SCÈNE VII
Cassandre restée seule avec le chœur, lui confie ses angoisses. (Leconte de Lisle supprime les gémissements à peine articulés qui expriment Ie délire sacré de la prophétesse ; son dialogue
avec les vieillards ne mêle plus les rythmes lyriques et dramatiques ; ainsi disparaît un clément essentiel de la tragédie grecque). Après avoir décrit l’assassinat qui s’accomplit à l'intérieur, et rappelé sa triste histoire, Cassandre pénètre dans le palais où celle sait trouver la mort,
Falthybios demande à Cassandre si elle ignore le langage dEHellas. C’est le ranpel des ‘aigres réflexions de Clytémnestre dans Eschyle. (1) Cassandre laisse tomber cette question et s’écrie :
Dieux ! Dieux ! La coupe est pleine, et mon jour est venu !
Dans le grec, après avoir poussé des cris de douleur, elle invoquait la Terre et Apollon. (2). L’invocation à Phébus était toute naturelle, venant dune femme placée sous le joug de ce dieu ; linvocation à la Terre, plus mystérieuse, faisait songer à ces cultes primitifs dont Eschyle a conservé certaines survivances. Mais rien de plus banal que l’interjection : Dieux ! empruntée par Leconte de Lisle ‘aux tragiques du XVITe siècle.
« La coupe est pleine », telle est la traduction donnée par Paul Mesnard d'un passage assez obscur pe
(A) Agamemmon, 1.050-1.051.
(2) id, 1.072-1.077,