‹ Leçons théoriques et cliniques sur les syphilidesChapitre 11 sur 51 · NOSOGRAPHIE · texte numérisé non relu

NOSOGRAPHIE

b. Forme commune, — La l'orme commune est la plus fréquente-, les accidenta ne marchent pas aussi vile peut-être, mais sont plus graves que dans la précédent®.

c. Forme maligne. — La l'orme maligne comprend les affections graves, soil de la deuxième période, comme les syphilides tuberculo-cruslacée ulcéreuse, luberculo-crustacée serpigineuse; soit de la troisième, comme les nécroses mulli- [)les, ou de la quatrième, comme les dépôts plastiques dans les viscères,

2° Modifications suivant l'âge.

Four ce qui est des modifications selon l'âge, je dirai d'abord que, plus fréquente chez les adultes, la syphilis s'observe à tous les tiges.

Les enfants peuvent être infectés par voie d'hérédité, et alors la syphilis apparaît ou après la naissance, ou au bout de quelques mois, ou exceptionnellement plus tard, et se manifeste par les accidents de la deuxième et de la quatrième période.

L'enfant est flétri, sa peau est plissée, il est atteint de roséole, plus tard de syphilide pustuleuse et tuberculeuse, de suppuration du thymus, de maladie du foie, enfin de tumeurs gommeuses, et ne tarde pas à succomber.

Le lupus tuberculeux est regardé par M. Cazenave comme une lésion de la syphilis héréditaire; mais on n'a aucune raison pour rattacher à la syphilis une affection qui a tous les caractères objectifs des scrofulides que le mercure aggrave et que l'huile de morue modifie d'une manière si remarquable.

3° Modifications suivant les sexes.

La syphilis primitive chez les femmes enceintes se traduit, en général, par une vaginite granuleuse et des végétations très

nombreuses cl assez'sou vent par des chancres; clans ce cas, la mère peut bien transmettre des plaques muqueuses à reniant, niais jamais celui-ci ne succombe comme dans la syphilis héréditaire dont nous venons de parler.

La nourrice infectée peut aussi transmettre la syphilis à son nourrisson, et la contagion se fait en général alors par des plaques muqueuses.

§ ¥11. — .Hardie, durée, terminaison.

La durée de la syphilis ne peut être fixée, car elle peut être de deux à trois mois comme de quarante à cinquante ans. D'accord en cela avec M. Diday (de Lyon), je pense qu'on ne doit jamais se considérer comme à l'abri d'accidents, à moins d'avoir passé par les quatre périodes ; ce qui ne veut pas dire que la guérison ne puisse arriver plus tôt, après les accidents de la deuxième ou de la troisième période.

On peut dire avec raison qu'avec les manifestations syphilitiques on ne perd rien pour attendre.

Et même je me suis demandé, à ce sujet, si le mercure en éloignant les accidents ne pouvait pas les aggraver.

La scrofule affecte quelquefois une marche foudroyante; je n'en veux citer pour exemple que la méningite tuberculeuse qui emporte quelquefois si rapidement les enfants; mais il n'en est jamais ainsi dans la syphilis. 11 existe entre les différentes périodes des intervalles variables. C'est ainsi que si quelquefois la deuxième période est entée sur la première, d'autres fois elle ne se montre que longtemps après.

L'intervalle qui sépare les autres périodes est difficile à fixer, car le traitement mercuriel administré au début de la syphilis tend à éloigner les manifestations consécutives.

La syphilis se termine par la guérison ou la mort. Ainsi

ÉTI0L0G1I2. 29

que nous l'avons déjà dit, on ne doit èlre certain de la guérison radicale du malade que lorsqu'il a passé par les quatre périodes.

La mort, mode de terminaison beaucoup plus fréquent qu'on ne le pense, a lieu par le cerveau ou par l'évolution de la cachexie syphilitique. Dans ce dernier cas, une syncope mortelle vient le plus souvent mettre un terme aux souffrances inouïes qu'éprouve le malade.

Quant aux complications de la syphilis, je dirai qu'ellepeut coexister avec les autres maladies constitutionnelles, la scrofule, la dartre et l'arlhritis, ainsi qu'avec les maladies aiguës et chroniques, et les affections parasitaires. On peut môme dire, à ce sujet, que le terrain syphilitique est favorable à la germination des parasites. Quelques auteurs ont cru à une incompatibilité entre la syphilis et d'autres maladies, comme le cancer, et ont d'après cela proposé la syphilisation pour les combattre. Mais outre que leurs raisons sont peu satisfaisantes, elles n'ont reçu aucune confirmation de l'expérience clinique.

Page 1