‹ Leçons théoriques et cliniques sur les syphilidesChapitre 36 sur 51 · AFFECTIONS COMMUNES OU SVPHILIDES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS COMMUNES OU SVPHILIDES

On doit entendre par sypbilides des affections de la peau produites par la maladie syphilitique, et qui empruntent, dans leur manifestation, la forme des éruptions communes.

Ces affections étaient connues autrefois. Seulement, les auteurs ignorant leur nature les décrivaient sous les noms les plus divers : c'est ainsi que les mentagres, les lèpres des anciensn'étaientle plus souvent que des manifestations cutanées de la syphilis.

Ce n'est que lorsqu'est survenue la grande épidémie du xv" siècle que les rapports de ces éruptions avec la maladie vénérienne ontéveillé l'attention des observateurs, et qu'elles ont été décrites comme des lésions appartenant à cette maladie.

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Avant Alibert, qui a créé le mot syphilides, ces affections, qui paraissent avoir présenté une très grande gravité au xve siècle, étaient désignées sous le nom général de pustules, et c'est à cause de la ressemblance de quelques-unes de ces éruptions pustuleuses de la syphilis avec la variole, que les premiers syphiliographes avaient donné à cette maladie le nom de grosse vérole.

Bien qu'il ait créé le mot syphilides pour réunir en un seul faisceau toutes les manifestations cutanées de la syphilis, Alibert a pourtant conservé les divisions anciennes fondées sur des analogies plus ou moins grossières que présentent les syphilides avec d'autres éruptions, ou môme avec certaines productions végétales.

Ainsi, après avoir reconnu trois ordres de syphilides : la syphilide pustulante, ulcérante, végétante, il divise les pustules en pustules vésiculeuses, eroûteuses, squameuses, ortiées, merisées.

Biett adopta le nom de syphilides, mais ne désigna ainsi que les pustules des anciens syphiliographes, qu'il classa d'après la méthode de Willan.

Les élèves de Biett, lorsqu'il s'est agi de tracer l'histoire des syphilides, se sont partagés en deux camps. Les uns, comme M. Gibert, pour rester fidèles à la classification anglaise, ont rompu le faisceau que forment ces affections, et ont décrit chacune d'elles à propos de la forme commune qui lui correspond ; ainsi, dans le livre de M. Gibert, l'histoire de la syphilide papuleuse se trouve dans le chapitre consacré aux papules ; celle de la syphilide tuberculeuse dans celui des tubercules, etc. Les autres, comme M. Cazenavc, n'ont pas dissocié ce groupe si naturel que forment les syphilides tout en respectant les doctrines du maître : ils les ont décrites à part et classées d'après les principes de Willan.

Parmi les syphiliographes non dermatologistes, les uns ont adopté les classifications anciennes et écrit d'après les données de leur pratique - ils ont eu le tort de trop multiplier les espèces, et de faire rentrer dans la classe des syphilides deséruptions qui n'ont rien de commun avec la syphilis. C'est ainsi que M. Lagneau décrit comme des éruptions syphilitiques le prurigo podicis, affection essentiellement dartreuse, et la mentagre avec prurit, qui n'est autre chose que notre mentagre parasitaire.

Les autres, comme Vidal, ont tout simplement donné un résumé du Traité des syphilides de M. Cazenave.

Quelle méthode a-t-on suivi jusqu'à ce jour pour classer les syphilides? Quelle méthode doit-on suivre? C'est ce que nous allons examiner maintenant.

Les auteurs du xve et du xvie siècles qui ont écrit sur la syphilis, se sont contentés de diviser les affections vénériennes de la peau en grosses et petites pustules.

Il faut arriver à Fernel et à Haffenrœffer pour trouver des accidenls de la vérole une classification un peu méthodique. Ce dernier en admettait quatre espèces :

1° La pelade et l'onglade;

2° Les taches et les boutons secs ;

3° Les boutons ///////ides, les croûtes et les ulcères;

Ix" Les affections plus profondes intéressant les os, les muscles, le système fihrcux et les nerfs.

C'est en vain qu'on chercherait plus de méthode dans les ouvrages des syphiliographes des siècles suivants jusqu'à Biett.

Ainsi, Swediaur décrit une dartre et une teigne syphilitique, et, dit-il, cette dernière ne peut guérir que par l'arrachement des cheveux ; ce qui nous démontre assez quelle était la nature de celle prétendue teigne syphilitique.

Cullerier l'ancien et M. Lagneau ont conservé le mot pus-

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t%des et ont adopté chacun une classification qui mérite d'être examinée.

Cullerier admet onze espèces de pustules : i*Lespitstules ortiées, dans lesquelles il range notre roséole syphilitique, et l'urticaire qui jamais n'appartient à la syphilis.

2° Les pustules miïiaires, qui correspondent à cette forme de syphilide à laquelle nous donnons le nom de syphilide miliaire acnéique.

3° La gale syphilitique. Ce que Cullerier désigne ainsi n'est autre chose qu'une syphilide compliquée d'une éruption galeuse. C'est là, du reste, une complication des affections syphilitiques de la peau qui est loin d'être rare, et donne lieu souvent à des erreurs de diagnostic.

Dernièrement encore, appelé auprès d'un malade affecté d'une éruption pustuleuse rebelle aux préparations mercurielles, je reconnus aux sillons, à la présence de pustules sur la verge, les fesses, le ventre, et aux démangeaisons, que ce malade était atteint de gale compliquant une syphilide pustuleuse. Débarrassé de l'affection parasitaire par quelques frictions avec la pommade d'Hclmerich, il vit sa syphilide pustuleuse rapidement amendée sous l'influence du proto-iodure.

lx° Pustules lenticulaires. ■ — Cette espèce correspond exactement à ce que nous appelons syphilide papuleuse et pustuleuse lenticulaire.

5° Pustules merisées. — Cullerier désigne ainsi une éruption caractérisée par des éléments primitifs qui atteignent le volume d'une merise. C'est la syphilide pustuleuse merisée d'Alibert, la syphilide tuberculeuse disséminée de Biett et de ses élèves, et notre syphilide papulo-Luberculeuse exanthématique.

0° Pustules muqueuses. — Lespustules muqueuses ne sont autre chose que les plaques muqueuses auxquelles nous avons

consacré un des chapitres précédents, et que nous avons

exclues de la classe des sypliilides.

T Pustules séreuses. — Ces pustules correspondent à t'eclhyma profond et au rupia.

8° Pustules squameuses. — Par pustules squameuses, Cullerier entend des plaques recouvertes de squames, qui peuvent s'observer dans toutes les régions, mais se rencontrent principalement à la paume des mains et à la piaule des pieds. Ces pustules squameuses, qui constituent le psoriasis Syphilitique des willanistes, ne sont autre chose que des taches de roséole ou des tubercules qui se recouvrent d'une abondante exfoliation.

9° Pustules croùtcuses. — Ces pustules répondent aux sypliilides pustulo-crustacée et tuberculo-crustacée.

10° Pustules ulcéreuses. — La croûte et l'ulcère sont des états différents d'une même affection. Aussi Cullerier a-t-il tort défaire des pustules ulcéreuses une espèce à part, séparée des pustules eroûteuses.

11° Pustules vivaces ou végétations. — Nous avons décrit précédemment les végétations et nous avons montré qu'elles étaient dues à l'irritation déterminée par un liquide spécifique. On ne peutdonc pas faire figurer, parmi les sypliilides, des produits qui ne se développent pas sous l'influence diathésique.

On voit de suite quels sont les vices d'une pareille classification.

Elle procède, il est vrai, du simple au composé, mais elle ne tient aucun compte de Tordre d'évolution des accidents syphilitiques. De plus, elle renferme des éruptions qui ne dépendent pas delà syphilis et établit, comme espèces distinctes, des phases différentes d'une même affection.

Examinons maintenant la division proposée par M. Lagneau. Il admet douze espèces de pustules :

1° Les pustules miliaires;

2° Les pustules ortiées ;

3° Les pustules galeuses ;

l\° Les pustules séreuses ;

5° Les pustules lenticulaires ;

6" Les pustules merisées ;

7" Les pustules plates ;

8° Les pustules squameuses ;

9° Les pustules croùteuses ; 10° Les pustules ulcérées ; \ 1° Les pustules serpigineuses ; 12° Les pustules dartreuses ou dartres vénériennes.

Les observations que nous avons présentées, à propos de chacune des espèces de la division de Cullerier, sont parfaitement applicables aux espèces correspondantes de celle de M. Lagneau.

Ce syphiliographe fait remarquer que les pustules squameuses peuvent être répandues sur toute l'étendue de la surface du corps, ou limitées à la paume des mains et à la plante des pieds, et que, dans le premier cas, elles ne disparaissent pas sous l'influence d'un traitement mercuriel, ce qui se conçoit facilement, parce que c'est à un véritable psoriasis dartreux, et non à une syphilide, qu'on a aiïaire en pareil cas.

Comme Swediaur, il décrit la teigne syphilitique qu'il range parmi les pustules croùteuses, et contre laquelle il préconise le traitement par l'avulsion des cheveux.

Quant à ce qu'il appelle les dartres vénériennes auxquelles il n'assigneaucuncaraclèrcspéeifiquejlen décrit six variétés:

1° Le lichen lividtis, qui s'observe sur le front, le menton, le nez et les oreilles, et qui, dans la plupart des cas, est une affection de nature arthritique ;

2° Les dartres de la marge de l'anus ;

3° Le prurigo pudendum. Ces deux affections cutanées sont toujours de nature dartreuse, et jamais n'appartiennent à la syphilis ;

h° Les boutons rouges et vésiculeux du prépuce. Ces boutons ne sont autre chose, le plus souvent, que des vésicules d'herpès prœputialis, ou des vésicules de gale;

5° Les tuches cuivrées. Ces taches, de couleur jaunâtre, se recouvrent d'une légère exfolia lion et ressemblent au chloasma des femmes enceintes. A ces caractères on reconnaît qu'il s'agit des éphélides parasitaires développées sur des sujels syphilitiques, mais tout à fait indépendantes de la syphilis ;

(3° Les taches formiculaires ou formiées, qui répondent à notre roséole syphilitique. Ainsi, la division de M. Lagneau, comme celle de Cullerier, comprend un bon nombre d'affections qui ne sont point syphilitiques; comme elle, elle procède du simple au composé, mais elle est vicieuse aussi en ce qu'elle ne tient aucun compte de l'évolution régulière de la syphilis.

Appliquant à la classification des syphilides les principes de la nomenclature de Willan, Biett et ses élèves en ont admis sept ordres :

1° La syphiiide exanthématique , qui comprend la roséole et l'érythème papuleux syphilitique;

2° La syphiiide vésicideusc , qui comprend l'eczéma, la varicelle et l'herpès ;

3" La sgphili.de pustuleuse, dont il existe trois genres : l'acné, l'impétigo et l'ecthyma;

h° La syphilide huileuse, composée du pemphigus et du rupia;

5" La syphilide papuleuse , qui se divise en lichen à petites papules, et lichen à larges papules ;

G0 La syphilide squameuse, qui se compose de deux genres : le psoriasis et la lèpre syphilitiques ;

7° Et la syphilide tuberculeuse, divisée en syphilide tuberculeuse disséminée, syphilide tuberculeuse en groupes, syphilide tuberculeuse perforante, syphilide tuberculo-crustacée ulcéreuse et tuberculo-crustacéc serpigineuse.

MM. Rayer, Bassereau, Devergie, Hardy, ont bien un peu modifié cette classification, mais ils n'y ont apporté aucun changement essentiel. Aussi, je ne crois pas devoir m'occuper de ces divisions secondaires auxquelles la nomenclature anglaise sert toujours de cadre.

Appliquée à l'étude des syphilides, la nomenclature de Willan a eu de grands avantages. Elle a conduit à une connaissance plus exacte des différentes formes élémentaires de ces affections, et à une étude plus approfondie des caractères qui les distinguent des éruptions d'une autre nature.

Mais ces heureux résultats n'ont pas été sans être compensés par de graves inconvénients. Voulant trouver dans les syphilides toutes les formes élémentaires qu'on rencontre dans les affections dartreuses, les partisans de la méthode anglaise ont été amenés à décrire des psoriaris, des lèpres, des pityriasis, des eczémas et des herpès de nature syphilitique, tandis que jamais ces affections ne sont sous la dépendance delà syphilis.

De plus, oubliant que la syphilis est soumise à une évolution régulière, que parmi les syphilides les unes sont précoces et les autres tardives, division sur laquelle M. Ricord a insisté avec raison, ils ont rapproché des syphilides qui sont, il est

vrai caractérisées par un même élément primitif,- mais qui appartiennent à une phase différente de révolution de la vérole secondaire. C'est ainsi qu'à côté de la syphilide tuberculeuse disséminée, qui apparaît en général de bonne heure, ils placent la syphilide tuherculo-crustacée qui ne survient que tardivement.

La vérole secondaire présente, en effet, une évolution régulière dont il faut tenir compte dans la description des accidents qui la caractérisent.

On peut distinguer dans sa marche cinq temps :

Premier temps. — C'est dans ce premier temps qu'apparaît l'induration des chancres et du système lymphatique, et que les plaques muqueuses se développent, soit spontanément, soit par transformation des chancres.

Deuxième temps. — Le second temps est marqué par l'apparition des premières syphilides qui s'accompagnent souvent de tous les phénomènes généraux, qui annoncent l'invasion de fièvres éruplives -, elles sont exan thématiques dans le sens qu'Alihert donnait à ce mot, c'est-à-dire généralisées et ne s'ulcérant pas.

Troisième temps. — C'est alors que se fait la deuxième poussée des syphilides dont le caractère est de se circonscrire, de survenir quelques mois, quelquefois plusieurs années, dix et même vingt ans après les accidents primitifs, et de se terminer par résolution tout en laissant une cicatrice.

Quatrième temps. — Ce quatrième temps est celui des syphilides ulcéreuses ou syphilides de la troisième poussée. Cependant, les syphilides ulcéreuses peuvent se montrer tout de suite après les accidents primitifs, mais cela n'a lieu que dans la syphilis maligne.

Cinquième temps. — Ce cinquième temps est caractérisé

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par l'apparition des plaques indurées sur la tunique albuginée du testicule.

C'est en nous fondant sur cette évolution régulière de la syphilis secondaire dans laquelle on observe d'abord des éruptions généralisées, puis circonscrites, les unes et les autres se terminant par résolution, et, enfin, en dernier lieu, des éruptions dont le caractère est de s'ulcérer, que nous proposons la classification des syphilides résumées dans le tableau suivant :

ce

CD

/ Première section. — Exanthémaliques.

I ( maculcuse ou rubéolique.

1° Érythémateuse < granulée

( squameuse.

2" Papuleuse.

3° Pustuleuse.

lenticulaire, miliaire.

/ lenticulaire. ) miliaire.

phlyzaciée.

i" Vésiculeuse | varicellifonne.

Deuxième section. — Circonscrites.

ien groupes, en anneaux, squameuse.

Îéparse.

miliaire.

en groupes.

I éparse.

3° Papulo-vésiculeuse \ en corymbes.

{ en cercles.

Troisième section.

1° Puro-vésiculeusc

Ulcéreuses.

2' Tuberculo-ulcéreuse.

3° Goinmcusc

(disséminée (forme maligne).

) en groupes.

en groupes, scrpigiueuse.

éparsc.

CD groupes.

§ I. — Caractères communs et différentiels des syphilides.

Les caractères communs des syphilides sont les suivants :

1° Quelques-unes d'entre elles sont inoculables et contagieuses, ce qui ne s'observe jamais pour les éruptions qui dépendent d'une autre maladie constitutionnelle.

2U Elles sont les unes résolutives, les autres ulcéreuses, tandis que les scrofulides se distinguent par leur double tendance à l'hypertrophie et à l'ulcération, et que les affections dartreuses et arthritiques restent stalionnaires ou disparaissent sans s'ulcérer.

3° Rien n'est plus fréquent que d'observer la mortification dans les vieilles syphilides : elle se retrouve bien aussi dans le scorbut et la scrofule, mais seulement à titre de complication.

h° Dans la syphilis comme dans la scrofule, on voit les manifestations cutanées se terminer par des destructions de tissus qui produisent des cicatrices indélébiles. Mais ces cicatrices ont, dans l'une et l'autre maladie constitutionnelle, des caractères dislinctifs sur lesquels nous insisterons lorsque nous nous occuperons des diverses classes de syphilides.

5° Les éruptions syphilitiques ne récidivent jamais, ou au moins presque jamais, avec les mômes formes. C'est là un caractère important qui les distingue des éruptions d'une autre nature. Ainsi, que chez un dartre ux affecté d'un psoriasis, la dartre récidive, ce sera sous forme de psoriasis.

6° L'induration des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, qui accompagne les syphilides, devient un signe précieux pour éclairer un diagnostic obscur.

7° Tandis que les affections dartreuses et parasitaires donnent lieu à des démangeaisons souvent très intenses, les

Syphilides sont caractérisées par l'absence de prurit. Toutefois, il faut faire une exception, ainsi que nous l'avons dit clans la séméiotique cutanée, pour les syphilides qui occupent les régions où le système pileux estdéveloppé, comme le cuir chevelu.

8° Les syphilides présentent toutes une teinte cuivrée caractéristique, qui a sa valeur pour le diagnostic, mais dont on a singulièrement exagéré l'importance. Cette teinte, en effet, pouvant s'observer dans les affections dartreuses ou parasitaires, est un caractère qui peut induire en erreur si on le considère isolément. Notons que la coloration cuivre jaune appartient plus spécialement aux syphilides tuberculeuses circonscrites, et la couleur cuivre rouge ou violacée aux syphilides ulcéreuses.

9° Enfin, comme dernier caractère des syphilides, nous signalerons leur disparition sous l'infleunce d'un traitement mercuriel.

§ II. — Caractères propres.

Après avoir étudié les caractères généraux des syphilides, nous allons nous occuper des caractères qui appartiennent en propre à chaque section.

première section. — Exanthématiques.

Les syphilides exanthématiques sont souvent précédées des phénomènes généraux qui constituent la fièvre syphilitique ; elles sont accompagnées de cette induration des ganglions et des vaisseaux lymphatiques sur laquelle j'ai déjà souvent insisté.

Les syphiliographes font bien mention de l'engorgement des ganglions cervicaux postérieurs, mais aucun d'eux n'a parlé de ces cordons formés par les vaisseaux lymphatiques

1S6 SYPHILIS TÉGUM ENTAI RE.

engorgés, et dont on constate si facilement la présence en passant légèrement la pulpe des doigts sur la face interne des avant-bras. De plus, les autres ganglions peuvent s'engorger tout comme les ganglions cervicaux postérieurs, et si ces derniers sont plus souvent malades, cela tient à ce que les syphilides du cuir chevelu sont les plus fréquentes.

Les syphilides exanthématiques sont essentiellement caractérisées par la dissémination de leurs éléments éruptifs; la lenteur de leur évolution, qui se fait quelquefois par poussées successives, les distingue des fièvres éruptives. Elles peuvent guérir spontanément, sous l'influence seule des moyens hygiéniques, et laissent après leur disparition une simple maculature.

Deuxième section. — Circonscrites.

Tandis que les syphilides exanthématiques sont souvent précédées de symptômes généraux, que leurs éléments primitifs se disséminent sans affecter de dispositions particulières, les syphilides circonscrites apparaissent assez souvent sans prodromes; leurs éléments primitifs ont pour caractère essentiel de se grouper de manière à former des arcs de cercle, des fers à cheval, des ellipses, des grappes, et d'avoir des sièges spéciaux, qui sont les ailes du nez, le front, la nuque et les épaules. La syphilide circonscrite présente une coloration cuivrée beaucoup plus marquée que la syphilide exanthémalique; elle se traduit par des éléments inflammatoires ou fibro-plastiques, et laisse après sa disparition une cicatrice et non plus une simple maculature.

Troisième section. — Ulcéreuses.

Les syphilides ulcéreuses sont caractérisées par des ulcères à bords taillés à pic, dont le fond est pullacé, et souvent re-

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