SCÈNE I
Chez Eschyle, Oreste fait l'exposition, en sorte que son apparition ne sera pas un coup de théâtre pour les spectateurs : c’est le procédé invariable des classiques. Il dépose une boucle de cheveux sur le tombeau de son père et s’écarte, Les Choéphores apparaissent ensuite, et annoncent qu’elles sont chargées par Clytemnestre d’apaiser l'ombre de son époux.
Ici, l'exposition est mise sous forme de dialogue entre Ismène et Callirhoé.
Callirhoé ordonne de poser les guirlandes et les coupes pleines « sur le tombeau cher aux peuples hellènes ». C’est grandir le prestige d’Agamemnon, qui, chez Eschyle, n'était guère que le Roi d’Argos.
Après une brève allusion aux rites, dont l’importance est bien diminuée dans la pièce française, elle parle des « visions » de la « femme impie ». Le détail et l'épithète ( 35500 yw4 ; sont d’Eschyle. (1). Elle ajoute :
qu’on entend parfois des cris mystérieux Et d’horribles sanglots à travers la demeure !
I1 ne semble pas que, chez Eschyle, ces cris soient une manifestation d’outre-tombe : la terreur les arrache à Clytemnestre. (2).
Le reste de la scène, de couleur suffisamment grecque. doit peu de chose au vieux tragique. A retenir pourtant le nom de : louve, donné à la Reine, et qui rappelle une expression de Cassandre « la lionne a deux pieds, qui couche avec un loup. » (3).
1) cf. Choéphores, 31, 41, (2) id, 30,34.
(3) Agamemnon, 1.258-1,259,
L''ATER