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deux camps : les uns admettant l'unité, les autres, au con- Iraire, la pluralité des virus.
Ces derniers ont été conduits à avancer leur hypothèse par celait d'observation parfaitement exact, à savoir que l'agent de transmission ne provoque pas, simultanément, ni indistinctement, toutes les manifestations de la syphilis.
Mais une pareille manière de raisonner ne peut conduire qu'à briser le lien naturel qui réunit en un seul faisceau toutes les affections dépendant de la syphilis. En eflet, puisque tout accident se reproduit dans son espèce, il faut, si l'on nie qu'il n'y ait qu'un seul virus, admettre autant de virus que d'accidents, et dès lors que devient la syphilis considérée comme unité pathologique. C'est ce que quelques syphiliographes ont bien compris; aussi ont-ils conservé le dogme de l'unité du virus, admettant seulement que ce dernier peut présenter plusieurs degrés. C'est une hypothèse beaucoup plus large et qui permet de reconnaître des accidents venant quinze ou vingt ans après la contagion.
Mais, remarquons que dans ces deux hypothèses le pus syphilitique est tout; tout vient de lui : du rôle de l'organisme qui subit Y intoxication, il n'en est tenu aucun compte. Et, cependant, on sait que l'inoculation ne réussit pas chez tous les sujets, les syphilisés par exemple, et qu'elle ne produit pas chez tous des accidents identiques.
Et puis qu'est-ce que ce poison hypothétique dont aucun moyen ne peut déceler la présence, et qui sommeille des années, quinze, vingt ans avant de produire des accidents.
Lorsqu'on voit une syphilis héréditaire débuter tardivement vers l'âge de vingt ou vingt-cinq ans, il faut certainement de la bonne volonté pour admettre en pareil cas l'existence d'un agent toxique.
Toutes ces considérations ont amené M. Hélot, ancien in
3ft CONSIDÉRATIONS Gf.NKIULES SUR LA SVPHlLlS.
terne de M. Ricord, à formuler une autre hypothèse qu'il a développée dans sa thèse inaugurale. Suivant lui, il n'existe pas de poison syphilitique, mais seulement une cause spécifique qui éveille la diathèse.
§ II. — lîérédité.
L'hérédité est le second mode de transmission de la syphilis; elle soulève un grand nombre de questions importantes. Et d'abord la syphilis primitive des parents est-elle transmis-
sible à l'enfant?
En général, c'est négativement qu'est résolue cette question; cependant on a cité des faits dans lesquels les parents affectés d'accidents primitifs ont paru infecter leurs enfants. Mais on a admis en pareil cas que les accidents primitifs du père s'étaient communiqués à la mère, et que celle-ci, consécutivement affectée de syphilis constitutionnelle, l'avait transmise à son enfant, mais alors sous la forme d'accidents secondaires. ,
La syphilis secondaire peut venir du père ou de la mère ; on remarque que c'est en général l'enfant du même sexe qui se trouve préservé. Le père étant atteint de vérole, l'enfant échappera plutôt à la contagion s'il est du sexe masculin. De môme, si la mère est infectée au moment de la conception, l'enfant aura plus de chance d'être préservé, s'il est du sexe féminin.
Quanta la syphilis tertiaire, tout le monde s'accorde pour admettre qu'elle n'est pas transmissihle dans son espèce. Mais on a prétendu que les syphilitiques arrivés à cette période léguaient à leurs enfants non plus la syphilis elle-même, niais la scrofule. Je ne puis admettre celle manière de voir : les maladies constitutionnelles peuvent bien en effet coexister, mais jamais elles ne se substituent l'une à l'autre.