affection comme une manifestation du vice herpétique, il
n’existait eh réalité, pour ce médecin, qu’une seule espèce
de pityriasis, le pityriasis dartreux.
Notre collègue reconnaît, en outre du pityriasis versicolor, quatre variétés : le pityriasis alba ou piti/riasis commun, le pityriasis rubra, le pityriasis niyra et le pityriasis pilaris (1). ( Leçons sur les maladies de la peau, 1858.)
Telles sont les espèces et les variétés de pityriasis admises par les dermalologistes. Pour celte affection comme pour les autres genres dermatologiques , les willanistes ont admis des variétés de l'orme ou de siège, et non des espèces; et les aliberlistes, en rattachant exclusivement le pityriasis
(I) Dans les leçons de l'année dernière (Leçons sur les affections cutanées dartrcuses, publiées en 1862), M. Hardy n'admet plus, des quatre variétés qu'il décrivait en 1858 que le pityriasis rubra et le pityriasis pilaris, variétés auxquelles il en adjoint une nouvelle : le pityriasis circiné. Il était intéressant de rechercher pour quelles raisons M. Hardy avait modifié ses idées premières, c'ett ce que nous avons fait : or, nous avons trouvé que le pityriasis alba, simplex ou commun avait été rattaché à l’eczétaia. « Cette forme (pityriasis alba), lit-on page 87, se relie directement à l'eczéma, dont elle n'est que la période ultime, que le dernier degré et le mode constant de terminaison. On peut toujours la considérer, soit comme l’expression la plus bénigne et la plus superficielle de l’eczéma, soit comme la terminaison de cette même éruption qui a pu offrir, dans ses périodes précédentes, une intensité variée -, ce qui revient à dire que le pityriasis peut exister d'emblée ou n’étre qu’un degré de l’eczéma, a
Nous trouvons dans ces lignes une contradiction flagrante : au commencement, en effet, M. Hardy prétend que le pityriasis ajba constitue la période ultime de l'eczéma, et à la fin on lit que ce même pityriasis peut exister d'emblée ou n’être que le dernier degré de t’ecséma. Ne voilà-t-i! pas deux opinions essentiellement opposées T Pour comble de malheur, ni l’une ni l'autre ne sont l'expression de la vérité.
Si, en effet, le pityriasis alba apparatt d’emblée, n’a-l-il pas sa raison d'étrj parmi les variétés du genre pityriasis, et, sous ce rapport, la première édition ne valait-elle pas mieux que la dernière ? Et si le pityriasis alba est le dernier degré de l'eczéma, pourquoi en faire un pityriasis? n'ost ee pas éti-
à la dartre (Alibert et M. Hardy), ou à la dartre et à l’existence des parasites (Gintrac), n’ont entrevu qu’une partie de la vérité.
Espèces et variétés de pityriasis admises par M. Bazin. — Nous admettons un pityriasis de cause externe et un pityriasis de cause interne.
Le pityriasis de cause externe reconnaît pour origine, tantôt l’action d’agents irritants {pityriasis artificici), tantôt l’existence de parasites végétaux ( pityriasis parasitaire).
Le pityriasis de cause interne constitue une manifestation arthritique ou herpétique.
demment un taux pityriasis ? Est-il jamais venu à l'esprit de M. Hardy do décréter cctéma toute affection dans le cours de laquelle se produit une exhalation de liquide ? Pourquoi donc décorer du nom de pilyriasis tout état de la peau caractérisé par des squames, que ces squames aient été ou non précédées d’autres phénomènes ? Mais à ce compte, le lichen aussi est un pityriasis, puisque dans son cours se produit une desquamation épidermique I A notre avis, il n'y a pilyriasis qu'aulant que l’affection est caractérisée à sa période d'état par une desquamation épidermique, sans saillie des téguments. (Voyez la définition du pityriasis.)
Ainsi, M. Hardy a eu tort de considérer la période squameuse de l'eczéma comme constituant un pilyriasis -, il dit, il est vrai, qu'il est impossible de différencier le vrai pilyriasis du faux pityriasis. Nous avons déjà réfuté celle manière de voir dans l’histoire du lichen. Ajoutons enfin que nous croyons pouvoir attribuer l'erreur de M. Hardy à la définition qu’il a donnée de l'eczéma. « Cette affection, dit-il, est caractérisée à son début, soit par des taches exanthématiques, soit par des vésicules, soit par des fissures, soit par des pustules, 10 il par des squames, soit par des papules, »
M. Hardy ajoute : « C'est grâce à cette définition que nous pouvons rattacher au type commun l'eczéma, l'impétigo, le pilyriasis, le lichen. > Nous dirons à notre tour : c'est grâce à cette mauvaise définition que M. Hardy a été conduit à confondre des genres dermatologiques essentiellement distincts. Telles sont les réflexions que nous avions à faire au sujet du pityriasis alba ; passons au pityriasis circiné.
En 1859, c'est-à-dire un an après la publication des premières leçons de
Mais chacune de ces espèces de pityriasis comprend des variétés dont vous trouverez l’énumération dans le tableau suivant :
1° Pityriasis de cause externe.
(а) Artificiel. . . .
(б) Parasitaire. . .
Pityriasis dû au rasoir, etc.
. Pityriasis vorsioolor (microspornn furfur).
| Pityriasis allia trichopliylii|ue (trichophyton).
(a) Arthritique. .
(b) Herpétique.
T Pityriasis de cause interne.
1 Pseudo-exanthématique. . .{ Pi ‘£ ia ? is j“ ae . nl ** a - ) 1 t rubra aigu \ circinuta.
| r.lironi<iue(artliritide sèclie). Pityriasis pilaris.
/Pseudo-esanthémalique. . •{ afgu.
; /simplex.
l rubra cliroui j que uu iu - \ flnmnietonv.
i Chronique (herpôtide sèche). Pityriasis
M. Hardy (dans lesquelles ne se trouve pas mentionné le pityriasis circiné), pataissall le traité de M. Razin sur tes arlhritides el les herpdlides . Or, parmi les arlhritides pseudo-exanthématiques se trouve le pityriasis aigu disséminé, ou pityriasis rubra aigu, auquel ce médecin reconnaît deux variétés : te pityriasis maculata et le pityriasis circinata A partir de ce moment, sans doute, l’attention de M. Hardy fut attirée sur cetle variété de pityriasis, dout il ne dut pas tarder à observer des exemples, et qu’il accepta ; malheureusement, il n’a pas voulu adopter complètement les idées de M. Razin ; n’a pas considéré cette affection comme un pseudo-exanthème ; l’a rattachée exclusivement à la dartre, taudis que son collègue la regarde comme une manifestation arthritique ; eufln, au lieu de faire du pityriasis circiné une variété de forme du pityriasis rubra, il a décrit séparément le pityriasis circiné et le pityriasis rubra aigu.
Dans ses leçons de l’année 1861, comme dans celles de 1858, M. Hardya décrit, sous le nom de pityriasis pilaris, le lichen pilaris. « Le pityriasis pilaris, dit-il, est une alTeclion dont nous ne saurions mieux dépeindre le caractère général qu’en disant qu’il ofTrc l’exagération frappante de cet état des follicules pileux qu’on désigne vulgairement sous le nom de chair de pouls, il imprime h la peau un aspect rugueux, chagriné, dé à l’existence de petites squames qui recouvrent et coiffent l’orifice des follicules el entourent le collet du poil. Les saillies sont assez élevées pour que M. Cazenave se soit cru autorisé, d’après cette seule lésion, à considérer comme un lichen celle variété de pityriasis . ..... »
Nous pensons comme M. Cazenave que cette variété de pityriasis n’est autre chose qu’un lichen. (Note du Rédacteur.)