VÉGÉTATIONS
Les végétations sont des excroissances ramifiées, sessiles ou pédiculées, qui se développent, ainsi que nous l'avons dit, sous l'influence de l'irritation déterminée par un liquide spécifique, et sont complètement indépendantes de la diathèse syphilitique.
§ I. — Nosographie.
C'est d'après leur forme qu'on a établi les différentes variétés de végétations qu'il suffit de nommer pour se les représenter: verrues, crêtes de coq, framboises, mûres, chouxfleurs.
Siège. — Elles siègent le plus ordinairement à l'anus, à la vulve, et sur le gland et le prépuce entre lesquels elles forment quelquefois une masse considérable qui détermine le phimosis; on en trouve parfois dans l'urèthre et sur le col de l'utérus.
Rarement il s'en développe sur la muqueuse bucco-pharyngienne : ce qui s'explique par la rareté même du chancre et de la blennorrhagie de cette muqueuse, c'est-à-dire par le peu de fréquence d'une cause provocatrice de ces produits accidentels.
On trouve quelquefois des végétations sur d'autres membranes muqueuses ; c'est ainsi que Vidal a cité un cas où il s'en était formé sur la conjonctive, et M. Lagneau un autre où il y en avait sur la langue.
Il faut faire attention à ne pas confondre avec de véritables végétations des replis muqueux ou des follicules enflammés ; mais dans le premier cas il n'y a aucune douleur, tandis qu'il y en a dans le second.
VÉGÉTATIONS. 1*25 Volume, nombre. — Rien n'est plus variable que le volume et le nombre des végétations. Depuis la végétation unique, jusqu'à ces niasses énormes qu'on rencontre si souvent à l'anus et à l'entrée du vagin chez la femme, on observe tous les degrés intermédiaires.
Elles peuvent s'implanter sur des cicatrices de chancres, ou sur des plaques muqueuses.
§ II. — Étiologie.
Etiologie. — Les auteurs ont admis des végétations spontanées, mais je n'en ai jamais observé; toujours elles sont provoquées par l'irritation déterminée par un liquide spécifique. On a attribué à toutes les causes qui, comme la grossesse, les tumeurs, donnent lieu à une stase sanguine, une certaine influence sur le développement des végétations; sans nier positivement cette influence, je ne puis la considérer que comme une prédisposition.
§ III. — Séniéiotique.
Diagnostic. — Les caractères du chancre induré sont trop différents de ceux de la végétation pour que la confusion soit possible. Cependant, on conçoit que si cette dernière siège à la face interne du prépuce, sur un sujet atteint d'un phimosis congénital, il soit difficile de savoir si l'induration qu'on perçoit par le toucher est due à un chancre induré ou à une végétation. C'est en introduisant un stylet dans l'orifice préputial et mieux en pratiquant l'opération du phimosis, pour mettre à nu les parties malades, qu'on complétera le diagnostic.
Les plaques muqueuses qui sont des disques semi-ovoïdes, cà bords nettement circonscrits, se distinguent facilement des
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végétations dont l'aspect est celui d'excroissances ramifiées; la confusion n'est possible que lorsque la surface de la plaque devient végétante, ou lorsque celle-ci prend la forme de condylome.
La marche de l'affection, les antécédents, l'existence du flux héraorrhoïdal, la forme des hémorrhoïdes, disposées en anneau autour de l'anus et ne présentant jamais une disposition ramifiée, permettront de ne pas les confondre avec les végétations.